Éviter les semis trop précoces.
La campagne 2025-2026 a permis des bons créneaux d’implantations des céréales. La plupart des semis se sont déroulés dans de bonnes conditions avec une grande partie des parcelles semées autour de la mi-octobre et de début novembre dans un second temps.
La date de semis doit répondre en premier lieu à un objectif de praticabilité de l’implantation : il faut pouvoir intervenir dans des conditions de ressuyage satisfaisantes, pour ne pas pénaliser la levée de la culture et assurer une bonne implantation. Il faut également raisonner la date de semis en fonction de la variété choisie : ce choix va conditionner la vitesse de développement de la plante, et par conséquent l’apparition des stades de sensibilité à des accidents climatiques. Semer trop tôt expose essentiellement à des risques accrus de :
• Accidents de sortie d’hiver (gel, excès d’eau…).
• Pression graminées : les semis précoces sont très favorables aux adventices automnales et plus particulièrement aux graminées (brome, vulpin, ray-grass). Sur les espèces à germination automnale tardive (véronique à feuilles de lierre par exemple) ou à germination indifférenciée (matricaire, pâturin annuel…), l’enjeu est plus faible.
• JNO : la durée de présence de pucerons porteurs du virus de la jaunisse nanisante de l’orge est favorisée.
• Piétin échaudage et piétin verse : semer tôt favorise ces deux maladies du pied. A l’inverse, semer trop tardivement peut conduire à des cultures moins développées, ou au développement plus tardif à floraison, et donc plus exposées à des risques d’échaudage en cours de remplissage des grains.
Les variétés « tardives » nécessitent de la vernalisation et/ ou des journées longues pour faire leur transition florale et s’engager vers la montaison. Quant aux variétés précoces, elles n’ont pas de tels freins et arrivent à épi 1 cm très vite si la température le permet. C’est pour cela que les « tardives » peuvent être semées tôt, alors que les implantations des « précoces » doivent être retardées. Par ailleurs, il est déconseillé de semer tôt des variétés trop précoces à montaison dans les secteurs où les gelées tardives sont fréquentes, ou de semer tardivement une variété à cycle long pour éviter le risque accru d'échaudage.
A savoir : avancer la date de semis en espérant esquiver l’échaudage est peu efficace : une anticipation de 10 jours du semis n’avance l’épiaison que de 2 jours.