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La betterave euroise résiste avec des surfaces stables en 2023.

La campagne 2022 affiche des résultats agronomiques mitigés. Le 19 janvier, la CJUE interdisait toute dérogation à l'utilisation des néonicotinoïdes. En parallèle, la CGB invite les planteurs à voter pour élire les membres de la commission répartition de valeur des sucreries du groupe Saint-Louis Sucre. Ils ont jusqu'au 7 février.

Pour les planteurs de l'eure, La campagne betteravière 2022 restera un mauvais souvenir. Elle se solde par des résultats agronomiques très mitigés et hétérogènes.
Pour les planteurs de l'eure, La campagne betteravière 2022 restera un mauvais souvenir. Elle se solde par des résultats agronomiques très mitigés et hétérogènes.
© REUSSIR SA

BILAN DE PRODUCTION 2022

La campagne betteravière 2022 pour les planteurs de l'Eure restera un mauvais souvenir. Elle se solde par des résultats agronomiques très mitigés et hétérogènes : des résultats à l'ouest du département qui ressortent à des niveaux corrects avec une moyenne de 88 t à 16° (betterave entière) et des résultats à l'est plus proches des 75 T à 16° pour tendre vers une moyenne départementale à 80 T à 16°. Ce niveau de performance s'établit dans le dernier tiers du classement des régions françaises betteravières ressortant à une moyenne nationale de 83 T à 16° (betterave entière), témoignant ainsi du fort impact de la sécheresse dans notre département.

Après une période de gel sur les 15 premiers jours de décembre, le redoux a été très fort dès le 20 décembre, induisant un dégel brutal, avec une dégradation de la qualité des betteraves à travailler sur janvier notamment celles des pieds de silos qui n'ont pas été suffisamment protégées par les bâches de protection. Double impact : des taux de Betteraves Non-Marchandes (BNM) qui se sont élevés pour les planteurs et une marche usine ralentie ce qui s'est traduit par une fermeture de la sucrerie d'Étrépagny au 13 janvier après 113 jours de campagne.

 

PREPARATION DES SEMIS 2023

À ce jour les commandes de graines se terminent pour les semis 2023 ; dans le département de l'Eure, les surfaces betteravières devraient se maintenir à leur niveau 2022. Les planteurs de betteraves ont dû faire face à la décision de la CJUE du 19 janvier dernier, interdisant toute dérogation aux NNI en termes de protection insecticide contre les pucerons. Les planteurs partiront donc avec des semences ayant un traitement Standard ou Force 8 nécessitant une protection insecticide en foliaire.

Pour 2023 en lutte foliaire contre les pucerons, les planteurs disposeront du Teppeki à base de flonicamide et du Movento (utilisation annuelle par dérogation demandée par l'ITB pour 3 passages) à base de spirotétramate. Une étude d'autorisation est en cours pour deux nouvelles molécules sur betteraves, mais plutôt pour 2024. L'optimisation du positionnement des produits reposera sur l'utilisation d'un modèle amélioré de prévision d'apparition des pucerons et l'amplification du réseau de surveillance dans chaque bassin betteravier ; les équipes ITB sont bien entendu mobilisées sur le sujet.

 

DECISION DE LA CJUE

Rappelons que la dérogation NNI répondait à une absence d'alternatives efficaces en termes de protection de nos betteraves contre les pucerons virulifères, et donnait du temps à la recherche. Dans un souci de ne pas subir de distorsion de concurrence, nous observerons attentivement la réaction des pays européens ayant déjà accordé une dérogation d'utilisation des NNI en 2023. Nous demandons également à ne pas accepter d'importations de sucre ou d'éthanol provenant de pays ne respectant pas les interdictions de l'Europe.

Pour les betteraviers français, les alternatives aux NNI sur le calendrier 2024... 2025... proviendront des résultats des travaux émanant du Plan National de Recherches et d'Innovation mis en place depuis deux ans, et qui étudie toutes alternatives à l'utilisation des NNI avec 23 projets suivis par l'ITB, l'INRAe et les semenciers. Les travaux portent tant sur des plantes compagnes, que du biocontrôle, ou encore la génétique qui devrait nous apporter les meilleures réponses, mais plutôt dans 2/3 ans avec des variétés tolérantes à la jaunisse. La recherche n'est pas le temps du politique et encore moins le temps des règlements européens !

Cette décision brutale était totalement inattendue pour le gouvernement, car à l'opposé des conclusions de l'avocat général qui lui avaient été remises en septembre 2022. Elle a donc pris toute l'interprofession Betterave-Sucre à revers à la veille des semis 2023. Nous nous retrouvons sans solutions suffisamment solides pour permettre aux agriculteurs de s'engager avec des risques mesurés acceptables.

Les planteurs sont inquiets, et ces inquiétudes pourraient entraîner des dégâts irréversibles sur notre filière betterave-sucre, sur l'économie de nos territoires et sur notre souveraineté alimentaire (sucre, biocarburant).

Ce n'est pas le bien-fondé d'une telle décision qui pose problème, c'est la méthode et le rythme que l'on nous impose pour s'y adapter, le sujet n'est pas propre à la filière betterave c'est toute l'agriculture qui est pénalisée, nous laissant comme seule alternative de réclamer des indemnisations qui ne pourront pas durablement compenser les manques de compétitivités et les distorsions de concurrences au sein même de l'UE.

L'Europe doit tenir compte des réalités de ses agriculteurs sous peine d'alourdir le risque d'une désindustrialisation voire d'une désertification de ses campagnes ! La France en tout premier lieu !

En agriculture, pas d'interdictions sans solutions ! et protégeons notre souveraineté alimentaire ; ces slogans pourraient bien être repris très prochainement lors d'actions syndicales en préparation par la filière betterave associée à la FNSEA/FNRBP.

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