Sous l'ombrière agrivoltaïque : du lait et du bien-être bonifiés.
La première installation agrivoltaïque de France, versus vaches laitières, a été inaugurée le 24 septembre dernier à St-Ouen-des-Besaces (14). Un projet emblématique et une expérimentation pour faire converger les enjeux de la transition énergétique avec ceux de la souveraineté alimentaire.
À St-Ouen-des-Besaces (14), cela faisait 15 ans que les animaux ne sortaient plus pour des questions techniques et d'organisation du travail. Depuis deux mois, elles ressortent 1 à 3 heures par jour. "Les vaches doivent se réhabituer à couper l'herbe, ça s'améliore de jour en jour. Elles comprennent aussi qu'elles peuvent se coucher dans la parcelle", constate Yoann Bizet.
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Yoann Bizet aux ciseaux : "on va arriver à produire de l'électricité et continuer à produire, voire plus, de fourrage en partie basse". Et Jean-Yves Heurtin (président de la Chambre d'agriculture du Calvados) d'abonder : "il faut défendre ce projet d'expérimentation sinon on va se faire dépasser par les développeurs qui ont moins de scrupules. Ici, on est dans quelque chose de raisonné et raisonnable qui apporte une vraie valeur ajoutée à un territoire et ses citoyens".
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Après 15 ans ferme sous la stabulation, les 140 vaches laitières de Yoann et Daphné Bizet et de leurs 6 salariés recouvrent un peu de liberté. "J'avais la volonté de revoir les animaux dehors, de leur redonner de l'activité pour faire baisser certaines pathologies", plaide leur avocat qui place le bien-être animal et humain au cœur de la stratégie d'entreprise. Alors certes, ce ne sont pas encore les grandes prairies de l'ouest avec seulement 13 ha de paddocks dédiés mais 13 ha dont 3 ha couverts d'ombrières agrivoltaïques. En cette fin septembre, l'heure est à l'apprentissage. Le troupeau, à qui l'on apportait chaque jour au cornadis l'herbe coupée, doit réapprendre à marcher, à pâturer et même à se coucher dans l'herbe fraîche.