Urbanisme agricole : la régularisation ne fait pas disparaître l'infraction.
En zone rurale, les projets de bâtiments agricoles se heurtent souvent à une équation bien connue des exploitants : l'urgence économique d'un côté, la lourdeur des procédures d'urbanisme de l'autre. À cela s'ajoutent parfois des voisins attentifs, voire procéduriers, et des maires pris entre pragmatisme local et strict respect du droit.
Un arrêt très récent du Conseil d'État, rendu le 2 octobre 2025 (n° 503737), vient rappeler avec force que cette équation ne se résout pas toujours par un simple " arrangement " administratif. Message clair envoyé aux exploitants comme aux élus locaux : construire sans autorisation reste une infraction pénale, même si le projet est ensuite régularisé.
Une situation classique
Les faits à l'origine de la décision sont loin d'être exceptionnels. Un exploitant agricole entreprend l'extension de ses bâtiments sans attendre l'obtention formelle de son autorisation d'urbanisme. Le projet est conforme au PLU, l'exploitation en a besoin rapidement, et les délais administratifs paraissent incompatibles avec le calendrier agricole.