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L'UCDV raccourcit son appro énergétique.

Au départ, c'était 100 % fioul lourd. Puis, vinrent le charbon et le gaz. Aujourd'hui, l'UCDV fait chauffer son unité de déshydratation avec 23 % d'énergie de substitution (biomasse). Objectif 50 %, peut-être d'ici la fin de la campagne.

Nicolas Durand et Thomas Lavenu, président et directeur de l'UCDV : « il nous faut cette année jongler avec la pluviométrie pour entrer dans les luzernières. La seconde coupe n'est pas encore terminée ».
Nicolas Durand et Thomas Lavenu, président et directeur de l'UCDV : « il nous faut cette année jongler avec la pluviométrie pour entrer dans les luzernières. La seconde coupe n'est pas encore terminée ».
© TG

L'assemblée générale de l'UCDV (Usines Coopératives de Déshydratation du Vexin) se tiendra, mercredi 8 septembre, à St-Jean-de-Frenelles (27) à partir de 9 h 30.

Claude Soudé (directeur adjoint de la Fédération des producteurs d'oléagineux et de protéagineux) viendra présenter les accords de la future PAC 2023 et les principaux changements engendrés par cette nouvelle réforme, et plus particulièrement les protéines végétales, la luzerne, et l'accompagnement de la transition environnementale. En attendant, questions-réponses avec Nicolas Durand et Thomas Lavenu, respectivement président et directeur de l'UCDV.

 

L'UCDV, c'est combien d'adhérents ?

Nous comptabilisons 900 adhérents en pulpe de betterave et 170 en luzerne répartis sur les départements de l'Eure, du Val-d'Oise, de l'Eure-et-Loir et de la Seine-Maritime. Notre conseil d'administration est à l'image de cette diversité. Il réunit des éleveurs, des polyculteurs,  des betteraviers, des luzerniers, des bio et des conventionnels.

 

Comment se répartit le ratio betterave-luzerne ?

La pulpe de betterave représente encore 70 % de notre activité, et la luzerne 30 % avec 2 500 ha l'an dernier dont 1 600 ha en bio. Cependant, cette culture est en pleine expansion depuis 3-4 ans. La réforme de la PAC avec les écorégimes et le plan protéine pourraient même accélérer la tendance. Nous en saurons un peu plus à l'issue de nos travaux avec l'intervention du directeur adjoint de la FOP.

 

La météorologie a plombé la moisson 2021, qu'en est-il pour la récolte de la luzerne ?

A ce jour (ndrl : le 25 août), la seconde coupe n'est pas encore terminée et, dans ce domaine, le retard ne se rattrape jamais. La dernière coupe d'octobre sera donc complexe. Il faut trouver les bons équilibres pour gérer les dates de fauche qui doivent être anticipées de 3 jours. Nous jonglons depuis le printemps avec la pluviométrie, et sommes amenés à alloter pour assurer une qualité homogène des lots en fonction de la demande de nos clients.

A contrario, concernant les betteraves, le potentiel est là.

 

Et quid de la campagne précédente ?

L'effet sécheresse a pesé significativement sur le rendement luzerne. Parallèlement, l'interdiction des néonicotinoïdes s'est soldée par une baisse de volume de 35 % de pulpe de betterave. Il a fallu gérer cette pénurie en réajustant les volumes. Certains éleveurs en ont souffert.

 

La déshydratation coûte cher en énergie, c'est le nerf de la guerre ?

Auparavant, nous brûlions du fioul lourd puis nous sommes passés au charbon et au gaz. Notre premier chantier a porté sur les économies d'énergies électrique et thermique. Le second sur la diversité de notre mix énergétique avec un double objectif : être moins polluant et s'approvisionner local. De 100 % d'énergie fossile, nous sommes passés à 23 % d'énergie de substitution si l'on considère le pouvoir calorifique. Nous pourrions atteindre les 50 % à la fin de la campagne.

 

Cette diversification énergétique, c'est quoi ?

Des pieds de lin, du miscanthus, de la plaquette de bois... Nous avons un projet d'investissement dans la conversion d'une seconde ligne de charbon en biomasse.

 

C'est simple comme bonjour, il suffisait d'y penser ?

Loin s'en faut. Auparavant, passer d'une source d'énergie à l'autre, c'était facile. Avec la biomasse, c'est plus complexe et il ne faudra pas tomber dans l'aberration. Ce marché va dépendre aussi de l'offre et de la demande, sans parler du marché carbone qui peut être spéculatif. Il faudra trouver les bons dosages pour rémunérer correctement et durablement le producteur, sans pénaliser l'éleveur à travers un coût de déshydratation prohibitif. Autre élément à prendre en compte par exemple : pour un camion de charbon, il faut deux camions de biomasse. Notre société est-elle prête à l'accepter ?

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