Aller au contenu principal

Pas d'installations sans de bonnes transmissions.

Le Conseil économique social et environnemental (CESE) accueillait le 20 septembre un séminaire consacré au thème « Transmission, résilience et transition ». Les débats se sont concentrés sur la nécessité d'anticiper la transmission.

© ©ISTOCK

S'il fallait résumer en une phrase lapidaire le sentiment général qui a plané sur les nombreux débats au sein du CESE le 20 septembre, ce serait celui-ci : « Transmettre pour installer, ce n'est pas gagné ». Non pas que la volonté n'y soit pas mais il faut tenir compte de tous les cas particuliers. « On doit parler de transmissions au pluriel, chaque transmission est presque un cas particulier », ont répété à l'envi les intervenants. D'où la nécessite d'appréhender les nombreux facteurs liés à cette transmission. C'est le cas de la dimension financière, car il est normal d'avoir un retour sur investissement et sur la capitalisation acquise lors des années à exploiter les fermes. « Nos retraites ne sont pas énormes (...) les cédants comptent sur cette transmission pour valoriser le travail de toute une vie », ont souligné plusieurs orateurs.

 

Lisibilité et pédagogie

En face, les repreneurs dont le tiers représente aujourd'hui des personnes non issues du milieu agricole (NIMA), n'ont pas toujours intégré cette dimension intimement liée à l'aspect humain et psychologique de la transmission. « Il existe parfois une inadéquation entre l'offre et la demande », a remarqué Julien Rouger, responsable transmission-installation à Jeunes agriculteurs (JA). Quand plusieurs générations se sont succédé sur ces terres et qu'il faut céder à une personne extérieure, la dimension psychologique peut être un frein à la cession/vente/reprise.

C'est pourquoi il faut sensibiliser le plus tôt possible à la transmission, le maître-mot étant « l'anticipation ». Pour Bertrand Coly, membre du CESE et auteur d'un rapport sur l'installation (« Entre transmettre et s'installer, l'avenir de l'agriculture »), et Nathalie Galiri de l'APCA, il faut repérer les exploitants susceptibles de transmettre, travailler avec la MSA et pourquoi pas s'inspirer d'expériences comme celles du Réseau national des espaces-test agricoles (lire encadré). « Il faut offrir une lisibilité sociale, économique, juridique au cédant », a renchéri Julien Rouger de JA.  Le dialogue entre cédant et repreneur constitue également un élément clé pour les intervenants. Il faut créer une « pédagogie de l'échange entre les acteurs pour avoir un réel continuum entre transmission et installation », a plaidé Henri Rouillé d'Orfeuil, membre de l'Académie d'agriculture.

 

Souveraineté

« Il faut également exprimer ses doutes et ses deuils, c'est-à-dire, pour le cédant, connaître et accepter ce qui, dans la future exploitation, pourra se poursuivre et ce qui sera aussi en rupture », a affirmé Marie-Noëlle Orain, membre du CESE.  Pour elle comme pour de nombreux orateurs, « il faut se former à la cessation d'activité en vue de transmettre son exploitation et il faut voir la transmission comme un projet, avec ses facettes réglementaires, comptables et humaines ». L'enjeu est important : chaque année ce sont près d'un million d'ha qui changent de mains :  500 000 ha de parents à enfants et 500 000 ha pour trois autres marchés (terres et bâtiments ; parts sociales ; location) La ferme France a vu disparaître 10 % de ses exploitations au cours des dix dernières années. Un quart d'entre elles pourraient ne plus exister d'ici quinze ou vingt ans. Au-delà, c'est aussi la question de la souveraineté alimentaire et de la dépendance aux marchés extérieurs qui est en jeu.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

ALEXANDRE RASSAËRT, président du Département de l’Eure

 Les agriculteurs ne font pas que parler d’écologie, ils la pratiquent 

A…

Les membres de la FNSEA 27 en visite à l'Assemblée Nationale.
Le conseil d'administration de la FNSEA 27 délocalisé à Paris.
Le conseil d'administration de la FNSEA 27 a débuté son déplacement à Paris par la visite de l'Assemblée nationale.
Reprendre la main sur les autorités indépendantes.

Anses, OFB, Agences de l’Eau (…)« Il faut reprendre la main sur les autorités indépendantes, les mettre sous contrôle…

Le cru 2024-2026 du conseil d'administration JA 27. "Une jeune équipe ambitieuse qui prend place", tels ont été les premiers mots de son nouveau président Romain Loiseau, installé depuis 2020 dans le Pays d'Ouche (volaille label, pomme et vache allaitante).
JA 27 : la nouvelle équipe dans les starting-blocks.
Romain Loiseau est le nouveau président de JA 27. Il succède aux deux coprésidents Christophe Chopin et Denis Phiquepron.…
Prix du lait : les bons et les mauvais élèves.
Retour sur la tournée régionale de la FNPL en région Normandie.

Le 8 février dernier, la Fédération nationale des Producteurs de Lait (FNPL) est venue échanger avec les éleveurs de la…

Désherber son colza en secteur à enjeu eau.

Implantée pendant près de 10 mois en terre, la réussite de la culture du colza passe par une bonne implantation, en limitant…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 175€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole