Lignes à haute tension : la mobilisation FNSEA arrache un accord historique
Un accord national vient d'être signé entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France. Obtenu grâce à la détermination des syndicats FNSEA et au travail des réseaux consulaires, ce dispositif inédit renforce l'accompagnement financier des exploitants confrontés au passage de nouvelles lignes à haute tension.
Quand la mobilisation syndicale porte ses fruits
Le 12 octobre dernier, à Paris, la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France ont signé un accord sur l'accompagnement des exploitants concernés par la création de lignes à haute tension. C'est, sinon un aboutissement, au moins une étape majeure : la profession a fait reconnaître les dommages réellement subis par les exploitations traversées par ces lignes.
Concrètement, l'accord prévoit le versement de 1 000 € par an et par équivalent pylône pour les lignes 400 kV, et de 375 € par an pour les lignes 225 kV. Ce dispositif ne concerne que les nouvelles lignes. Il s'ajoute aux indemnités du protocole actuel, dites " indemnités Monnot ", qui couvrent les dommages permanents et instantanés. Les discussions entre la FNSEA, RTE et Chambres d'agriculture France doivent aussi aboutir à l'évolution du rapport Monnot et à l'actualisation du régime d'indemnisation, afin que les exploitants concernés par les lignes existantes voient eux aussi leurs préjudices mieux pris en compte.
Le fruit d'un combat syndical de longue haleine
Cet accord marque un tournant dans la reconnaissance des préjudices et dans leur juste indemnisation. Il multiplie par 5 les indemnités versées, et c'est le résultat d'une mobilisation syndicale et professionnelle qui s'inscrit dans la durée.
Tout est parti de deux projets de lignes 400 kV : Rougemontiers - Port-Jérôme, et Petit-Caux - Amiens. Jugeant les indemnités Monnot totalement déconnectées des réalités vécues sur les exploitations, les syndicats FNSEA de Seine-Maritime, de la Somme et de l'Eure se sont mobilisés sans attendre, avec l'appui des Chambres d'agriculture de ces départements. Dès mars 2025, les syndicats locaux ont alerté les exploitants et les propriétaires concernés et affiché leur volonté de remettre l'indemnisation des pylônes sur la table.
Lors des réunions en préfecture, la ligne était claire : revoir les indemnisations et refuser toute signature de convention tant qu'elles ne seraient pas revalorisées. Ce blocage a permis au syndicalisme et aux réseaux consulaires de construire des argumentaires solides, puis d'engager des discussions avec RTE, parfois musclées.
La mobilisation de Dieppe, véritable point de bascule
Malgré l'engagement des agriculteurs sur le terrain, le travail acharné des équipes locales et celui des têtes de réseau nationales de la FNSEA et de Chambres d'agriculture France, RTE est longtemps resté peu enclin à revoir son dispositif financier. Le syndicalisme FNSEA a alors saisi la visite annoncée du président Macron sur le chantier de l'EPR en Seine-Maritime pour faire monter la pression, en annonçant une mobilisation syndicale. L'effet a été immédiat : une réunion s'est tenue en sous-préfecture de Dieppe le 12 mars 2026, et la détermination de la profession a été rappelée aux autorités.
La pression syndicale a fini par payer
À Dieppe, RTE et l'État ont mesuré la détermination des réseaux FNSEA, soutenus par les Chambres d'agriculture. Il a fallu rouvrir les discussions. Le nouvel accord doit maintenant être décliné localement, et il constitue une véritable avancée pour les agriculteurs et les propriétaires concernés.
Grâce à la clause de rétroactivité insérée dès le départ par la FNSEA 27 dans les négociations de la convention locale, les exploitants et les propriétaires toucheront cette nouvelle indemnité. Celle-ci devra être répartie à l'issue d'une négociation au niveau local entre les exploitants et les propriétaires.
À ceux qui en doutaient encore, ce dossier apporte la preuve que seule une mobilisation syndicale coordonnée, argumentée et déterminée, à tous les échelons, fait avancer l'ensemble de la profession. Tout n'est pas réglé : les réseaux restent mobilisés pour obtenir la révision des indemnités Monnot et une déclinaison locale équilibrée.