Aller au contenu principal

Loup : vers un assouplissement supplémentaire des règles.

L'État français devrait passer d'un régime d'autorisation à un régime de déclaration pour les tirs de défense contre le loup. Une revendication défendue de longue date par les éleveurs et qui suscite de vives oppositions chez les associations environnementales. 

Depuis un an, le nombre d'attaques de loup a augmenté de + 26 %.
Depuis un an, le nombre d'attaques de loup a augmenté de + 26 %.
© © REUSSIR

Lors de la réunion du Groupe national loup (GNL) qui s'est tenue le 23 septembre, Fabienne Bucchio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA) en charge du dossier " loup ", a fait savoir que l'État allait simplifier le régime de tirs de défense. Jusqu'à présent, la réponse face au loup devait être graduée, en trois étapes. Car si l'on se réfère au Code de l'environnement, (article L415-3), le loup reste une espèce protégée et sa destruction ou tentative de destruction en dehors de certaines règles est punie de trois ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende.

Première étape : les éleveurs, propriétaires d'un permis de chasse, et qui subissent une attaque de loup peuvent procéder à des " tirs d'effarouchement " à l'aide de munitions non létales*.

Deuxième étape : ces mêmes éleveurs peuvent procéder à " un tir de défense simple ", là encore dans des conditions très particulières, notamment à proximité immédiate du troupeau protégé (chien, barrières électrifiées, bergers...). Si le tir a lieu de nuit, le chasseur doit être doté d'un système lumineux mais l'usage des lunettes de visée est interdit. Ce tir de défense simple nécessite le dépôt préalable d'une demande d'autorisation auprès de la préfecture de son département.

La troisième étape concerne le " tir de défense renforcée " autrement dit de " destruction du loup ". Les conditions sont plus strictes : le tir de défense simple a été mis en œuvre et le registre de tirs est renseigné et en plus le troupeau a subi des dommages importants et récurrents d'une année à l'autre (trois attaques en douze mois).

Attaques : + 26 % en un an 

Après la réunion du GNL à laquelle les associations écologiques n'ont pas participé, les règles vont être modifiées. Elles permettront aux éleveurs (bovins, caprins, équins, ovins) de disposer automatiquement d'un droit à effectuer un tir de défense et de déclarer leurs tirs une fois le loup abattu. Pour le préfet référent " loup ", Jean-Paul Célet (qui conseille Fabienne Bucchio), " ce passage d'une autorisation dérogatoire à une déclaration aura un effet de simplification, mais aussi un effet de rapidité dans la réaction quand les attaques commencent ". À la FNSEA, Bernard Mogenet en charge du dossier de la prédation, juge " qu'on est encore loin du compte pour faire baisser la pression de la prédation ". De son côté, la Fédération nationale ovine (FNO) estime que les propositions du GNL constituent " une avancée importante " (lire encadré). Mais aussi bien cette dernière que la FNSEA souhaiteraient aller un peu plus loin, notamment dans le comptage des loups qui reste toujours une pierre d'achoppement entre l'État, l'Office français de la biodiversité (OFB), les associations écologistes et les éleveurs. De même, le syndicat majoritaire souhaite revoir à la hausse le plafond de 19 % pour le prélèvement des loups, pour éviter de gérer les prélèvements alors qu'il faut agir sur la pression de la prédation. Le relèvement de ce plafond est aussi une demande de l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM) qui veut le pondérer " en tenant compte également du nombre d'attaques de loup chaque année ", a-t-elle indiqué dans un communiqué du 23 septembre. Naturellement la simplification des tirs de défense fait pousser des cris d'orfraie aux associations écologistes qui y voient " la volonté de l'État d'organiser une réduction drastique de la présence du loup en France ". À ce jour, 146 loups (sur 192) ont été abattus et le nombre d'attaques a augmenté de + 26 % depuis un an, de manière encore plus importante (+ 60 %) dans les zones où le loup vient de s'implanter, a rapporté la préfecture AuRA. Il est à noter que le Conseil de l'Union européenne a validé le 16 avril dernier la proposition de la Commission européenne visant à déclasser le loup dans la directive Habitats, d'espèce " strictement protégée " à " protégée ".

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Vaccination généralisée, dépeuplement, transmission : le vrai/faux de la DNC pour être bien informé.

Les réponses à toutes les questions que vous vous posez sur à la DNC : vaccination généralisée, dépeuplement, soin des animaux…

Noël avant Noël, chez les concessionnaires.

Les concessionnaires de matériels agricoles ont accueilli les nombreux pèlerins à venir fêter la Saint Nicolas. Ce pèlerinage…

10 000 agriculteurs européens à Bruxelles.

Jeudi 18 décembre, Bruxelles a été le théâtre d’une mobilisation inédite : 10 000 agriculteurs des 27 Etats membres de l’UE…

Un niveau de participation très satisfaisant pour un bel anniversaire. Il a fallu rajouter des chaises.
Sevépi : à 20 ans elle croque la qualité à pleines dents.
"20 ans de qualité". Tel était le titre du rapport d'activité de Sevépi qui a tenu son assemblée générale le 9 décembre…
Sébastien Lecornu, Premier ministre, s'adresse aux agriculteurs.
Lettre ouverte du Premier ministre aux agriculteurs de France.
Mesdames et Messieurs, Je ne vous écris pas pour vous rassurer, mais pour vous dire les choses clairement.
Véritable succès pour les parades des tracteurs illuminés !

Afin de célébrer les fêtes de fin d’années, les jeunes agriculteurs de l’Eure ont paré leurs tracteurs de guirlandes…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole