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Le cidre monte en gamme.

Le président de la section, Denis Gaillard (au centre), a été reconduit dans ses fonctions.
Le président de la section, Denis Gaillard (au centre), a été reconduit dans ses fonctions.
© Laurence Geffroy

« En trois ans de présidence, j’ai vécu deux ans avec des calamités agricoles dans lafilière », constate Denis Gaillard, pour la section fruits à cidre de la FNSEA de l’Eure, réunie le 10 janvier à Guichainville. Un gros travail a été effectué par la profession avec l’appui de la DDTM sur les barèmes selon le type d’arbres (cidre, industrie, jus,table). Pour l’épisode de gel de 2019, le comité national se réunira le 29 janvier pour statuer. Les autres dossiers syndicaux abordés lors de cette réunion ont été les ZNT, et les aides de l’Etat à la plantation de vergers.

Thomas Pelletier, président de la fédération nationale des producteurs de fruits à cidre, était là pour faire le point sur les actualités. Il a présenté quelques données, dont l’évolution de la récolte : 166 000 tonnes en 2019, comme en 2018, deux petites années. Le premier débouché reste le cidre, suivi du calvados. Il a listé les transformateurs les plus importants : Agrial avec 130 000 tonnes, Val de Rance avec 10 000 tonnes, Busnel-Préaux (La Martiniquaise) avec 5 000 tonnes. Il a rappelé que les variétés acidulées et pur jus « ont le vent en poupe, notamment grâce à leur utilisation dans les bouteilles de multifruits ».

 

NOUVEAU RENDEZ-VOUS

En 2019, outre les périodes clés de l’Epiphanie et de la Chandeleur, l’interprofession Unicid a instauré un nouveau rendez-vous pour le consommateur, lors de la fête des mères. Le bilan est positif avec un pic de ventes à ce moment-là. On retrouvera donc cette opération en 2020. Sur la politique du « moins cher possible », Thomas Pelletier explique que l’on va désormais vers plus de qualité. « La course aux volumes, c’est terminé ». Le cidre monte en gamme, mais ces efforts auxquels participent les producteurs« doivent être valorisés par le prix ». Si le premier prix se situe autour de deux euros la bouteille, on devrait pouvoir en trouver à six euros sans que le consommateur trouve cela trop cher. « C’est un problème de dégustation, pense Denis Gaillard, certains n’ont jamais goûté de cidre de leur vie, même en Normandie ».

Une image trop « populaire » lui colle à la peau. « On souhaite en sortir pour en faire un produit naturel, de proximité et de qualité. », ajoute Thomas Pelletier. Il en est de même pour le calvados, qui souffre de la comparaison avec le cognac, plébiscité à l’export, notamment aux Etats-Unis auprès de jeunes. La filière a embauché un rappeur, 50 Cent, pour en faire la promotion. L’Unicid qui gère la communication du cidre, a un budget de 3,5 millions d’euros. Si auparavant, elle privilégiait le médiaradio, elle se tourne aujourd’hui vers les influenceurs sur les réseaux sociaux et s’est appuyé sur un chef, Thierry Marx qui est venu tourner une vidéo chez Eric Doré, un producteur de l’Eure. Le reste du budget est consacré à la fête des mères et au salon de l’agriculture. Un travail de longue haleine attend la filière mais avec l’image des vergers et ses atouts environnementaux, il y a sûrement une carte à jouer.

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