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De belles fermes à transmettre en Normandie.

Les Chambres d’agriculture de Normandie accompagnent depuis des années les agriculteurs qui souhaitent transmettre leurs exploitations via le Point Info Transmission (PIT), le Répertoire Départ Installation (RDI) et d’autres dispositifs en accompagnement individuel ou collectif.

© DR.

Une transmission-reprise d’exploitation, c’est un nouveau projet, c’est donner une suite à son exploitation. Construire ce devenir pour soi et pour la ferme, trouver un successeur ne se fait pas dans les derniers mois avant de cesser son activité.

 

Anticiper et préparer son départ à la retraite 5 ans à l’avance

En 2019, les données MSA laissaient apparaitre que 10 000 chefs d’exploitation étaient âgés de plus de 55 ans en Normandie et seraient amenés à faire valoir leurs droits à la retraite. Pour François Rihouet, élu des Chambres d’agriculture de Normandie, en charge de la transmission installation, « ce cap peut sembler encore lointain, or les acteurs qui accompagnement les transmissions et les installations, comme les Chambres d’agriculture, centres comptables, Safer, MSA, etc. sont unanimes pour  dire et porter le message : ‘‘qu’une transmission cela se prépare et s’anticipe 5 ans à l’avance’’ ».

Ce temps est nécessaire pour définir et mettre en place son projet personnel de transmission : Quelle exploitation, qui transmet et comment ? A qui ? Quand ? Quels projets quand je ne serai plus agriculteur ? De nombreuses questions qui en appellent bien d’autres et qui engendrent des options, des décisions et des démarches à réaliser. Citons par exemple: l’anticipation des incidences fiscales d’une cessation d’activité, la préparation du transfert du foncier de l’exploitation qu’il soit en propriété ou en location,  le devenir, en exploitations d’élevage, de la maison d’habitation et enfin la recherche d’un repreneur.

De nombreux dispositifs et structures d’accompagnement existent et certaines décisions, pour être applicables, doivent être anticipées et mises en place plusieurs années à l’avance. Or selon une enquête réalisée dans le cadre des Assises normandes de la transmission, organisée le 21 octobre dernier à Caen, seuls 6 agriculteurs sur 10, âgés de plus de 57 ans,  ont engagé une démarche de transmission de leur exploitation et ils sont moins de 2 sur 10 à l’avoir engagée depuis plus de 3 ans.

 

Les Chambres d’agriculture accompagnent les transmissions-reprises

Dans chaque département, les Chambres d’agriculture de Normandie, animent un Point Info Transmission, ouvert à tous et gratuit. Les exploitants qui prennent contact sont accueillis par un conseiller spécialiste de la transmission à qui ils peuvent poser toutes leurs questions relatives à leur transmission. Celui-ci les guide dans les démarches à engager, les contacts à prendre, les points d’attention pour réussir leur projet de transmission.

Lorsqu’il n’y a pas de repreneur familial sur l’exploitation et que le futur cédant souhaite transmettre son exploitation à un candidat à l’installation, le conseiller transmission de la Chambre d’agriculture lui présente le Répertoire Départ Installation (RDI) et lui propose d’y inscrire son offre de reprise.

Ce dispositif permet de mettre en relation des cédants en recherche de successeur avec des porteurs de projet en recherche d’exploitation. Il fonctionne pour des transmissions à titre individuel ou en société, via un site internet où les annonces anonymes des offres de fermes sont consultables par les candidats à l’installation.

Le RDI est un outil national, sur lequel un candidat à l’installation peut consulter toutes les offres, quel que soit le département ou la région de France. Si une annonce l’intéresse, il contacte le conseiller transmission du RDI du département d’où vient l’offre. Ce dernier vérifie l’adéquation du projet du candidat avec l’offre du cédant et le met en relation avec lui. « Le conseiller RDI se positionne en tant qu’accompagnateur et facilitateur de la démarche en restant en contact et à l’écoute des attentes de chacun », explique François Rihouet avant d’ajouter : « la recherche d’un successeur hors cadre familial est complexe, elle se concrétise souvent au bout de plusieurs rencontres et nécessite d’avoir une offre claire ».

Fortes de leur connaissance des attentes des porteurs de projet et des besoins des cédants, mais aussi du marché, de ses réalités et de ses contraintes, les Chambres d’agriculture ont conçu une gamme de prestations-conseils. Celles-ci s’adressent aux cédants d’une part, afin de les aider à répondre aux questions : quoi et comment transmettre mon exploitation ? ; et aux candidats à l’installation d’autre part, pour les aider à élaborer un projet viable et vivable.

 

Un vivier de porteurs de projets à l’installation

La Normandie n’est pas en reste pour proposer de belles fermes à reprendre. Côté porteurs de projets, la nécessité d’être accompagné et de se renseigner sur les dispositifs disponibles est indispensable.

À ce sujet, François Rihouet mentionne : « une dynamique d’installation est en place en Normandie, cette région attire par son climat, son potentiel agronomique, sa diversité d’opportunités en agroalimentaire, en filière équine ou horticole. Par ailleurs, une politique volontariste est portée par le conseil régional via des dispositifs tels que les aides à l’investissement pour une Agriculture Normande Performante (ANP) qui permettent aux exploitants de moderniser ou d’adapter leur outil de production ou encore via la Dotation Jeune Agriculteur dont la mise en œuvre a été simplifiée et dont le montant est devenu attractif avec une moyenne normande à plus de 25 000 Ä. »

Près de 1 500 personnes passent chaque année dans l’un des cinq Point Accueil Installation (PAI), animés par les Chambres d’agriculture en Normandie, pour se renseigner sur le métier d’agriculteur. 600 d’entre eux ont un projet construit, ils sont en relation avec un cédant, des propriétaires et s’engagent dans les démarches à l’installation. Pour les autres, le projet de s’installer en agriculture demande à être approfondi ou ne peut être mis en œuvre rapidement, du fait d’un besoin d’expériences, de trouver un site, un marché ; des éléments nécessaires pour construire leur projet.

 

Élevage laitier : s’installer en société, une solution plus adaptée ?

Terre d’élevage, la Normandie a tout particulièrement besoin de maintenir ses actifs agricoles au sein la filière bovine. Mais avec l’arrivée de nouveaux porteurs de projets issus de reconversion par exemple, la transition et la reprise d’exploitation ne sont pas toujours aisées. La reprise d’exploitation en élevage bovin nécessite donc une attention particulière sur notre secteur. Un propos partagé par François Rihouet qui constate : « c’est une réalité particulièrement poignante en élevage laitier, avec des fermes au capital important, pesant sur la rentabilité et la capacité à dégager du revenu.  Des systèmes où l’astreinte liée à la présence d’animaux est une contrainte vis-à-vis de la vie de famille […] Mais pourquoi arrêter une affaire qui marche, quand certains peuvent continuer à la développer ? ». On constate alors que les candidats à l’installation en élevage laitier recherchent des fermes dont la taille et les équipements sont adaptés à ces réalités.

L’une des solutions pour faciliter la reprise d’exploitation laitière ne résiderait-elle pas dans le fait de s’associer ? « L’installation en société lève une grande partie de ces freins. Il faut cependant accompagner les associés, le nouveau collectif, pour que chacun trouve sa place, déploie son projet et qu’ils se projettent avec un nouveau partenaire… », insiste François Rihouet.

La Normandie est une terre d’élevage dotée de nombreux atouts au premier rang desquels, de belles fermes à transmettre et à maintenir sur le territoire. Les exploitants qui ont œuvré pour construire un outil, un troupeau et qui ont à cœur que ce travail ait une suite, doivent prendre conscience qu’ils doivent se mettre en mouvement pour préparer cette transmission 5 ans avant leur départ.

Les Chambres d’agriculture de Normandie sont à leur écoute tout au long de l’année via les Point Info Transmission, mais aussi à l’occasion d’opérations telles la Quinzaine de la transmission-reprise qui aura lieu du 22 novembre au 3 décembre en appelant le 02 31 30 02 00.

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