Aller au contenu principal

Les céréaliers n’entendent pas renoncer au « défi alimentaire ».

Alors que les sujets climatiques et environnementaux dominent l’actualité, les producteurs céréaliers de l’AGPB ont rappelé lors de leur congrès la nécessité de maintenir une « compétitivité responsable » pour fournir une demande en croissance, notamment de l’autre côté de la Méditerranée.

© PIXABAY

Si les céréaliers français comptent produire « mieux », ils entendent aussi produire « plus » dans les années qui viennent, pour répondre à une demande intérieure et extérieure qui n’a jamais été aussi élevée, ont insisté les dirigeants de l’association générale des producteurs de blé (AGPB) qui tenait son congrès le 25 mai dernier à Paris. Soucieux de faire prendre conscience du défi alimentaire à venir, les céréaliers de France ont consacré une bonne partie de leurs travaux à la relation avec les pays de la rive sud de la Méditerranée. Plusieurs experts se sont succédé dans le cadre symbolique de l’Institut du Monde arabe pour illustrer l’explosion des besoins de ces pays, clients traditionnels du blé français. « Depuis le début du siècle, la population des cinq pays d’Afrique du Nord (Egypte, Algérie, Maroc, Tunisie et Lybie) a progressé de 68 millions d’individus, plus que la population française totale », a résumé Sébastien Abis, le directeur général du club Demeter, auteur d’une « Géopolitique du blé ». Ces régions pauvres en terres arables et en eau sont importatrices nettes de calories, parfois à plus de 50 %, a souligné l’expert. A elle seule, l’Egypte a ainsi importé 215 Mt de blé ces vingt dernières années, soit l’équivalent de 30 000 t par jour !

La France dispose d’indéniables atouts pour répondre à cette demande en forte croissance. « L’Afrique du Nord est un débouché naturel et de circuit court », a souligné Jean-François Lepy, directeur de Soufflet Négoce (Groupe InVivo), qui opère sur cette destination. Les cinq pays de la zone ont représenté près d’un tiers des exportations françaises de blé depuis 2000, l’Algérie représentant à elle seule 10 % de la collecte de l’Hexagone. « Notre capacité à exporter, sur cette zone notamment, témoigne de notre capacité à être compétitifs sur le marché mondial », a poursuivi M. Lépy. « C’est la raison pour laquelle nous devons trouver durablement notre place sur ces marchés et rééquilibrer les inégalités croissantes sur le commerce », a-t-il plaidé, évoquant notamment le souhait de disposer de dispositifs assurantiels dédiés à certaines destinations voire de relancer la contractualisation avec les pays clients.

 

LE COMMERCE DU BLE, TERRAIN D’AFFRONTEMENT

Avec la multiplication des conflits et notamment la guerre en Ukraine, le commerce international du blé, qui ne cesse de progresser, est devenu un nouveau terrain d’affrontement. « Jusqu’à une période récente, le marché du blé était assez libre et clients et fournisseurs se retrouvaient autour de cahier des charges techniques », a témoigné Jean-François Lepy, de Soufflet négoce. « Aujourd’hui, les considérations géopolitiques sont devenues prépondérantes », a-t-il expliqué, citant notamment les facilités accordées par les acteurs russes à l’Autorité égyptienne en charge des approvisionnements (Gasc), les froids diplomatiques entre l’Algérie et la France dont pâtissent les exportations, l’utilisation politique du corridor maritime, etc.

Pour préserver les positions françaises et européennes en Afrique du Nord, la relance du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée paraît aujourd’hui prioritaire. L’espoir suscité par la création de l’Union pour la Méditerranée dans les années 2000 s’est étiolé, a regretté Sébastien Abis, du Club Demeter. « Qui connaît par exemple l’existence de Med-Amin, un réseau de partage des informations agricoles créé en 2014 par 13 pays riverains de la Méditerranée ? », s’est-il interrogé, militant pour une reconnexion des deux rives sur quelques sujets importants, comme l’agriculture, l’eau ou le climat. Karim Amellal, ambassadeur et délégué interministériel à la Méditerranée, a assuré qu’une relance du dialogue était à l’ordre du jour. « L’Espagne, qui prendra la présidence de l’UE en juillet, souhaite organiser un sommet méditerranéen à Bruxelles en décembre prochain au cours duquel la question de la sécurité alimentaire sera abordée. S’il ne voyait pas le jour, la France en prendrait l’initiative. »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Céline Lefevres entourée de son ancien et nouveau président. "La qualité du binôme président-directrice est fondamentale pour faire grandir l'entreprise en toute sérénité", insistent de concert Patrick Pottier et Gilles Lancelin.
AS 27 : Patrick Pottier passe le flambeau à Gilles Lancelin.
En cette année olympique, Patrick Pottier, président d'AS 27 (Accompagnement Stratégie Eure) depuis 2013, a passé le 11 …
Des évolutions sur la fiscalité du foncier sont attendues.
Fiscalité et agrivoltaïsme au menu des propriétaires ruraux.
La fiscalité du foncier agricole et le cadre de développement de l'agrivoltaïque étaient à l'ordre du jour de la section…
De g. à d. : Céline Collet, Gaëlle Guyomard, Jean-François Chauveau, Gilles Picard, Guillaume Burel, Denis Letellier, Vincent Leborgne sont prêts à accueillir tout le monde le 16 mai à Beuzevillette.
L'édition MécaLive Ouest 2024 le 16 mai à Beuzevillette.
Un programme riche et varié d'ateliers attend les visiteurs tandis que plus de 80 exposants, 70 marques de matériels et des…
Plus de 3 000 cactus poussent sur l'exploitation de Jessy Charetiers.
La Normandie devient une terre à cactus 
Jessy Charetiers, jardinier-paysagiste indépendant installé à Courbépine (Eure), cultive plus de 3 000 cactus 100…
La charte a été officiellement signée le 16 avril lors d'un point agricole avec Simon Babre, préfet de l'Eure.
Charte de déontologie des contrôles.
Les agriculteurs ne sont pas des délinquants en puissance, mais ce ressenti est une pression qui pèse sur leurs épaules : comment…
Participez au programme Giverni.

Les bovins sont capables d'acquérir une résistance aux strongles de l'intestin et de la caillette. Peut-on mettre en évidence…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 175€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole