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Le RIP pour les animaux inquiète le monde agricole.

Il fait beaucoup parler de lui dans les milieux agricoles. Un référendum d’initiative partagée (RIP), a été lancé le 2 juillet par le journaliste Hugo Clément, avec l’appui de Jacques-Antoine Granjon, pdg de Veepee (ex Venteprivée.com), Marc Simoncini, fondateur de Meetic et Xavier Niel, créateur de Free, sur le sujet du bien-être animal.

Les consommateurs se déclarent de plus en plus préoccupés par la question du bien-être animal. Les partisans du référendum veulent notamment mettre fin à l’élevage intensif.
Les consommateurs se déclarent de plus en plus préoccupés par la question du bien-être animal. Les partisans du référendum veulent notamment mettre fin à l’élevage intensif.
© PIXABAY

Le RIP lancé par Hugo Clément propose six mesures pour améliorer la « responsabilité environnementale des êtres humains vis-à-vis des animaux». Parmi elles, l’interdiction de la chasse à courre, des spectacles avec animaux sauvages, de la reproduction des dauphins en captivité, de l’expérimentation animale lorsqu’il existe une alternative, mais aussi de l’élevage en cage dès 2025. Il demande aussi l’interdiction de construire des bâtiments d’élevage sans accès au plein air d’ici 2040. Derrière ce référendum, se cache-t-il des revendications plus radicales ?

Pour les syndicats agricoles dont la FNSEA, ce RIP vient du milieu antispéciste dont l’objectif est d’abolir l’élevage pour emmener la population vers le véganisme. Cette initiative semble diviser la classe politique française, avec des pour et des contre dans chaque parti, de droite ou de gauche. Seule la France Insoumise semble faire bloc autour du sujet.

 

700 000 SIGNATURES

Pour pouvoir devenir une proposition de loi, le RIP doit répondre à deux critères : être soutenu par au moins 185 parlementaires et être signé par 4,7 millions d’électeurs sur une période de neuf mois, ce qui correspond à un cinquième des députés et sénateurs et 10 % du corps électoral. Il est ensuite soumis à l’ensemble de la population par référendum. Pour l’instant, le RIP pour les animaux a obtenu le soutiende 140 parlementaires et la signature de 700 000 personnes.

Chaque clan, que ce soit les initiateurs du RIP ou les opposants, mène actuellement nombre d’actions pour convaincre les parlementaires restants. Des députés, tel Jean-Baptiste Moreau (Creuse), se distinguent en signant des tribunes dans la presse. Au sein de l’Assemblée Nationale, et plus particulièrement de la majorité présidentielle, le message n’est pas forcément facile à porter. « Certains se sont laissés attirer par les sirènes, mais je ne pense pas qu’il y ait encore des députés qui vont signer ce RIP. Au contraire, on en voit même certains retirer leur signature »,déclarait ainsi Jean-Baptiste Moreau à notre confrère Vincent Fermon de l’Action Agricole Picarde, lors d’un déplacement dans la Somme, le 12 septembre dernier. Ce qui l’inquiète en revanche, c’est une autre proposition de loi – celle qui demande entre autres l’interdiction de l’élevage en cages – déposée par cinq députés du groupe Ecologie démocratie solidarité (EDS) et anciens membres de la majorité.

 

« Sur le bien-être animal, il y a sans doute des choses à faire, mais c’est plutôt du côté des animaux de compagnie qu’il faut regarder, constate Jean-Baptiste Moreau. Pour ce qui est des animaux de rente, il y a déjà eu pas mal de choses faites. Dans le même temps, il faut rappeler que mettre 100 % des animaux dehors n’est pas non plus une solution. Il faut être prudent et ne pas tomber dans une forme de surenchère en sachant qu’aux yeux de certains, tout ce que nous pouvons faire n’est pas suffisant ».

 

INCOMPRÉHENSION ENTRE URBAINS ET RURAUX

Une vingtaine d’associations sont derrière ce référendum, dont la fondation Brigitte Bardot, L214, Compassion in World Farming France, Welfarm, Rewild, One Voice, SPA, CIWF, AVA ou encore GoodPlanet, la Fondation pour la nature et l’homme… De son côté, le gouvernement craint que le débat ne se focalise sur une incompréhension entre urbains et ruraux. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a confirmé au Space (salon virtuel qui avait lieu la semaine dernière à Rennes), qu’il redoutait un clivage des sociétés et qu’il était de sa responsabilité d’expliquer, citant par exemple le risque non connu par les citadins pour un cochon d’attraper des coups de soleil si on le laisse en plein air, ou pour les volailles d’attraper la grippe aviaire avec le survol des oiseaux migrateurs. Le défi désormais est-il celui de montrer la réalité, à condition qu’en face, on accepte d’ouvrir les yeux ?

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