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Les sucreries à l’unisson pour leur survie

Mardi 7 mai, planteurs de betteraves, élus, salariés et entrepreneurs de travaux agricoles ont repris le bus, direction l’ambassade d’Allemagne, à Paris.

© J.P.

Plus de 150 personnes, dont dix agriculteurs eurois, sont réunies à quelques mètres de l’ambassade d’Allemagne, 24 rue Marbeau, dans le XVIe arrondissement, pour manifester contre le projet de restructuration des deux sucreries de Cagny (14) et Eppeville (80). L’objectif : maintenir un bassin de production de betteraves dans ces régions. Les deux usines représentent 36 000 ha de betteraves et 500 000 t de sucre, soit près de 10 % de la production française. « Nous sommes dans une continuité d’action, a déclaré Patrick Dechaufour, président de la CGB Calvados, Sarthe et Orne. Nous demandons à l’ambassadeur d’Allemagne de faire pression auprès des dirigeants de Südzucker, pour qu’ils se mettent en négociation avec nous. » A vingt jours des élections européennes, le responsable syndical demande : « comment voulez-vous que l’on se retrouve dans le vote européenquand un groupe allemand faitdu capitalisme sauvage ? »Dominique Fievez, président de la CGB Somme ajoute :« nous sommes arrivés au bout des choses avec Südzucker,qui n’a plus aucun respect pour les planteurs. La CGB va leur proposer un plan qui devrait les faire réfléchir. La France n’est pas une variable d’ajustement ».

UN PROJET DE REPRISEVIABLE

Le plan de reprise en question a été travaillé avec des cabinets d’expertise spécialisés. Il est en phase de finalisation et a été dévoilé à Bercy, mardi 7 mai, en parallèle de la manifestation. Les dirigeants de la CGB ont rencontré Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d’entreprises.« Le projet a été bien accueilli et a convaincu Bercy, rapporte Franck Sander, président de la CGB, en fin de matinée. Nous avons un projet crédible que nous irons présenter à Südzucker le 15 mai à Strasbourg. Cette offre de reprise est chiffrée et rentable pour ces deux sites, aux quels nous croyons, et qui ont été abandonnés par le groupe allemand. Ce qui est important pour nous maintenant, c’est que nous puissions ouvrir les discussions avec Südzucker sur ce plan. » Le projet pourrait notamment prendre la forme d’une coopérative, avec un investissement qui resterait accessible pour les agriculteurs, de l’ordre de 1 000 euros/ha ou de 10 euros/tonne. Le hic, c’est que le groupe allemand s’oppose à la cession des usines. « Il faut que la France et l’Allemagne assument leurs responsabilités, peu importent les partis, et nous prouvent que l’axe franco-allemand est un axefort », gronde Franck Sander.

SOUTIEN TOTAL

« Nous soutenons fermement les betteraviers potentiellement touchés par la restructuration des activités de Südzucker en France, déclare Gérard Napias, président de la Fédération nationale entrepreneurs des territoires. La FNEDT pèsera de tout son poids dans les négociations à venir. Il est indispensable de trouver une solution permettant aux betteraviers comme aux ETA de maintenir leur activité, cela passe par la sauvegarde de ces sucreries, qu’elles soient détenues par Südzucker ou par d’autres. » Éric Thirouin, secrétaire général de la FNSEA, a pris la parole à son tour et affirmé son soutien total. Du côté des salariés, Loïc Touzet, délégué central FO Saint-Louis Sucre, assure : « nous avons apporté notre expertise et des pistes pour développer des valeurs ajoutées, afin que la future entreprise gagne de l’argent ».

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