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Coup de tonnerre pour les planteurs

Deux sucreries Saint-Louis Sucre cesseraient leur activité dès 2020. Pour de nombreux planteurs, cette décision signifierait un arrêt de production. Une décision grave et inédite.

La sucrerie de Cagny
(14), est concernée par le
plan de restructuration.
La sucrerie de Cagny
(14), est concernée par le
plan de restructuration.
© T.G.

Du jamais vu. Le 14 février, le groupe Saint- Louis Sucre, filiale de Südzucker, a annoncé la fermeture de deux de ses sucreries : Eppeville (80) et Cagny (14). Cette dernière est approvisionnée pour partie par des planteurs de l’Eure. « Cette annonce est un coup de tonnerre pour les planteurs » a réagi Alexandre Quillet, président du syndicat betteravier – CGB de l’Eure. « Cette décision concerne 2500 planteurs sur les 4700 du groupe Saint-Louis Sucre. Pour la France, cela représente 10 % des planteurs et 10 % de la production nationale. C’est énorme ». Le président du syndicat betteravier s’insurge devant « une décision unilatérale de Südzucker, prise sans aucune concertation avec personne. C’est quelque chose d’inconcevable quand on prétend vouloir construire des relations de confiance au sein d’une filière ». Avec un tel plan de restructuration envisagé par l’industriel, les conséquences économiques et sociales seraient très importantes, pour les salariés comme pour les producteurs. Le site de Cagny emploie en l’occurrence 85 salariés permanents, sans compter les emplois induits estimés à 500, et réunit 1036 planteurs. « La sucrerie de Cagny arrêterait la production de sucre et recentrerait son activité sur le stockage de sucre, de mélasse et la production d’alimentationanimale » a préciséSaint-Louis Sucre le 14 février.Le traitement d’une partie desbetteraves serait assuré par lasucrerie d’Etrepagny.

RENCONTREAVEC SAINT-LOUIS SUCRE

« Vu les distances, les possibilités de reclassement seraient sans doute très faibles. Cela signifierait vraisemblablement l’arrêt d’une grosse partie du bassin de production normand. »s’inquiète Alexandre Quillet, qui précise que « la CGB a demandé un rendez-vous immédiat à Saint-Louis Sucre et l’a obtenu pour cette semaine ». De son côté, l’industriel a indiqué qu’il informerait « ses partenaires planteurs du projet et de ses conséquences sur leurs propres activités. » Ce rendez-vous s’annonce comme le premier d’une série dans les semaines à venir.« Nous demandons également à être reçus dans les plus brefs délais par le président de Südzucker» indique Alexandre Quillet. La CGB veut mettre les dirigeants de Südzucker« devant leurs responsabilités et leur demander de reconsidérer leur position. Nous tenterons tout ce qui est possible juridiquement, politiquement et économiquement pour permettre aux planteurs normands de poursuivre la production betteravière ». La CGB a également contacté l’ensemble des élus et le gouvernement.« Nous leur demandons un plein soutien et comptons sur leur totale mobilisation. On ne peut pas laisser faire sans réagir. »« En ouvrant le marché européen et en ne gérant plus les volumes mis en marché, au nom de l’idéologie libérale qui l’anime, la Commission européenne a provoqué ce type de conséquences » ont réagi la FRSEA et les JA Normandie,qui soutiennent les planteurs.Alexandre Quillet l’assure :« Nous sommes tous mobilisés pour défendre les planteurs concernés et leur devenir ».

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