Aller au contenu principal

Comment fabriquer des fromages à la ferme en Normandie ?

De nombreux agriculteurs normands transforment leur lait à la ferme pour mieux le valoriser, notamment en fromages. Malgré un contexte économique plus contraint, les projets continuent à voir le jour, à condition d'être bien pensés. Voici un tour d'horizon des types de fromages et des éléments à réfléchir pour les nouveaux projets.

Une diversité de fromages

On distingue plusieurs familles de fromages, toutes réalisables en transformation à la ferme : les fromages frais (blancs), les fromages lactiques (crottins de chèvre, brebis, vache...), les pâtes pressées cuites (comté...), les pâtes pressées non cuites (tomme...), les pâtes molles (camembert...), les pâtes persillées (bleu...), les pâtes filées (mozzarella...).

Pour être qualifié de " fermier ", le fromage doit être fabriqué par le producteur sur sa ferme, avec le lait de ses animaux.

D'un fromage à l'autre, certaines étapes du procédé de fabrication sont identiques : réception du lait, caillage, moulage, égouttage, salage, affinage. Les paramètres (ferments, températures, pH...) varient ensuite selon les recettes et les pratiques.

Des locaux et équipements adaptés

Les ateliers doivent respecter des normes sanitaires précises : surfaces lavables, marche en avant, eau potable, matériel apte au contact alimentaire...

Selon les fromages, plusieurs installations sont essentielles : salle de fabrication, hâloir, cave d'affinage, chambre froide, mais aussi laverie, vestiaires, zone de conditionnement ou de stockage des emballages.

La taille de l'atelier dépend du volume transformé, des technologies et du personnel, allant de 20 à plus de 300 m². De nombreux équipements sont nécessaires : cuves, moules, tables d'égouttage, matériel de pressage, d'affinage et de conditionnement, outils de mesure (pH-mètre, thermomètre...), matériel d'hygiène... L'ergonomie est essentielle et doit être anticipée pour limiter la pénibilité : mécanisation, programmation des températures, tables roulantes, moulage par gravité, laveuse...

Un secteur dynamique en Normandie

La région compte plus de 330 producteurs laitiers fermiers (vache, chèvre, brebis), dont une centaine fabrique des fromages. Les volumes varient de 20 000 à plus de 2 millions de litres par an. La gamme s'est diversifiée : au-delà des AOP, on trouve tommes, lactiques, et même mozzarella ou gouda... Les producteurs font preuve d'inventivité, tant dans les formes (par exemple, un fromage de chèvre en forme d'écrou) que les noms (Saint-Meuh-Ctaire).

Étudier les débouchés et la concurrence

Avant de choisir sa gamme, il faut analyser les débouchés : certains produits sont plus adaptés à certains circuits. Par exemple, le fromage blanc de vache est plus adapté que le fromage de brebis en restauration scolaire. Il est aussi crucial d'évaluer l'offre existante (qui vend quoi, où et à quel prix) et de sonder les clients potentiels sur leur intérêt pour le produit. Cette étude de marché permet aussi de définir le statut sanitaire de l'atelier : agrément européen, dérogation ou remise directe.

Se former et se faire accompagner

Un projet de transformation nécessite une bonne préparation : étude de marché, rentabilité, temps de travail, compétences, investissements... Les conseillères circuits courts des Chambres d'agriculture de Normandie accompagnent les projets.

Et comme on ne s'improvise pas fromager, la maîtrise technique est indispensable : il est recommandé de se former via des stages en immersion, et des formations pratiques qui sont notamment proposées en Normandie par les Chambres d'agriculture sur 2 ou 3 jours. 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

AMAURY LEVESQUE FNSEA 27
" Noyons l'administration " : la FNSEA 27 appelle à une mobilisation massive.
En France, la taille des haies par les agriculteurs est soumise à une réglementation stricte. Les interventions ne sont…
Un lisier laissé à la surface du sol perd en moyenne 50 % de son azote ammoniacal par volatilisation.
Les clés pour un épandage maîtrisé.
Les activités agricoles contribuent aux émissions de polluants atmosphériques. La période des épandages est particulièrement…
Corinne Sauvegrain, 56 ans, est exploitante de la pisciculture de Bernay. Investie dans son activité, elle œuvre au quotidien pour faire vivre et développer son exploitation, avec un attachement fort à son territoire et à la qualité de sa production.
Quand une simple vérification permet de récupérer des milliers d'euros.
Une adhérente a récemment sollicité un accompagnement après avoir constaté des montants de taxe foncière particulièrement élevés.
Batteries installées à l'EARL Elevage Mouche par Objectifs Energies.
Avec les batteries, l'exploitation gagne en autonomie énergétique.
Sur une exploitation laitière de 140 vaches, une centrale photovoltaïque de 100 kWc associée à des batteries permet de réduire la…
Affinez votre gestion de pâturage à la pousse du moment.
Le refroidissement des températures matinales a probablement eu raison de la bonne dynamique de pousse d'herbe qui était jusque-…
Adapter son pulvérisateur au désherbage ciblé : une option crédible mais exigeante.

Ouvrant d’importantes perspectives en matière de réduction des usages d’herbicide, le désherbage ciblé reste peu accessible,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole