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Une rentrée agricole chargée pour les parlementaires.

Les organisations professionnelles agricoles ont rencontré les parlementaires ou leurs représentants le 14 septembre à Guichainville.

Les Parlementaires à l’écoute des organisations
professionnelles, à Guichainville.
Les Parlementaires à l’écoute des organisations
professionnelles, à Guichainville.
© LG

« Cette année a été particulière, pas seulement au niveau sanitaire, mais aussi au niveau climatique, rappelle Gilles Lievens, président de la chambre d’agriculture de l’Eure, s’adressant aux parlementaires réunis par la profession le 14 septembre à Guichainville. La souveraineté alimentaire a été remise en avant pendant le confinement et les agriculteurs ont été au rendez-vous pour garnir les rayons. Cependant, le soufflé est retombé un peu vite à mon goût ».

Une année difficile donc, ce que confirme Fabrice Moulard, président de la FNSEA 27. « Nous avons de grandes disparités concernant les rendements, ce qui va avoir un impact très très sérieux, surtout sur le sud du département et dans les vallées de l’Eure et de la Seine. Les chutes de rendement peuvent être impressionnantes avec 54 quintaux en blé par exemple ! » Autre inquiétude, le manque de fourrage avec des secteurs où les éleveurs auront de sérieux problèmes cet hiver. La première coupe de l’herbe s’est bien passée mais les prairies n’ont parfois pas eu de regain d’où les difficultés pour nourrir les animaux dès cet été.

 

BAISSE DES COLLECTES

Le président de Sevepi, Jérôme Charpentier, confirme une baisse de 20 % de la collecte à 400 000 tonnes et beaucoup de disparités dans les rendements. « Certains agriculteurs se demandent même s’ils vont continuer à produire. Dans certains secteurs, les féveroles n’ont même pas été récoltées ». En cultures de printemps, c’est aussi la catastrophe avec de grosses déconvenues en pois par exemple. Chez Natup, on observe une baisse de 25 % de la collecte avec des disparités énormes. « Certains ont fait la meilleure récolte de leur carrière et d’autres la pire, note Jean-Charles Deschamps, président. Certaines situations sont préoccupantes, notamment lorsqu’il s’agit d’installations de moins de cinq ans. »

 

VERS DE NOUVELLES FILIÈRES ?

Pour les professionnels, il devient difficile de piloter des exploitations avec des impasses techniques. Quant à s’orienter vers de nouvelles filières, comme le tournesol par exemple -que l’on a vu fleurir dans le sud de l’Eure-, ce n’est pas facile, car les débouchés ne sont pas encore là. Ils sont en effet envoyés à Nantes ou Anvers, et ce sont des kilomètres qui coûtent chers. « Il faut développer les marchés avant »,explique Jean-Charles Deschamps. Jacques Fauvel, président de la section  lin de la FNSEA 27, a fait un point sur le lin, avec les difficultés que l’on connaît. « Tout s’est arrêté du jour au lendemain, les achats ont été reportés en raison de la crise sanitaire. Aujourd’hui, ça repart mais c’est très timide. Les teillages ont redémarré dans le Nord, et à 60 ou 70 % dans l’Eure. Pour les liniculteurs, avec la météo, c’est la double peine cette année. Il nous faut stocker deux années sous hangar pour passer cette crise. Il faut comprendre que si on accepte de baisser les surfaces pendant une ou deux années, on pourra passer le cap car on produit de la qualité ».« Que faire pousser ? » demande alors Séverine Gipson, députée de la première circonscription. Pour Fabrice Moulard, les lentilles et les pois chiches sont des marchés de niche, « il faut des filières avec desvolumes à pouvoir écouler pour le secteur des grandes cultures. » En soja, c’est également timide car il n’existe pas de filière, ce n’est pas rentable pour l’agriculteur. « Produire n’est pas un problème, c’est en vivre qui peut l’être ! » confirme Jean-Charles Deschamps. Les professionnels ont également fait un focus sur l’application de la charte liée aux zones de non-traitement, expliquant que cela pose des conflits qui n’avaient pas été imaginés et qu’il va être nécessaire de faire évoluer le dossier. Par un comité de suivi ? A suivre…

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