Maîtriser la pression ray-grass dans des parcelles en rotation courte.
Les agriculteurs sont confrontés à une pression croissante des graminées hivernales, en particulier le ray-grass et le vulpin.
Cette situation se traduit par des pertes de rendement importantes, des coûts de désherbage élevés et une efficacité des herbicides davantage remise en cause par les résistances, les contraintes réglementaires, les enjeux de qualité de l'eau. Pour cela, des parcelles sont suivies pendant cinq campagnes dans le Cher, l'Eure, la Seine-Maritime et le Pas-de-Calais afin d'évaluer, en conditions réelles, des stratégies agronomiques capables de réduire durablement la pression des graminées.
Une dynamique de groupe pour partager, progresser et oser tester.
Pour enrayer cette dynamique, des groupes d'exploitants se mobilisent dans chaque département. Ensemble, ils construisent un plan d'action, testent de nouvelles pratiques, comparent leurs résultats et partagent leurs retours d'expérience. Dans le sud de l'Eure, quatre agriculteurs travaillent chacun sur une parcelle scindée en deux ou trois zones, en conservant une partie témoin correspondant à la rotation courte céréalière habituelle, et une ou deux autres parties où la rotation évolue et où plusieurs leviers agronomiques sont combinés. Cette approche collective permet de sécuriser les essais, de s'inspirer des réussites des voisins et d'oser tester des stratégies nouvelles.
La force de la combinaison des leviers
Les actions mises en place se situent à la fois à l'échelle de la rotation et de la parcelle : allongement des successions de cultures, introduction de cultures de printemps, adaptation du travail du sol, recours au désherbage mécanique lorsque les conditions le permettent. L'objectif est clair : retrouver des parcelles propres, productives et moins dépendantes des herbicides. Pour cela, des comptages et observations sont réalisés afin de suivre l'évolution des graminées et d'apprécier la robustesse des stratégies mises en place.
Mesurer l'impact sur le désherbage sans oublier l'économie
Inscrite dans un réseau national, cette démarche permet de comparer les pratiques dans des contextes pédoclimatiques différents mais confrontés à la même problématique. Au-delà de l'efficacité technique, l'analyse porte également sur l'impact économique des stratégies testées : coûts de mise en œuvre, économies potentielles, effets sur le rendement et la marge.
Ces expérimentations s'inscrivent dans le cadre du projet Gigan (Gestion Intégrée des Graminées Adventices au niveau National), piloté par Terres Inovia, en partenariat avec les Chambres d'agriculture de Normandie, Arvalis, l'ITB, la FDGEA et Actura.