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Le syndicalisme agricole, un modèle de corps intermédiaire ?

Alors que le mouvement des gilets jaunes poursuit tous les week-ends ses manifestations pour se faire entendre du gouvernement, la FNSEA a soulevé lors de son congrès la question de l’importance des corps intermédiaires dans la concertation et l’élaboration des décisions publiques, rôle que le syndicat exerce au quotidien au sein du monde agricole.

73e congrès de la FNSEA, le 27 mars à Nancy, deuxième table ronde sur les corps intermédiaires.
73e congrès de la FNSEA, le 27 mars à Nancy, deuxième table ronde sur les corps intermédiaires.
© ACTUAGRI
S’il y a eu compréhension du monde agricole vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes, avec des problématiques proches, pour les agriculteurs, de celles des habitants de la ruralité, « la structuration d’un réseau terrain, qui porte les dossiers, a pu remplacer le mouvement », explique Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA, lors de la table-ronde sur les corps intermédiaires organisée par la FNSEA le 27 mars, à l’occasion de son congrès annuel, à Nancy. Cette structuration avait d’ailleurs permis « au syndicalisme d’obtenir certaines choses, comme l’exonération du gasoil », rappelle Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint. Parallèlement, les gens qui viennent manifester tous les samedis « n’ont pas de culture syndicale », explique le sociologue Jérôme Fourquet. La part des primo-manifestants y est importante, et la défiance à l’égard du pouvoir en place est extrêmement forte. Et c’est la non structuration de ce mouvement qui rend difficile la sortie de crise pour le gouvernement, quand le syndicalisme sait initier les actions, mais aussi y mettre fin aux actions, après avoir obtenu des avancées.
DÉBATTRE POUR DÉCIDER
Car le rôle des corps intermédiaire, c’est avant tout débattre pour porter ensuite une position commune. « Dans notre structure, on a un débat, on défend une unité avec de multiples différences », souligne Eric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA. « Le sens de la délibération, ce n’est pas le bavardage, c’est la discussion avant et pour la décision », rappelle de son côté le philosophe Pierre-Henri Tavoillot. Ce que le syndicalisme agricole a bien compris : « nous faisons notre grand débat permanent, nous portons et assumons la délégation, et c’est comme ça que nous avons gagné », rappelle Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.
« Les gens ont découvert sur les rondspoints ce qu’on a dans nos réunions locales », poursuit-elle. Mais si le monde agricole peut à ce niveau être considéré comme un exemple de représentativité et de participation, les corps intermédiaires sont clairement en perte de vitesse dans la majorité des autres secteurs, ignorés par Emmanuel Macron, et jugés éloignés de la société. Leur rôle est donc de se renouveler pour mieux répondre aux préoccupations actuelles. Pour apporter ses solutions à la crise actuelle, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a « mis en place une commission temporaireenrichie par l’apport de citoyens tirés ausort, pour proposer des solutions sur le sujet de la fracture et de la transition »,explique Michel Chassang, président de cette commission temporaire au Cese. Pour Pierre-Henri Tavoillot, il faut cependant rester vigilant : « je suis un peu réticent à l’égard du participatif…Il faut des médiateurs : journalistes, corps intermédiaires…», insiste-t-il. Si le monde agricole reste encore très attaché aux corps intermédiaires et reconnait leur efficacité, la participation aux élections chambres d’agriculture était en baisse de près de 10 points cette année. Tout l’enjeu de cette mandature sera donc de valoriser encore plus la discussion, l’explication, et les débats sur le terrain…
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