Aller au contenu principal

ESOD : l'Eure conserve quatre espèces et récupère la pie bavarde.

Après près de deux mois d'attente et une interruption des opérations de destruction depuis le 1er juillet, le nouvel arrêté ministériel fixant la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) du groupe 2 est enfin paru au Journal officiel.

Dans l'Eure, la pie bavarde peut être piégée.
Dans l'Eure, la pie bavarde peut être piégée.
© © FNC

Le nouvel arrêté fixant la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD) est enfin publié. Dans l'Eure, cette décision était particulièrement attendue par les chasseurs, les agriculteurs et les acteurs du monde rural, qui peuvent désormais connaître les espèces concernées et les conditions de leur régulation pour les trois prochaines années.

Un classement fixé pour trois ans, jusqu'au 30 juin 2029

Tous les trois ans, le gouvernement établit la liste des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts, communément appelées ESOD. Ce classement permet d'encadrer leur régulation par le tir, le piégeage, la capture ou, pour certaines espèces, le déterrage.

L'objectif est notamment de prévenir ou de limiter les dégâts occasionnés aux cultures, aux élevages et à certaines activités agricoles, mais également de protéger certaines populations de petit gibier.

L'arrêté publié le vendredi 21 août 2026 fixe les espèces concernées ainsi que les conditions de leur régulation pour les trois prochaines années. Selon les espèces et les départements, certaines mesures sont soumises à des conditions particulières ou à une autorisation préfectorale.

Une bonne nouvelle pour l'Eure

Après plusieurs semaines d'incertitude et de mobilisation, le classement attendu est désormais officiel.

Dans l'Eure, le renard, la fouine, le corbeau freux, la corneille noire et l'étourneau sont maintenus dans la liste des ESOD. La pie bavarde, quant à elle, fait son retour.

Cette décision est particulièrement importante pour les secteurs agricoles et pour les territoires où sont menées des actions de conservation et de repeuplement du petit gibier.

Des conditions de régulation précises

L'arrêté ministériel définit précisément les périodes et les conditions dans lesquelles les différentes espèces peuvent être régulées.

Le renard peut être piégé et déterré en tout lieu. Sa destruction à tir peut également être autorisée par le préfet dans les conditions prévues par l'arrêté, notamment entre la clôture générale de la chasse et le 31 mars.

La fouine peut notamment être piégée toute l'année dans certaines conditions, notamment à proximité des bâtiments, des élevages ou sur des terrains consacrés à l'élevage avicole.

Le corbeau freux et la corneille noire peuvent être détruits à tir entre la clôture générale de la chasse et le 31 mars. Dans certaines situations, cette période peut être prolongée, sous conditions et après autorisation préfectorale, lorsque des intérêts protégés par la réglementation sont menacés ou afin de prévenir des dommages importants aux activités agricoles.

Le piégeage du corbeau freux et de la corneille noire reste possible toute l'année et en tout lieu. Le tir dans les nids est interdit.

L'étourneau sansonnet peut être détruit à tir entre la date de clôture générale de la chasse et le 31 mars au plus tard. La période de destruction à tir peut être prolongée jusqu'à la date d'ouverture générale de la chasse, sur autorisation individuelle délivrée par le préfet et dès lors qu'il n'existe aucune autre solution satisfaisante et que l'un au moins des intérêts mentionnés à l'article R. 427-6 du code de l'environnement est menacé. Il peut être piégé toute l'année et en tout lieu.

La pie bavarde fait son retour

Le retour de la pie bavarde dans le classement constitue l'un des principaux éléments à retenir pour l'Eure. La pie bavarde peut être piégée sur l'ensemble du département.

Sa destruction à tir peut être autorisée par le préfet entre la clôture générale de la chasse et le 31 mars. Dans certaines situations, cette période peut être prolongée jusqu'au 10 juin, voire jusqu'au 31 juillet pour prévenir des dommages importants aux activités agricoles, sous réserve du respect des conditions réglementaires.

Une reprise des opérations dans le respect de la réglementation

Avec la publication de cet arrêté, les opérations de régulation des espèces désormais classées peuvent reprendre, dans le strict respect des dispositions réglementaires en vigueur.

Cette reprise est particulièrement attendue dans les secteurs où sont conduites des opérations de repeuplement en perdrix ou en faisan commun, afin de favoriser leur réussite et de limiter les prédations susceptibles de compromettre ces actions.

L'arrêté rappelle également qu'en cas de capture accidentelle d'un animal appartenant à une espèce qui n'est pas classée ESOD, celui-ci doit être immédiatement relâché.

La LPO a d'ores et déjà annoncé son intention de déposer un recours juridique contre le nouvel arrêté.

Une mobilisation à saluer

Un grand merci à la Fédération des chasseurs, mais également à tous les chasseurs et acteurs du monde rural qui ont répondu présents et se sont mobilisés durant ces derniers mois. Cette mobilisation et cette détermination ont permis de faire entendre la réalité du terrain et de défendre la nécessité d'une régulation adaptée dans notre département.

Cette mobilisation doit désormais se poursuivre par un effort collectif de déclaration des dégâts et de remontée des observations de présence des espèces. C'est en documentant régulièrement la réalité du terrain que nous disposerons des éléments nécessaires pour défendre le maintien de ces classements lors du prochain dossier.

Après près de deux mois d'attente, l'Eure conserve donc quatre espèces dans le classement des ESOD et récupère la pie bavarde, permettant ainsi de disposer à nouveau d'un cadre réglementaire pour leur régulation. Mais pour préparer l'avenir et notamment l'échéance de 2029, chacun doit désormais contribuer à faire remonter les données de présence et les dégâts constatés (lire page suivante).

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Flora Rouillé, co-responsable de site chez Agriméthane en Ouche dans l'Orne.
L'agriculture évolue, la méthanisation aussi. Les femmes y ont leur place !
Les agricultrices représentent une part croissante du monde agricole, mais restent encore trop souvent peu visibles. Pourtant,…
Face aux enjeux de rentabilité et de valorisation des productions, la maîtrise du prix de revient s'impose comme un indispensable pour vendre au juste prix.
Calculer son prix de revient : un outil stratégique pour les circuits courts.
Face aux enjeux de rentabilité et de valorisation des productions, la maîtrise du prix de revient s'impose comme un indispensable…
L'artisan doit avertir le client des risques susceptibles de compromettre la mise en service d'une installation.
Travaux électriques : une décision de justice rappelle les obligations des professionnels.
Une récente décision de la Cour de cassation vient rappeler que les artisans ne sont pas seulement tenus d'exécuter les travaux…
Cyrus McCormick.
McCormick ou " la moisson de l'inventeur ".
À l'occasion du 250e anniversaire de la création des États-Unis, notre journal brosse le portrait de personnalités américaines…
Le réseau FNSEA s'est mobilisé pour défendre un traitement fiscal adapté au GNR agricole.
GNR : une fiscalité spécifique préservée.
La fiscalité du carburant agricole est un sujet majeur pour la compétitivité des exploitations. Depuis plusieurs années, le…
Colza : réussir l'implantation malgré des sols secs.
Dans un contexte de fortes chaleurs couplées à l'absence de précipitations suffisantes, Terres Inovia propose une analyse de la…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole