Aller au contenu principal

Le groupe Depestele inaugure le teillage du Vexin.

Marc Depestele, le président du groupe s'y était engagé il y a quelques années : " si la production de lin est suffisante l'entreprise créera un site de teillage* dans le Vexin normand. " 

C'est chose faite, l'usine flambant neuve, est sortie de terre à Saussay-la-Campagne (Eure) et fonctionnera à plein régime d'ici quelques mois. Trois lignes de teillage permettront de traiter 30 000 à 40 000 tonnes de lin. Vingt millions d'euros ont été investis dans ce site et cinquante emplois seront créés. La construction de cet outil industriel privilégie la performance mais aussi le bien-être au travail et la sécurité. Poussières et niveau sonore ont été considérablement réduits. Le site bénéficie du label European Flax qui garantit traçabilité et pratiques respectueuses de l'environnement. L'usine se trouve au cœur d'un terroir de trente mille hectares propices à la culture du lin. 80 % de la production est située dans un rayon de vingt kilomètres. Ce qui devrait permettre de réduire l'impact carbone, le coût du transport et ainsi de mieux payer les producteurs. Notons que le prix varie de 800 à 2 000 euros la tonne en fonction de la qualité. Cette proximité est aussi un atout afin que les producteurs observent la transformation de leur lin et améliorent la qualité. Une histoire de famille La filière lin bénéficie d'une croissance de la demande mondiale et l'entreprise Depestele, premier producteur privé en Europe, accompagne son développement économique en Normandie avec le teillage de Bourguébus dans le Calvados, la linière de Bosc-Nouvel à Valmartin en Seine-Maritime et maintenant le Teillage du Vexin. Le groupe, dont le chiffre d'affaires est de 160 millions d'euros, travaille avec 900 exploitants agricoles, emploie 175 salariés et représente 10 % du teillage européen. Le développement du lin en Normandie est lié à cette famille de liniers originaires de l'autre pays du lin, la Belgique.

cinq générations

Depuis 1850, cinq générations de Depestele se sont consacrées au travail du lin. C'est dans les années 1950 qu'ils s'établissent en Normandie pour y tisser un réseau de spécialistes de cette fibre noble et naturelle. " La fibre de lin est un produit vivant, différente selon les années, plus ou moins grasse ou sèche ", déclare Vincent Depestele, directeur général du groupe.

Nulle surprise donc si près de mille personnes, agriculteurs, mécaniciens, clients, dont certains venus de Chine ou d'Inde, étaient réunies pour l'inauguration de la nouvelle usine. Une cérémonie émouvante au cours de laquelle les deux frères actuellement aux commandes, Marc et Vincent, ont transmis à leurs quatre enfants les rênes du groupe.

usages traditionnels et innovations

Le savoir-faire de l'entreprise s'exprime par un réseau de techniciens qui conseillent et accompagnent les producteurs dont certains multiplicateurs assurent la fourniture de semences de lin. Au total, 15 000 hectares de lin sont cultivés dans le Vexin, deux fois plus qu'il y a dix ans. Le groupe a également mis au point, grâce à son unité de recherche, des rubans de pièces composites à partir des anas de lin, ces fragments de pailles récupérées lors du teillage. Des composites issues de produits naturels amenés à remplacer les fibres de verre sont déjà utilisées par l'entreprise allemande Greenboat dans la construction de véhicules. Si le lin représente moins de 1 % des fibres textiles utilisées dans le monde, son engouement depuis une quinzaine d'années a entraîné une explosion des surfaces cultivées. L'Europe produit 80 % du lin mondial et la France 80 % du lin européen, notamment en Normandie et en Bretagne. 60 % de cette production est destinée aux vêtements, 30 % aux articles de maison et 10 % aux nouveaux produits technologiques tels les rovings composites. Les filatures chinoises achètent et transforment 70 % du lin mondial et revendent ensuite les produits finis aux Européens et aux Américains. Seule la France en Europe parvient, grâce à son savoir-faire dans le domaine de la mode, à maintenir une industrie textile pour des produits de qualité. En raison du coût de la main-d'œuvre, quelques filatures résistent dans les Hauts-de-France. Mais l'intérêt de la clientèle pour des produits naturels et rafraîchissants pourrait entraîner une montée en gamme.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Pour le moment, l'offre mondiale de grains reste abondante, justifiant le maintien des cours à un niveau relativement bas.
Le marché des céréales dans l'expectative pour la prochaine campagne.
La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, par où transitent d'importantes quantités de fertilisants et de…
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière.
Au Salon de l'agriculture 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE…
La mise à disposition d'un logement permet de stabiliser les équipes saison après saison.
Logement des saisonniers : pas une obligation, mais une solution.
Pour beaucoup d'employeurs agricoles, le logement du salarié saisonnier est perçu comme une contrainte imposée. En réalité, la…
Evolution des stades du lin fibre d'hiver (semaine 12 : 17 mars à la semaine 14: 31 mars).
Le Bulletin de santé du végétal.

L'avancée des stades de céréales suit son cours grâce aux bonnes conditions météorologiques des dernières semaines. Les…

L'Assemblée générale s'est tenue au centre de formation de Canappeville.
De grosses structures à soutenir, "c'est nouveau de notre côté".
Jeudi 2 avril, l'association Solidarité Paysans a tenu son Assemblée générale au centre de formation de Canappeville.
Des normes strictes s'appliqueront aux produits importés d'Inde.
L'accord de libre-échange UE-Inde : ce n'est pas le Mercosur.
Le 27 janvier 2026, l'Union européenne et l'Inde ont officiellement conclu un accord de libre-échange historique. Après des…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole