Aller au contenu principal

La micro-méthanisation des petites exploitations.

Souvent surdimensionnées, les installations de méthanisation ne sont pas toujours adaptées aux besoins des petites exploitations. Toutefois, à plus petite échelle, la micro-méthanisation permet de valoriser les déchets d’élevage tout en gagnant en autonomie énergétique.

« L’objectif est de promouvoir une méthanisation
au service de l’exploitation, et pas l’inverse », insiste Régis Perier, responsable du service Espaces, territoires, environnement à la chambre d’agriculture de l’Ardèche, lors d’une journée technique sur le sujet.
« L’objectif est de promouvoir une méthanisation
au service de l’exploitation, et pas l’inverse », insiste Régis Perier, responsable du service Espaces, territoires, environnement à la chambre d’agriculture de l’Ardèche, lors d’une journée technique sur le sujet.
© DR.

Depuis une dizaine d’années, les projets de méthanisation à la ferme se multiplient.

Mais comment fonctionne un méthaniseur ? Le principe est simple, comparable au système digestif d’un bovin : il faut nourrir la bête ! Ainsi, les déchets de l’exploitation (fumier, lactosérum, restes de désherbage…) sont jetés dans un « biodigesteur » et vont se dégrader pour se transformer en biogaz (méthane et CO2) et en « digestat » utilisable comme fertilisant. Un principe simple, qu’il est désormais possible d’exploiter dans de petites fermes grâce à des installations de micro-méthanisation.

 

DES INSTALLATIONS SIMPLES À L’ÉCHELLE DE L’EXPLOITATION

Certaines entreprises, à l’instar de la société bretonne Enerpro, proposent des solutions de micro-méthanisation à l’échelle de l’exploitation, sans recours à des intrants extérieurs. « On est sur des systèmes d’auto consommation à partir des déchets d’élevage, simples d’usage et rentables », explique Nicolas Angeli d’Enerpro.

Pour le traitement du lactosérum et des liquides, un module dit « compact » de biodigesteur envoie liquide est proposé : « Il s’agit d’un cube de 20 m3 – ou plus – en béton, d’environ 20 m de diamètre, que l’on enterre, explique Nicolas Angeli. Cela peut permettre le traitement de 5 000 l de lactosérum par semaine, et permet d’alimenter l’énergie pour la production d’eau chaude de la fromagerie et de la maison d’habitation, soit une économie d’environ 6 000 euros par an. » Ce système permet également de traiter et d’épurer le lactosérumsans frais.

Un autre module dit de « casiers » permet de traiter le fumier par voie solide, pour entirer de l’énergie. « L’agriculteur charge le fumier dans le casier digesteur tous les 15 jours, qui est converti ensuite en énergie pour l’auto consommation à la ferme, précise Nicolas Angeli. Cela permet aussi d’avoir à disposition un fertilisant de qualité prêt à épandre. »

Pour l’une comme l’autre de ces installations, comptez un investissement d’environ 30 000 euros. Pour l’heure, il n’existe pas de module de digesteur capable de traiter à la fois des déchets liquides (lactosérum, etc.) et solides (fumier).

 

DES INSTALLATIONS TOURNÉES VERS L’AUTO CONSOMMATION

Avec la micro-méthanisation, l’objectif est avant tout de réaliser des économies sur la ferme – voire la maison d’habitation – en réduisant sa facture énergétique (eau chaude sanitaire, chauffage, eau chaude ou eau froide pour l’atelier de transformation…). La création d’un chiffre d’affaires supplémentaire n’es tdonc ici pas le but. Enercoop propose toutefois aussi de plus grosses installations en cogénération pour produire et vendre de l’électricité, mais elles nécessitent un apport d’intrants beaucoup plus important, celles-ci sont donc moins adaptées aux petites fermes. « La micro-méthanisation permet aussi de traiter les déchets directement sur place et ainsi d’éviter de grandes contraintes logistiques », souligne encore Nicolas Angeli. Enfin, en termes d’image, la micro-méthanisation donne un signal dynamique et moderne des exploitations agricoles.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Sébastien Lecornu, Premier ministre, s'adresse aux agriculteurs.
Lettre ouverte du Premier ministre aux agriculteurs de France.
Mesdames et Messieurs, Je ne vous écris pas pour vous rassurer, mais pour vous dire les choses clairement.
Quel matériel utiliser pour nettoyer et pailler les logettes ?

L’entretien quotidien des logettes est une opération indispensable pour assurer le confort et le bon état sanitaire des bovins…

Les principales étapes de fabrication du fromage.
Comment fabriquer des fromages à la ferme en Normandie ?
De nombreux agriculteurs normands transforment leur lait à la ferme pour mieux le valoriser, notamment en fromages. Malgré un…
Véritable succès pour les parades des tracteurs illuminés !

Afin de célébrer les fêtes de fin d’années, les jeunes agriculteurs de l’Eure ont paré leurs tracteurs de guirlandes…

Outre la ville de Bayeux et les Normands, les liniculteurs et partenaires sont à fond derrière l'équipe locale pour cette coupe de France.
Florian Lemasson, du champ de lin au stade de foot.
Florian Lemasson, responsable cultures et semences à la Coopérative linière du nord de Caen, s'est illustré mardi dernier pour un…
Figure 1 : résistance au piétin-verse repérée par marquage moléculaire du gène Pch1 chez des variétés de blé tendre.
Le génotypage couplé au phénotypage permet de caractériser plus rapidement les variétés.
Rapidité, essais raisonnés, maîtrise des coûts... Combiner le marquage moléculaire à du phénotypage classique accélère le…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole