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Lin fibre : une filière qui a le vent en poupe

Le lin français - 100% certifié European Flax® - coche toutes les cases d'un marché final habillement et décoration en forte hausse qui capitalise sur les fibres naturelles. Une situation qui sécurise voire dope le modèle économique des agriculteurs et des teilleurs de lin.

© S-RANDE

Après dix ans de hausse continue des surfaces, + 133 % de 2011 à 2020, et à l'heure où les agriculteurs réfléchissent à leurs assolements 2023, Bertrand Gomart, président de l'AGPL* (producteurs de lin), rappelle avec pragmatisme que « le lin a toute sa place dans les assolements 2023 ! Avec un marché final en croissance, nous constatons que les prix sont rémunérateurs et permettent aux agriculteurs de conjuguer une culture à la fois rentable et peu impactée par la hausse conjoncturelle des coûts de production. De plus, le lin permet d'obtenir un gain supplémentaire dans le cadre des éco-régimes de la PAC 2023. Un atout qui conforte le modèle économique de nos exploitations agricoles et optimise nos aides européennes ».

CÔTÉ RENDEMENT

Comme pour certaines autres cultures (pomme de terre...), on constate des disparités en fonction des années et des régions (Normandie, Hauts-de-France, Île-de-France). Même avec des conditions de récoltes difficiles en 2020 et 2021, on observe une hausse moyenne des prix de 32 % d'avril 2021 à avril 2022. Le prix moyen s'établit à 3,60 EUR au kilo en avril 2022, sortie teillage, toutes régions de production et toutes qualités confondues. Ce prix moyen se comprend avec de fortes disparités et s'établit avec des minimas de 2 EUR pour les qualités les plus basses et des prix pouvant dépasser les 5 EUR pour des lots résiduels de 2018 et 2019 de qualités exceptionnelles. Quant à la récolte 2021, le prix moyen s'établit en avril 2022 à 3,47 EUR au kilo, toujours avec des disparités notables selon les régions et les qualités pour osciller entre 2,10 EUR et 4,59 EUR au kilo. Le prix du lin est économiquement résilient et finalement peu impacté par les conditions géopolitiques. Ces chiffres s'expliquent principalement par un marché en croissance continue pour les fibres naturelles versus les fibres synthétiques et artificielles. La crise sanitaire agit comme un accélérateur et un amplificateur d'un phénomène engagé depuis dix ans. Le lin European Flax®, la certification de référence créée par la filière, devient la réponse « verte », traçable et prouvée demandée par le marché. Une aubaine pour la France qui peut ainsi conforter et accroître son leadership sur l'échiquier mondial.

 

CÔTÉ TRANSFORMATION DES PAILLES EN FIBRES

Bertrand Decock, Président de l'USRTL* (teilleurs privés) indique que « les capacités de transformation de paille ont doublé en moins de dix ans. On constate non seulement l'augmentation du nombre d'équipes, mais surtout un renouvellement des lignes de teillage avec des équipements plus performants. De nouvelles unités de teillage ont vu le jour à la fois dans les régions linières historiques (Normandie et Hauts-de-France...) ainsi que dans des zones en fort développement (Aisne) ».

Une tendance confirmée pour les années à venir avec des usines en cours de construction et en projet (Nord, Somme, Seine-Maritime, Calvados, Vexin, Seine-et-Marne...).

Hubert Brisset, président de la Festal* (coopératives de lin) observe quant à lui que « pour répondre à la demande croissante des marques, les filatures de lin sont elles aussi en fort développement partout dans le monde. Comme pour le teillage, on constate un renouvellement des unités de production anciennes et la construction d'usines 4.0. En France, on assiste même à une réindustrialisation inimaginable il y encore quelques années avec trois filatures opérationnelles depuis le début de l'année et d'autres en projet ».

Le marché du lin s'inscrit dans une dynamique structurelle où chaque maillon industriel de la filière augmente ses capacités de transformation dans un contexte de marché final porteur pour le lin. La France bénéficie aujourd'hui pleinement de la croissance de la demande des fibres textiles naturelles, locales et traçables. Le dynamisme actuel pourrait servir de base pour la construction de mécanismes aptes à préserver la filière en cas de chocs conjoncturels qui viendraient perturber la confiance et la rémunération des agriculteurs ou des teilleurs (stock stratégique...).

 

*AGPL : Association Générale de Producteurs de Lin/ Festal : Fédération Syndicale du Teillage Agricole du Lin /USRTL : Union Syndicale des Rouisseurs Teilleurs de Lin

 

Quelques chiffres

L'Europe est n° 1 mondial avec 76 % de la production de lin fibre répartie dans 3 pays : France, Belgique et Pays-Bas. La France est leader avec 61 % de la production mondiale, la Belgique 13 % et les Pays-Bas 2 % sont les 2 autres pays producteurs (chiffres 2020).

Hausse de 133 % entre 2011 à 2020 des surfaces agricoles de lin fibre (France, Belgique, Pays-Bas).

Surface Europe : en 2021 : 119 283 ha dont France 101 580 ha

Trois principales régions productrices : Normandie, Hauts-de-France et Île-de-France. Départements liniers : Calvados, Eure, Seine-Maritime, Orne, Eure-et-Loir, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Somme, Aisne, Seine-et-Marne, Yvelines, Val-d'Oise, Manche, Marne, Ardennes.

Estimation surfaces 2022 : 145 000 à 155 000 ha

Production de fibres longues en Europe : en 2021 : 146 979 tonnes dont 119 548 tonnes en France.

En France 8 228 exploitations agricoles emploient une main-d'oeuvre spécialisée. 23 teillages emploient 1 520 salariés.

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