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Digitalisation et IA au menu des travaux d'AS 27.

Avec la digitalisation et l'IA (Intelligence Artificielle), les tâches standardisées vont s'automatiser. Le métier de comptable va évoluer vers plus d'analyse et de conseil. Pour Gilles Lancelin (président d'AS 27), on va assister "à une montée en puissance vers le conseil stratégique".

AS 27 a tenu le 17 juin dernier, à Evreux, son assemblée générale. L'occasion de saluer un départ, Anne Corson juriste qui fait valoir ses droits à la retraite, et des arrivées : Andréa Prentout (juriste), Clément Jaunet (assistant comptable), Annabelle Lemordant Vimbert (conseillère gestion) et Maureen Muset (comptable conseil). Fort de ses 30 collaborateurs et de ses 3 antennes (Evreux 50 % de l'activité, Bernay 30 %, Les Andelys 15 %, 4 % des autres dossiers concernent le hors département), AS 27 poursuit son développement avec aujourd'hui 720 dossiers contre 685 en 2024. "Mais avec un BIC à 20 % maximum, nous gardons note spécificité agricole", a insisté Gilles Lancelin, son président. Une expertise comptable, analytique et de conseils au service de la Ferme départementale dans un contexte de basculement vers la facture électronique. "L'obligation de recevoir des factures électroniques s'appliquera à l'ensemble des entreprises au 1er septembre 2026 et l'obligation d'émettre au 1er septembre 2027 pour les PME. Un grand changement pour vous," a rappelé Céline Lefevres, directrice d'AS 27. Pour passer ce cap, différents outils sont proposés. Tout d'abord Isanet Fact, plateforme de facturation en ligne accessible à tout moment et partout, simple à mettre en place et à utiliser. Enfin Amicompta, une solution d'IA qui automatise la saisie des écritures comptables.

Dans son rapport d'orientation, Gilles Lancelin considère que "le métier de comptable ne va pas disparaître mais fortement évoluer vers plus d'analyse et de conseil. On va assister à une montée en puissance vers le conseil stratégique".

charges de méca : du simple au double

Un conseil stratégique qui pourrait prendre à bras-le-corps la question des coûts de mécanisation. "L'investissement devient parfois un gouffre", juge Gilles Lancelin et de s'interroger sur la rentabilité des exploitations plus particulièrement en zones intermédiaires. Première piste à explorer, le retour à de l'élevage comme l'aviculture en quête de m2. Pour ce faire, la profession a besoin de simplification administrative et de cohérence de la part du consommateur citoyen. Pas gagné d'avance !

Autre levier, la maîtrise des charges de mécanisation. Les chiffres parlent : de 500 à plus de 1 000 €/ha en fonction de la typologie d'exploitation et selon une étude menée par AS 27. Des charges qui ne se diluent pas forcément dans l'agrandissement. "Plus t'es gros, plus ça coûte cher", a-t-on pu entendre. "Ça dépend quand même des choix stratégiques, notamment en matière de défiscalisation", pondèrent les spécialistes. Xavier Dufourg (vice-président d'AS 27), 130 ha dont 80 de céréales sans employé, a trouvé sa solution : "le Cercle d'Échanges. Je ne ferai pas marche arrière. Ma moisson se fait en quelques jours et on a affaire à des professionnels". De quoi satisfaire Pascal Allard (directeur du Cercle d'Échanges) qui se désole "de n'avoir jamais pu vendre le Cercle sur le volet économique mais sur des questions d'organisation de travail ou grâce à de nouveaux matériels performants. Cette année, vous allez encore payer le matériel acheté il y a 3 ans. On n'investit pas sur la fiscalité et on n'achète pas du matériel par rapport à ce qu'il y a chez le voisin".

Autre piste : la Cuma. "Un mouvement créé par les Bretons parce qu'ils étaient dans la mouise," a rappelé Denis Letellier (animateur de la Fédération Cuma Seine Normandie). On en comptabilise seulement 80 dans le département mais, "au-delà du matériel, elles peuvent se développer grâce à la main-d'œuvre. La Cuma permet parallèlement de prendre des risques sur de nouvelles technologies".

attention aux investissements induits

Depuis 2-3 ans et dans certains territoires de l'Eure, on constate une dégradation des EBE (Excédent Brut d'Exploitation). La faute à un 200 ch qui tire une faneuse ? "Il faut penser aux investissements induits", a rebondi Régis Chopin. "Une moissonneuse plus large, ça veut dire des remorques plus grosses et une adaptation du débit des installations de stockage sinon c'est direction la coopérative ou le stockeur privé. Or, le stockage à la ferme est une source de plus-value pour l'agriculteur".

L'IA (Intelligence Artificielle) peut-elle constituer une planche de salut ? "Elle permet d'optimiser la collecte agricole multisites grâce à un algorithme réduisant les délais et les kilomètres parcourus", illustre à titre d'exemple Laurent Tripied (formateur et consultant). Et d'évoquer "la solidarité mécanique des années 1945 à la solidarité algorithmique des années 2025 mais le monde agricole peine à partager ses données".

Autre point de vigilance, il faut développer une IA souveraine, c'est-à-dire française "si on ne fait rien, on va manger américain". Cette IA française, elle existe sous le nom de Mistral. Reste, par une utilisation massive, à lui donner une base culturelle qui correspond à notre identité franchouillarde. Quant à l'utilisation de l'IA, à vous de choisir. En mode "vis ma vie" (gain de temps, confort, qualité) ou en mode "stratégique" (chiffre d'affaires, marge, productivité). Peu importe mais en Mistral, Mistral gagnant évidemment.

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