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Le riz français en quête de reconnaissance.

L'interprofession a organisé sur le Salon international de l'agriculture une rencontre avec le syndicat des riziculteurs de France. Le riz français veut reconquérir quelques parts de marchés à la faveur d'un projet stratégique.

© iStock-Trazos_sobre_Papel

Les producteurs le reconnaissent eux-mêmes. La production rizicole française pèse peu au regard des chiffres mondiaux. « Elle est même modeste », avoue Philippe Roux, délégué régional de l'interprofession semences (Semae). Le secteur rizicole ne représente que 2 % de la production européenne, qui représente elle-même 1 % de la production mondiale (lire ci-dessous).

 

CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le riz est cependant la deuxième céréale produite au monde après le blé. Il couvre environ 161 millions d'ha pour une production annuelle d'environ 500 millions de tonnes. La France n'en possède que 15 000 ha. « Mais nous en avons compté jusqu'à 30 000 dans les années 60. Nous étions même autosuffisants », rappelle Bernard Mazel, président du syndicat des riziculteurs de France. Les riziculteurs ne digèrent toujours pas la perte de surfaces consécutive à la fin des aides couplées sous le ministère de l'Agriculture Stéphane Le Foll. « Nous avons perdu près de 50 % de notre production en trois ans ». Ils ne supportent pas non plus qu'elle soit classée parmi les « cultures orphelines, un classement qui n'arrange rien », explique Bernard Mazel. Car à l'image d'autres productions agricoles, le riz français subit les assauts distors de ses concurrents notamment dans l'utilisation des produits phytosanitaires. La Camargue concentre à elle seule plus de quinze législations environnementales : Natura 2000, Parc national, Parc régional, Znieff, Loi littoral etc. Au bout, « ce sont des impasses techniques qu'on nous impose », s'inquiète Marc Bermond, riziculteur dans le Gard. Même si les producteurs de riz français s'interdisent de semer du riz OGM et/ou NBT comme certains pays le font, « nous pourrions être tentés de le faire avec l'évolution du changement climatique », glisse Bernard Mazel. « En tout cas, nous sommes à l'écoute de l'Union européenne sur le dossier NBT », précise Marc Bermond.

 

« OBJECTIF : 20 000 HA »

Pour reconquérir quelques modestes parts de marchés, les riziculteurs français souhaitent privilégier le riz rond très utilisé dans les sushis. Il se valorise assez bien et il existe aujourd'hui une forte demande et « ça constitue une belle opportunité », souligne Bernard Mazel. La profession table, à plus ou moins long terme, sur un rapport 2/3 en riz rond contre 1/3 en long.

 

Les riziculteurs mettent également en valeur les services écologiques rendus par cette production qui permet de lutter contre le trait de côte, qui lutte contre la salinisation des terres. « Récemment, ce sont 300 ha de vignes qui ont été grillées au sel parce que le Conservatoire du littoral et des particuliers très écologistes n'entretiennent pas les canaux d'irrigation sur leurs domaines », peste Marc Bermond. « Or, le riz est l'un des meilleurs moyens de combattre la salinisation des sols », ajoute-t-il. Consommer du riz français, c'est aussi réduire les coûts d'importation et l'empreinte écologique. « le fret maritime entre la France et l'Asie du Sud-Est (Thaïlande, Laos, Vietnam, Cambodge) a été multiplié par cinq en deux ans. Ce sont autant de facteurs qui militent pour augmenter les surfaces rizicoles. Notre objectif est de revenir à 20 000 ha à moyen terme », explique Bernard Mazel pour qui « le riz français est le plus propre du monde ».

 

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