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Les organisations agricoles mesurées sur les déclarations du ministre

Les réactions aux déclarations du ministre de l'Agriculture qui présentait, le 21 mai, les grandes orientations du Plan stratégique national qui va décliner la PAC 2023-2027 sur le territoire français n'ont pas tardé. A des degrés divers, elles saluent les premiers arbitrages, mais demandent que des efforts supplémentaires soient réalisés.

La FNSEA a été la première à réagir aux propos du ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie. Dans une conférence de presse en visio, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a parlé de « premiers arbitrages en demi-teinte ». Certaines orientations semblent convenir au syndicat majoritaire comme la volonté affichée de reconquérir une souveraineté alimentaire qui s'était effrité au cours de réformes précédentes. Christiane Lambert a salué le plan protéines qui permet de passer « d'aides statiques, à des aides plus dynamiques ». Elle qualifie « d'orientations majeures » le plan protéines pour le développement des cultures de protéagineux et de légumineuses fourragères et le renforcement de la structuration des filières par des programmes opérationnels.

 

« Sacrifiés »

De même, la présidente de la FNSEA salue l'appui affiché du ministre pour renouveler les générations en souhaitant augmenter de 50 % les montants dédiés au paiement JA, ce qui consolide l'enveloppe à hauteur de 101 millions d'euros (MEUR). Sur ce point, les Jeunes agriculteurs ont fait savoir que cette annonce constituait une « réponse notable à cet enjeu », mais une « première réponse à poursuivre », ont-ils nuancé. « Il est désormais nécessaire de transformer l'essai en mettant les contributions nationales (Etat et Régions) à la hauteur des engagements sur le Feader pour apporter une réponse pleine et entière. Sans cela, le travail mené restera vain », a réagi JA dans un communiqué. La FNSEA a également trouvé « intéressant » l'accompagnement des Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) à hauteur de 250 MEUR, notamment à destination des zones à faible potentiel agronomique. Un sentiment également partagé par JA et l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture (APCA). Cette dernière se félicite de l'attribution d'une enveloppe initiale de 22 MEUR dédiée spécifiquement à la mesure de transition dont elle est « à l'initiative », précise-t-elle dans un communiqué. Dans leur ensemble, les organisations professionnelles agricoles (OPA) saluent « une trajectoire de convergence raisonnable à 85 % », à l'exception toutefois de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) qui y voit « le travail de sape des exploitations de petite taille qui constituent la majorité des fermes laitières ».

 

Maximum d'efficacité

Les OPA s'inquiètent toutefois d'orientations encore floues ou non abouties, notamment sur les principales comme les écorégimes (ecoschemes). Ainsi La Coopération agricole s'émeut-elle, dans un communiqué, que « les programmes opérationnels, outils de transition et d'efficacité économiques, ne soient pas étendus à davantage de filières pour permettre leur structuration ». Dans sa conférence de presse, Christiane Lambert a signalé que les écorégimes représentaient, dans le PSN, 1,684 MdEUR sur les 6,8 MdEUR du premier pilier de la PAC, soit 25 %. « On ne peut pas dire que ce ne soit pas exigeant et contraignant », a-t-elle affirmé, car la redistribution (versement) de ces aides est clairement conditionnée aux progrès réalisés par l'agriculteur sur son exploitation pour protéger l'environnement, la biodiversité, pour lutter contre le changement climatique. La FNSEA regrette cependant que les critères d'application de cette mesure restent encore flous, car « l'objectif est d'encourager le maximum d'agriculteurs à rentrer dans ces écorégimes, pour un maximum d'efficacité », a martelé Christiane Lambert qui parle d'une « mesure en demi-teinte ».

 

« Ça ne fait pas beaucoup »

Les OPA s'inquiètent aussi du sort réservé aux aides couplées et en particulier au critère alloué à Unité de gros bovins (UGB). « Une vache est une vache, une UGB est une UGB et tout autre choix sera dévastateur », a rappelé la FNPL. La présidente de la FNSEA insiste, quant à elle, « sur le besoin d'accompagnement pour faire coller l'UGB aux demandes du marché ». Autre déception affichée : celle de la gestion des risques, a souligné JA : « Nous rappelons que la PAC doit aussi accompagner les filières et protéger les agriculteurs face aux aléas climatiques », a-t-il déclaré par voie de presse. Le son de cloche est identique à l'APCA qui regrette « que les moyens en faveur d'une politique volontariste de gestion des risques n'aient pu être trouvés au sein de la PAC », mais aussi à la Coopération agricole qui s'inquiète « que le cadrage affiché ne permette pas d'affecter plus de moyens à la prévention et à la gestion de l'ensemble des risques ». Christiane Lambert a regretté que l'enveloppe dédiée ne soit pas plus importante : « 186 millions d'euros, ça ne fait pas beaucoup », a-t-elle lâché. Certes, les agriculteurs « sont prêts à souscrire des polices d'assurance », sous-entendu, y compris légèrement plus chères, mais pas question pour la FNSEA que le financement de la future assurance récolte passe par une augmentation de la TVA et de la Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), a-t-elle affirmé. La présidente de la FNSEA espère que le chef de l'Etat qui s'était engagé à activer la solidarité nationale le 18 mai dernier lors du Grand Rendez-vous, tiendra parole.

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