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Planter des haies : une des meilleures réponses au réchauffement climatique mais...

En organisant un séminaire sur la haie, FNSEA 27 et Chambre d'agriculture ont soulevé un lièvre qui, avec le soutien de l'Etat, invite à la replantation. « Une des meilleures réponses au réchauffement climatique », insiste François Landais (directeur de la DDTM). Du côté des agriculteurs, l'idée prend plus ou moins bien racine.

Nicolas Gavard Gongallud (directeur de la
FDC 27) : « dans le cadre du plan de relance la
fédération des chasseurs de l'Eure a été le plus gros
planteur au niveau national avec 80 km de haies plantées.
C'est une première en France"
Nicolas Gavard Gongallud (directeur de la
FDC 27) : « dans le cadre du plan de relance la
fédération des chasseurs de l'Eure a été le plus gros
planteur au niveau national avec 80 km de haies plantées.
C'est une première en France"
© TG

La haie, c'est un peu du « je t'aime moi non plus ! » Dans ses conclusions, le président de la FNSEA 27, Amaury Levesque, a utilisé le vocable de « buvable ou pas buvable, c'est l'avis de chacun. Gilles (ndlr : Lievens, président de la Chambre d'agriculture 27) et moi, on a fait le même constat : il faut que l'on parle de la haie même si c'est une chose compliquée avec moult difficultés (règlementaire, technique...), mais elle présente aussi des atouts si l'on dispose d'un degré de discernement de l'administration. Le dialogue permet de régler pas mal de difficultés ». Et effectivement, dans ses propos introductifs, Gilles Lievens a lancé le débat (et non les hostilités) avec la volonté exprimée de « donner de la sérénité aux agriculteurs. On voudrait encourager la présence de haies sur le territoire, mais elle est vécue plutôt comme une contrainte. La plantation n'est qu'un point de départ. Il faut voir tout le cycle », tout en rappelant en préambule que « la haie, c'est la main de l'homme », essentiellement celle de l'agriculteur.

 

REINVENTER LA PLAINE DE DEMAIN

La haie ne manque pas d'arguments et pourtant l'état des lieux départemental glisse sur la mauvaise pente. François Landais (directeur de la DDTM 27) et Zéphyre Thinus (chef du service eau-biodiversité-forêt) ont joué les parfaits ambassadeurs de la cause plaidant les arguments techniques, écologiques et sociétaux. « Il faut réinventer la plaine de demain », propose le directeur de la DDTM. Un chemin pavé de bonnes intentions avec quelques carottes financières à la clé. Sur le plan national et si le plan de relance est terminé, un nouveau dispositif va sortir prochainement. Il vient compléter la panoplie existante comme les aides du Conseil départemental ou bien celui de la FDC 27 (Fédération départementale des Chasseurs). « 25 projets d'agriculteurs par an et plus de 300 km replantés depuis le début », s'est félicité Nicolas Gavard Gongallud, son directeur, poussant à poursuivre cette dynamique pour éviter de mettre la poussière sous le tapis.

 

34 PROCEDURES JUDICIAIRES

A côté de la carotte, le coup (et le coût) de bâton aussi. Si la DDTM enregistre une dizaine de demandes d'arrachage par an, une trentaine se fait hors cadre légal. « De 2020 à 2023, 34 procédures judiciaires auront été traitées dans le cadre d'alternatives aux poursuites », précise-t-on du côté de l'OFB (Office français de la Biodiversité). Dans un contexte où le linéaire haie régresse en moyenne 6 fois plus vite que l'on replante (- 70 km/an dans l'Eure de 2005 à 2015), les différentes prises de paroles des agriculteurs ont éclairé la problématique. « Il n'y avait pas de haie dans l'Eure avant alors il ne faut pas forcément nous accuser. La plaine est un joli paysage aussi, on n'a pas besoin de tout modifier. Plus 15 % de rendement grâce à la haie, j'ai du mal à y croire. Les agriculteurs sont les seuls à se faire taper sur les doigts alors que l'on fait sauter des haies pour construire des lotissements. Quand on ne peut plus passer avec les tracteurs, on fait quoi ? Pour le colza, il nous faudrait une dérogation pour tailler avant semis. Il faudrait mettre plus d'amabilité dans les courriers de l'administration pour arrondir les propos. La tronçonneuse peut être l'amie de la biodiversité. Je n'ai pas envie de planter, c'est sans doute bon pour la biodiversité, mais pas pour l'agriculture. Si je plante aujourd'hui, mon fils aura-t-il le droit d'arracher demain s'il souhaite changer de système ? Il y a la question du remembrement, la Safer aurait dû être là. Et quand c'est Enedis qui entre dans vos parcelles pour tailler sans vous prévenir... » A n'en pas douter, il y a beaucoup de vécu dans ces témoignages et prises de parole. L'administration a répondu autant que possible en espérant « que l'on ne vous a pas dégouté de la haie ». Les propriétaires ruraux ont rappelé leur existence et invité à la concertation avec les bailleurs. La Chambre d'agriculture a abordé le sujet sur un plan technique et cultivé l'espoir. Les acteurs du bois énergie (Haie'nergie Normandie) ont marié l'écologie et l'économie... Un scion a été planté le 18 septembre dernier à Guichainville. Reste à l'arroser régulièrement et donner l'envie d'avoir envie de replanter à plus grande échelle.

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