" Une Seule Santé " en élevage : se former pour plus de résilience.
Le 9 juin dernier les résultats du projet européen " LIVET ", impliquant Chambres d'agriculture de Normandie et Unilasalle, ont été présentés à Bruxelles. Il a été objet de formation initiale et continue et d'intégration de services à l'échelle territoriale et dans le conseil.
dL'élevage est confronté à de nombreux défis, et celui de la santé n'est pas des moindres. L'émergence de zoonoses a mis en évidence le lien vital entre la santé animale et la santé humaine. C'est dans ce contexte que l'approche " Une Seule Santé " ou " One Health ", intégrant les volets humain, animal et environnemental, est devenue d'actualité. Soutenue par l'OMS et la FAO, elle a pour but de gérer en temps utile les potentielles menaces sanitaires, d'optimiser l'utilisation des ressources et de promouvoir des pratiques responsables au sein de la filière, pour garantir la viabilité à long terme du secteur.
Préparer l'avenir par l'intégration des compétences
Le 9 juin les partenaires du projet Erasmus+ " LIVET " (livet-project.eu/fr/) ont présenté leurs travaux autour d'un parcours de formation spécifique calibré sur un niveau BTS. L'élément principal est représenté par un cours en ligne (MOOC) avec des contenus pour environ 75 heures. Celui-ci est complété par des cours de spécialisation sur trois thématiques principales : zoonoses, résistance aux antimicrobiens et bien-être animal. De plus, une " école d'hiver " mixant les publics (éleveurs, étudiants, vétérinaires, conseillers...) a été organisée en Roumanie et, pour clôturer le parcours, des stages en entreprise ont été proposés pour la mise en pratique.
La définition du parcours et la création des contenus ont mis en évidence la nécessité d'une approche multidisciplinaire intégrant compétences et connaissances en biologie végétale, animale et humaine, zootechnie, agronomie, économie, environnement. Et surtout de pouvoir se baser sur des cas pratiques pour concrétiser un concept très large. Parmi les invités à la journée de restitution, Laurence Bonafos, responsable des politiques de la Commission UE, a souligné l'importance de cette approche pour renforcer la résilience du secteur et maintenir sa compétitivité. Résilience et compétitivité sont des éléments clés, transversaux aux orientations des politiques agricoles communautaires et notamment de celles qui seront publiées dans les mois à venir : la stratégie pour un élevage durable, la stratégie protéines, l'approche stratégique pour la recherche et l'innovation en agriculture.
L'intégration de compétences est aussi importante à l'échelle territoriale où les services de l'État doivent pouvoir mieux communiquer entre eux pour être plus efficaces. Un exemple est illustré par Salvatore Macrì, directeur d'une Agence Régionale créée dans ce but en Ombrie (Italie). " Ombrie en Santé ", qui a vu le jour en septembre 2025, a pour ambition de coordonner les politiques de prévention des risques pour la santé en intégrant des services de santé du citoyen, vétérinaires, sécurité des aliments, qualité de l'environnement et sécurité au travail. Dépasser la séparation historique entre secteurs d'activité représente un défi de taille et passe notamment par la formation du personnel et un changement dans les habitudes de travail.
Des ressources à mobiliser pour une suite à construire
Le projet LIVET a permis de mettre à plat l'existant, proposer un parcours de formation et le tester. Si les retours ont été globalement positifs, les contenus méritent une appropriation à l'échelle locale et une adaptation à d'autres publics que des élèves en BTS. Les formateurs impliqués voient l'ensemble des ressources créées comme une boîte à outils à mobiliser telle quelle, ou visant à inspirer les enseignements. Côté conseil, il serait pertinent de définir un cadre d'analyse One Health pour pouvoir accompagner les éleveurs dans des stratégies intégrées de prévention des risques. Une tâche complexe mais en phase avec le développement d'une approche globale dans le conseil.