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Des laboratoires vétérinaires testent le covid-19.

Le ministère de la Santé autorise les laboratoires départementaux à analyser des tests de covid-19. Les équipes de Labéo en Normandie sont sur le pont pour mener de front cette nouvelle mission de service public et leurs missions habituelles.

Le laboratoire normand Labéo vise 2 000 tests analysés par jour.
Le laboratoire normand Labéo vise 2 000 tests analysés par jour.
© PIXABAY

Les tests de dépistage du covid-19 sont, à la cible près, exactement les mêmes que ceux utilisés pour les chevaux et les bovins : il s’agit de la même chaîne et technologie analytique, à partir du moment où l’on veut détecter un virus à ARN ou ADN. C’est donc naturellement que les laboratoires vétérinaires départementaux ont pu proposer au ministère de la Santé de se joindre aux laboratoires de biologie médicale pour effectuer des analyses sur l’espèce humaine. « La technologie des tests RT-PCR, d’amplification génique, est utilisée dans les laboratoires du monde entier : on amplifie la présence potentielle d’un gène dans un prélèvement », a expliqué le directeur de Labéo à notre confrère de l’Agriculteur Normand. « Nous analysons un écouvillon naso-pharyngé. Une fois encore, ces écouvillons sont très fréquemment utilisés dans l’univers du diagnostic vétérinaire en santé animale. Parfois, ce sont les mêmes. La RT-PCR détecte la présence potentielle du matériel génétique du virus, c’est-à-dire si le patient est porteur et l’excrète ou non. Nous utilisons cette technique depuis vingt ans - la sensibilité et la rapidité s’étant fortement améliorées - à raison de 200 000 tests par an pour le cheptel bovin normand et les chevaux de la France entière. C’est la routine pour un laboratoire comme le nôtre. Le Labéo compte six docteurs envirologie (PhD) spécialisés en maladies infectieuses chez les mammifères. »Le laboratoire normand dont le siège est à Caen avait déjà travaillé sur le SRAS en 2003, avec des collègues médecins du CHU de Caen ou de l’Institut Pasteur. « C’est comme si vous demandiez à un cultivateur de semer du blé au lieu du maïs. Le semoir et les réglages ne sont pas les mêmes, mais il va savoir le faire. Les informaticiens vont sûrement s’arracher un peu les cheveux sur l’identification des échantillons car, d’une analyse de code-barres de troupeau ou d’une puce pour les chevaux, nous allons passer à des numéros de sécurité sociale. »Sur les 400 salariés des quatre sites Labéo, 115 sont opérationnels et viennent travailler dans des conditions de distanciation physique. L’équipe technique covid-19 est complète, elle est composée de personnes volontaires. « Nous mettrons en place un calage très précis du test, validé par le CHU, sous tutelle des laboratoires de virologie et des biologistes dont c’est le métier et la responsabilité. Ils valideront nos résultats. Nous sommes, depuis le début, dans cette dynamique grâce à eux. Nous aurons le même souci que tout le monde pour l’approvisionnement en tests, mais nous avons pris les devants et allons voir cela avec le CHU qui décidera, in fine, des process précis – ce sont eux qui auront cette décision.» Labéo vise en pleine capacité, 2 000 tests analysés par jour sur deux sites. Les GDS sont d’un grand soutien et comprennent la démarche d’intérêt général.

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