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Le sorgho, une culture d'avenir en Normandie ?

Comme d'autres plantes fourragères qui arrivent sous nos latitudes, le sorgho pourrait être une alternative intéressante pour l'alimentation animale dans des situations de sécheresse.

La journée de présentation de nouvelles cultures fourragères a eu lieu au Gaec Dubos à Grumesnil.
La journée de présentation de nouvelles cultures fourragères a eu lieu au Gaec Dubos à Grumesnil.
© CATHERINE HENNEBERT

Le 28 septembre, la chambre d'agriculture proposait une demi-journée de présentation des nouvelles cultures fourragères pouvant répondre à des problématiques de sécheresse récurrente dans notre région. Ce temps d'échange s'est déroulé au Gaec Dubos à Grumesnil, qui réfléchit déjà à cette problématique avec l'introduction de méteils vesce velue-trèfle et seigle forestier-vesce velue permettant encore de semer un maïs derrière sans pénaliser le rendement.

Face à des étés de plus en plus secs, certains éleveurs laitiers et allaitants se posent des questions sur la culture d'un maïs derrière un raygrass. De son côté, la chambre d'agriculture expérimente des cultures innovantes telles que le sorgho fourrager. Elle a suivi quelques parcelles d'agriculteurs normands ayant mis en place cette culture en 2019.

 

ESSAIS

Le sorgho devient à la mode. C'est une plante tropicale annuelle qui a moins besoin d'eau que le maïs. Ensilé, il peut être ainsi une alternative ou un complément au maïs en conditions difficiles. Des essais réalisés en 2019 mettent en avant des valeurs alimentaires moyennes de 74 de MAT et 0.95 d'UFL.

 

INTÉRÊT SUR TERRES DESSÉCHÉES

Pour commencer Emilie Vallet, conseillère lait et fourrages Normandie, insiste sur le fait qu'il existe différentes variétés de sorgho, avec des comportements différents au champ. De plus, il faut distinguer le monocoupe qui se travaille comme un maïs le multicoupe qui se conduit comme une espèce prairiale. « Les variétés BMR ont moins de lignine et permettent ainsi une meilleure digestibilité. Ce type de variété est à privilégier en alimentation animale, que cela soit en monocoupe ou multicoupe. Leur valeur alimentaire attendue est supérieure à 0.90 UFL au kilo de matière sèche ».

« Le sorgho a besoin de chaleur, plus que le maïs. Il faut compter 1700 °C pour une récolte autour de 30 % de matière sèche (200°C de plus qu'un maïs précoce indice 250). Mais sur des journées à plus de 35°C, le sorgho continue de pousser, c'est une plante qui a une meilleure efficience de production avec moins d'eau, elle sait attendre l'eau ».

Dans un environnement pédoclimatique plus séchant et en situation non irriguée, l'efficience de l'eau tombe à 25 kg de MS/mm/ha pour un maïs, contre 35 kg de MS/mm/ha pour le sorgho. Le semis doit se faire dans un sol réchauffé. C'est primordial. La plage idéale se situe entre le 15 mai et le 15 juin. Pour un multicoupe, les semis sont encore possibles jusqu'au 15 juillet derrière une orge. Pour un monocoupe, l'écartement 40-45 cm est à privilégier. L'utilisation d'un semoir à betterave semble être une bonne solution. Pour un multicoupe, un semoir à céréales avec un écartement de 12,5 cm est l'idéal.

 

ENSILAGE EN DIRECT

Le sorgho monocoupe s'ensile en direct comme le maïs. Le feuillage doit être sec pour éviter la perte de matière sèche. La récolte se fait au stade grain laiteux. L'ensilage de sorgho étant riche en sucre, il n'y a pas besoin de conservateur. Les rendements varient de 10 t de MS/ha dans les petites terres à 20 t de MS/ha dans les bonnes terres.

Le multicoupe peut être valorisé en pâturage ou en fauche. La première coupe peut se faire quand le sorgho arrive à 1-1.3 m de haut, avant la sortie des épis (45 jours après le semis en bonnes conditions). Une seconde coupe peut être effectuée 5 semaines plus tard. Le potentiel de rendement varie de 8 à 13 t MS/ha. La récolte en enrubannage est possible en observant bien 48 heures de séchage. Pour le pâturage, il est important de mettre les animaux quand la hauteur du sorgho atteint au moins 60 cm. Durant l'après-midi, les méteils productifs à récolte précoce (tels que seigle forestier et vesce velue), la luzerne, l'association du maïs avec le lablab (haricot rampant) fournissant un fourrage riche en matière azotée, ont également été présentés comme alternatives au changement climatique.

 

Pour plus d'informations : Vincent Bellegueulle, conseiller bovin viande au 06 30 80 66 93

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