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Conseils de désherbage des céréales semées tardivement

Depuis le début de la campagne, les records de pluviométrie ont largement perturbé les chantiers de semis et de désherbage, avec pour conséquence une grande hétérogénéité de situations, nécessitant un pilotage à la parcelle.

Les records de pluviométrie ont pour conséquence une grande hétérogénéité de situations, nécessitant un pilotage à la parcelle. On identifie deux grandes périodes de semis : les semis d'avant mi-novembre, actuellement au stade plein tallage, et ceux semés entre mi-novembre et janvier, aujourd'hui au stade 2-3 feuilles/début tallage.

Afin de préserver le rendement de la culture et optimiser l'efficacité des herbicides, l'objectif est de désherber avant le premier apport d'azote, à adapter en fonction des situations ci-dessous. 

Dans le cas des semis précoces, avec un enherbement important des parcelles, les graminées sont parfois fortement développées et les solutions sont restreintes voire inexistantes.

Pour les situations semées plus tardivement (fin novembre, décembre, janvier), le décalage de la date de semis et un labour dans un grand nombre de situations ont réduit considérablement le salissement en graminées. Néanmoins, les températures douces de décembre voire de fin janvier favorisent des levées tardives, notamment de ray-grass. Pour ces applications de pré-levée, on rappelle l'importance de l'humidité du sol pour une bonne efficacité et les conditions climatiques après traitement (pluies, amplitude thermique et températures négatives). Il convient de nuancer cette possibilité en cas de semis réalisés dans de mauvaises conditions avec des grains en surface.

Seuil de retournement : arbitrer en fonction de la densité de plantes et/ou de la pression graminée 

Dans les zones où l'excès d'eau s'est maintenu plusieurs jours ou semaines (mouillères, bords de parcelles), il est probable que l'ensemble des plantes ait disparu. Dans ce cas la zone sera à ressemer avec une culture adaptée. 

Dans les parcelles affectées par un engorgement en eau durable et/ou l'apparition d'une croûte de battance, le taux de levée peut avoir été fortement abaissé. Dans ce cas, un comptage est nécessaire. On considère, en sols profonds, que 80 à 100 plantes/m2 bien réparties constituent un seuil de maintien. Ce seuil de maintien tient compte des capacités de rattrapage des plantes (reprise du tallage, système racinaire en place et fonctionnel), mais aussi du surcoût engendré par le remplacement de la culture, ça n'assure évidemment pas l'atteinte d'un rendement maximum. Ce seuil est cependant à moduler en fonction du contexte de chaque parcelle.

Si la structure du sol a été dégradée lors de l'implantation, les capacités de rattrapage seront limitées.

Si la parcelle est enherbée et non désherbée avec plus de 60-70 ray-grass/m2, la nuisibilité directe et indirecte sera telle que le remplacement de la culture est à envisager (ou sa valorisation en fourrage ou méthanisation avant épiaison des ray-grass).

Si la culture est conservée, le désherbage doit être réfléchi : une parcelle clairsemée risque de se salir rapidement, mais appliquer un herbicide sur des plantes fragiles et dans des conditions encore froides peut accentuer les dégâts. Le choix du produit et des conditions d'application sont donc primordiaux. Il est important de ne pas stresser davantage les plantes en appliquant une spécialité provoquant une phytotoxicité.

Il est important de passer sur un sol ressuyé afin d'éviter tout tassement dans la parcelle.

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