Aller au contenu principal

Phosphine : la France a un incroyable talent, celui d'interdire ce qui est obligatoire partout ailleurs...

De cette spécialité nationale à se tirer une balle dans le pied et dont le monde agricole fait trop souvent les frais, la dernière « innovation » en date est à nouveau signée de l'Anses. En interdisant les conditions d'utilisation de la Phosphine qui protègent les cargaisons de céréales françaises destinées à l'exportation vers les pays tiers, l'agence place la France dans un imbroglio technocratique ubuesque unique au monde.

Éric Thirouin, Président de l'AGPB
Éric Thirouin, Président de l'AGPB
© © AGPB

Dans le contexte actuel, comment est-il possible d'hypothéquer l'expédition de pas moins de 12 millions de tonnes de céréales par une réglementation contraire à celle exigée par les pays importateurs qui en ont besoin pour leur sécurité alimentaire ?

 

DE QUOI S'AGIT-IL EXACTEMENT ?

La phosphine, destinée à protéger les cargaisons de céréales des insectes est homologuée, c'est son application en contact direct qui est refusée alors que nombre de pays importateurs l'exigent, un simple problème de mode d'emploi en somme.

Mais une fois de plus, les pleins pouvoirs conférés à l'agence révèlent les limites d'interdictions imposées sans recherche d'alternatives ni de concertation constructive.

Depuis octobre 2022, l'AGPB et la filière céréalière alertent et se mobilisent pour construire des solutions cohérentes et répondre aux interrogations de l'ANSES. Toutes les parties prenantes de notre filière ont joué le jeu pour finalement constater que les exigences de l'agence, sans cesse revues à la hausse ne permettraient pas de tenir les échéances de la dérogation valable jusqu'au 25 avril.

 

Que se passera-t-il en l'absence de solution à cette date ? Peut-on imaginer un seul instant de sortir du jeu la France, 4ème puissance exportatrice mondiale et contributrice excédentaire de notre balance commerciale à la hauteur de 11,5 milliards d'euros en 2022 ?

Évidemment non. C'est l'objet de notre mobilisation intense de ces dernières semaines auprès des pouvoirs publics et notamment du ministère de l'Agriculture et de la souveraineté alimentaire.

C'est aussi la raison de notre engagement médiatique pour déclencher une véritable prise de conscience auprès de l'opinion et des décideurs et dénoncer les dérives d'une règlementation déconnectée des principes de réalités économiques et géopolitiques.

Si cette situation surréaliste venait à perdurer, les conséquences seraient alors dramatiques pour les pays qui dépendent de nos céréales, il est encore temps de retrouver le chemin du bon sens !

Notre mobilisation porte progressivement ses fruits : lors des séances de questions au gouvernement, successivement à l'Assemblée nationale puis au Sénat cette semaine, les ministres Marc Fesneau et Christian Becht ont clairement envoyé un signal rassurant « La France va continuer d'exporter des céréales auprès des pays tiers. Elle va le faire dans le cadre du droit européen ».

Néanmoins, et au regard de la complexité de ce dossier, nous maintenons notre mobilisation totale et resterons extrêmement vigilants sur les solutions concrètes qui nous seront proposées dans les jours à venir.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Zone réglementée IAHP au 13 mars 2026.
Un foyer d'IAHP détecté à Juignettes.
Un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène a été confirmé le 13 mars dans une exploitation commerciale détenant des…
AMAURY LEVESQUE FNSEA 27
" Noyons l'administration " : la FNSEA 27 appelle à une mobilisation massive.
En France, la taille des haies par les agriculteurs est soumise à une réglementation stricte. Les interventions ne sont…
Corinne Sauvegrain, 56 ans, est exploitante de la pisciculture de Bernay. Investie dans son activité, elle œuvre au quotidien pour faire vivre et développer son exploitation, avec un attachement fort à son territoire et à la qualité de sa production.
Quand une simple vérification permet de récupérer des milliers d'euros.
Une adhérente a récemment sollicité un accompagnement après avoir constaté des montants de taxe foncière particulièrement élevés.
Un lisier laissé à la surface du sol perd en moyenne 50 % de son azote ammoniacal par volatilisation.
Les clés pour un épandage maîtrisé.
Les activités agricoles contribuent aux émissions de polluants atmosphériques. La période des épandages est particulièrement…
Batteries installées à l'EARL Elevage Mouche par Objectifs Energies.
Avec les batteries, l'exploitation gagne en autonomie énergétique.
Sur une exploitation laitière de 140 vaches, une centrale photovoltaïque de 100 kWc associée à des batteries permet de réduire la…
Adapter son pulvérisateur au désherbage ciblé : une option crédible mais exigeante.

Ouvrant d’importantes perspectives en matière de réduction des usages d’herbicide, le désherbage ciblé reste peu accessible,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole