ZenCow® : le stress thermique se pilote.
Face à la multiplication des épisodes caniculaires, le suivi précis du confort des animaux devient un levier de performance économique. Au Gaec FC2A, à Saint-Léger-sous-Cholet, Christophe et François Augereau testent depuis deux ans la solution ZenCow®. Développé par Caroline Drapier, cet outil de pilotage basé sur l'ITH (Indice température humidité) permet d'automatiser la ventilation et d'ajuster la nutrition en temps réel.
Situé aux portes de Saint-Léger-sous-Cholet, en région Pays de la Loire, le Gaec FC2A et ses deux associés Christophe et François Augereau sont à la tête d'un troupeau de 135 vaches laitières (1,4 million de litres livrés à LSDH). Versés de tout temps dans l'innovation - l'exploitation est associée à la méthanisation collective Bio methane seg située sur la commune de la Séguinière, mais elle est aussi l'une des toutes premières à avoir bénéficié de crédit carbone via l'association France Carbon agri - les deux frères testent depuis 2 ans la solution ZenCow® conçue par Caroline Drapier, consultante nutritionniste bovins et gérante de la Startup Far'Modern Technology, basée en Loire-Atlantique.
Dépasser le ressenti humain
Malgré un bâtiment de 2008 (rallongé en 2022) jugé " bien ventilé ", l'ouverture à l'Est donne une ambiance qui monte " très vite en température dès le matin ". Équipés de 6 ventilateurs horizontaux, de 2 brasseurs d'air et d'une rampe de brumisation, les éleveurs pilotaient jusqu'alors l'ambiance via une sonde de température filaire classique. " Volontairement, on n'a pas installé les ventilateurs sur les zones de cornadis, pour privilégier le fait de ramener le confort sur les logettes ", précise Christophe. Pourtant, la réactivité n'était pas optimale. C'est ici qu'intervient ZenCow®.
Basé sur l'ITH, indice qui couple température et humidité, l'outil permet de corriger le biais du ressenti humain. " L'ITH critique pour la vache laitière (68) est bien plus bas que celui de l'homme (75) donc si l'éleveur a chaud, ses vaches souffrent depuis déjà plus longtemps ! " rappelle la nutritionniste. Selon le taux d'humidité, les vaches peuvent en effet ressentir ce stress dès 22 °C.
Réagir à temps
Au départ sceptique - " On se demandait ce que ZenCow® allait pouvoir nous apporter de plus... Sur des journées à plus de 25 °C, même quand on est équipé en ventilation-brumisation, on subit. " - Christophe Augereau a vu son pilotage des phases de stress thermique s'affiner. La solution agit sur deux leviers principaux. Le premier est le pilotage de l'ambiance : " Le système est réglé pour déclencher la ventilation et le brassage d'air lorsqu'on atteint le seuil de 62 d'ITH ", explique Caroline Drapier. Cela permet de ne pas avoir la ventilation en continu lorsqu'elle n'est pas utile, donc des économies d'énergie, mais aussi et surtout de ne pas oublier de la déclencher lorsqu'au contraire, elle l'est ! " Et c'est souvent le cas pendant les pics de travail ou quand on se fait remplacer l'été ". Pour l'éleveur, c'est une sécurité. Car " plus l'ITH est élevé, plus l'animal va mettre du temps à récupérer " abonde Caroline Drapier. Un pic de stress non traité peut donc se traduire à court terme par une baisse d'ingestion, donc de production laitière et à plus ou moins long terme par des problèmes de santé, type boiteries, voire de reproduction.
Le second levier d'action est nutritionnel. En phase de stress, c'est la réactivité qui compte. S'il ne peut plus jouer sur les paramètres d'ambiance du bâtiment, l'éleveur peut avoir une action déterminante et rapide sur la ration " en la complémentant ou en la concentrant " avant que l'ingestion ne chute.
Un gain de 6 000 €
Les résultats sur le troupeau du Gaec sont parlants, d'autant plus que la moyenne d'étable, entre 35 et 37 kg/VL/j, se situe dans la tranche haute, susceptible de chuter d'autant plus fort en cas de stress. Sur une trentaine de jours de stress thermique à l'été 2025, " on a réussi avec l'appui de ZenCow® à ne baisser que de 1 à 2 kg grand maximum ". Au lieu de 3,6 kg/VL/j lors des pics précédents. Ramené en sonnant et trébuchant, le gain estimé pour l'éleveur à 6 000 €, à mettre en balance avec les quelque 1 000 € que lui coûtera l'OAD pour l'acquisition du matériel et le coût annuel de l'abonnement au serveur.