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Du quinoa bio dans les assiettes euroises

Les Thilliers-en-Vexin, dans l’Eure. Virginie Bernard a radicalement changé de pratiques en 2017 quand elle a décidé de passer son exploitation de 160 hectares (luzerne, lin, maïs) en bio et de développer de nouvelles cultures pour les vendre en direct, afin de créer de la valeur ajoutée.

Virginie Bernard montre sa nouvelle culture de quinoa à Marie-Christine Join-Lambert, le 15 juillet.
Virginie Bernard montre sa nouvelle culture de quinoa à Marie-Christine Join-Lambert, le 15 juillet.
© L.G

Ce revirement de situation, « après avoir passé 25 ans seule sur l’exploitation », a permis l’installation de ses deux fils et a créé trois emplois, dont deux en CDI. Marius s’est installé à côté sur une petite surface avec un atelier avicole et Eliott a pour projet de fabriquer des pâtes artisanales à partir de blé dur grâce à l’acquisition d’une machine italienne. Il y a un an, l’agricultrice a investi dans un distributeur de 96 casiers qu’elle a baptisé « Pousses de là », placé à proximité de la ferme. Elle y propose ses graines de quinoa, de chia, ses lentilles (vertes, roses et beluga) et ses pois chiches. Tout est réalisé sur place, du semis à la vente, en passant par le tri et la mise en sachets. Grâce à l’acquisition d’une presse, elle produit aussi de l’huile de tournesol, de lin et de cameline. Cette dernière a un petit goût d’artichaut qui séduit les consommateurs. Semée avec la lentille, elle joue le rôle de tuteur. Pendant le confinement, le distributeur a bien fonctionné et Virginie Bernard a souhaité y ajouter une partie réfrigérée pour pouvoir proposer d’autres produits. Pour cela, elle a demandé au Département de l’Eure une subvention (3 600 euros sur un total de 9 000 euros) dans le cadre de sa politique sur les petits investissements. La collectivité lui a également permis d’acquérir une peseuse ensacheuse pour ses protéagineux bio (3 990 euros pour un total de 9 975 euros). L’expression « du champ à l’assiette » n’a jamais aussi bien fonctionné, l’exploitation étant toute proche du silo « bio » de Guitry géré par la coopérative Sévépi. L’agricultrice fait appel au cercle d’échanges pour gérer le travail des champs. « Avec le bio, on raisonne au semoir et il y a plein de possibilités », explique Virginie. Elle consacre 30 hectares de ses surfaces pour ses graines qu’elle vend via le distributeur et bientôt dans les magasins de la chaine Biocoop. Elle les propose aussi dans certains établissements scolaires et maisons de retraite. Elle livre ainsi 500 kilos de quinoa bio à un collège d’Evreux à l’année. « Mon objectif est d’avoir une récolte d’avance pour pouvoir répondre à la demande ».

Marie-Christine Join-Lambert, vice-présidente du conseil départemental de l’Eure en charge de l’agriculture, est venue visiter la ferme mercredi 15 juillet. « Vous étiez avec nous au salon de l’agriculture cette année. On fait venir des producteurs car on a besoin de communiquer et de valoriser ce qui est fait dans l’Eure. » elle rappelle que le département consacre 6 millions d’euros à l’agriculture, dont elle se dit « consciente de l’évolution nécessaire pour s’adapter au climat et aux souhaits nouveaux de la population. Il est intéressant de voir de nouvelles productions, même si on n’oblige pas tout le monde à passer en bio ». Les subventions aux petits investissements proposées par le Département remportent un beau succès avec près d’un million d’euros qui ont été distribués à 343 agriculteurs depuis 2017. A cela s’ajoute la plateforme. « C’est fait dans l’Eure » en partenariat avec la chambre d’agriculture pour « répertorier » les producteurs. « Avec le covid le site de mise en relation a trouvé sa plénitude avec un pic à 1177 visiteurs les 28 et 29 mars, contre 200 en moyenne avant la période de confinement » se réjouit l’élue.

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