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Ecophyto II+ : plus de 300 projets financés en Normandie.

Arnaud Pignolet (EARL des Bidots à Saon-14) s'est engagé en 2021 et pour 5 ans dans un dispositif PSE (Paiement pour Service Environnemental). Une suite logique aux CTE (2000) et Maec (2016) visant à des pratiques plus respectueuses de l'environnement et plus particulièrement de l'eau. Le 27 octobre dernier, il a ouvert les portes de son exploitation aux différents acteurs.

Arnaud Pignolet : « on fait moins de maïs mais on ne pourrait pas s'en passer. Et d'ajouter : du maïs derrière prairie et sans traitement à 18 t/MS cette année ».
Arnaud Pignolet : « on fait moins de maïs mais on ne pourrait pas s'en passer. Et d'ajouter : du maïs derrière prairie et sans traitement à 18 t/MS cette année ».
© TG

141 dans la Manche, 36 dans l'Eure, 56 en Seine-Maritime, 50 dans l'Orne et 48 dans le Calvados dont l'Earl des Bidots dans le Bessin (14)... 301 exploitations normandes se sont engagées dans Ecophyto II+ dont l'objectif est la réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires. Un investissement global de 11,5 MEUR en bineuse, houe rotative, herse étrille et tout le matériel inhérent à la chaine verte. A la barre l'Etat avec la DRAAF à l'échelon régional, l'Agence de l'Eau Seine-Normandie pour sa contribution financière (plus de 4 MEUR), les Chambres d'agriculture pour leur contribution technique et un accompagnement de proximité en partenariat avec les syndicats d'eau locaux. Tous ces acteurs se sont retrouvés le 27 octobre dernier en plein coeur du territoire du syndicat d'eau potable du Molay-Littry (14) où pâturent les 150 vaches (principalement des Montbéliardes) de l'Earl des Bidots.

 

PLUS DE PRAIRIE

Dernier investissement en date sur l'exploitation, une faneuse de 9 mètres (aide de 35 % de l'Agence de l'Eau). Un investissement individuel et pas en Cuma comme d'autres matériels « parce que tout le monde en a besoin en même temps », justifie Arnaud Pignolet. C'est qu'ici, le vert des prairies domine : 30 ha de permanente et 45 ha de naturelle avec pâturage du 15 avril au 15 octobre. Mais le vert du maïs n'a pas pour autant totalement disparu. « Avant la Maec, j'en semais 55 ha. Depuis, 28 ha sont repartis en prairie, mais on ne peut pas totalement se passer du maïs. » Dans ce coin de marais, le maïs n'est pas le petit vilain canard qu'il faut arroser et que l'on traitait jadis à l'atrazine. Laurent Boissel, président du Siaep (Syndicat intercommunal d'Alimentation en Eau potable), s'en souvient : « un enjeu depuis 20 ans. La situation évolue dans le bon sens ». Preuve que les techniques ont évolué. « Je fais du maïs derrière prairie sans traitement », insiste Arnaud Pignolet. Pour cela, il joue sur les dates de semis et le désherbage mécanique. « Pour remplacer un herbicide, il faut toute une panoplie de matériels », rebondit-on du côté de la Chambre d'agriculture. Il faut aussi un peu compter sur le ciel.

Sur cette zone d'alimentation des captages de la source Saint-Clair et des Gosselines, 31 agriculteurs se sont engagés correspondant à plus de 60 % des surfaces. Le PSE a permis d'embarquer quelques volontaires supplémentaires. « Un dispositif moins normé et qui s'adapte à un contexte spécifique », font remarquer ses promoteurs. « Quand c'est simple, ça marche, avance pragmatique Jean-Yves Heurtin (président de la Chambre d'agriculture du Calvados). Il est important de donner de la souplesse pour proposer quelque chose qui nous ressemble », mais de regretter que « pour Ecophyto 2030, on n'est pas consulté » (lire ci-contre). Du côté de la Draaf, l'objectif affiché est de massifier les pratiques vertueuses. Cela passe aussi par la formation (7 exploitations d'établissement d'enseignement agricole dans les réseaux Dephy) et l'information à travers les 180 BSV (Bulletin de Santé du Végétal qui fédère 8 filières, 50 structures partenaires, 220 observateurs, 620 parcelles et 6 300 observations). Et par le bio ? Ce n'est qu'une partie de la réponse, mais il ne faut pas le faire à marche forcée. Sans opposer les styles, Arnaud Pignolet considère « qu'on peut faire aussi bien en conventionnel qu'en bio. Il suffit de bien travailler ou travailler différemment ». Depuis qu'il s'est installé en 1997, il n'a jamais utilisé de glyphosate, mais il ne se l'interdit cependant pas. Et de conclure : « ma fierté réside dans mon engagement actif envers la préservation de notre ressource en eau. Je suis résolu à poursuivre l'innovation, à prendre part aux essais de culture et à continuer de partager mes pratiques comme cela a été le cas lors de nos journées portes ouvertes en 2023 ».

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