Bovins viande : en 2026, la production diminuerait moins.
Cette année, un rebond des abattages des vaches de réforme est attendu. Mais moins de Jeunes bovins devraient être produits. La filière veaux de boucherie n'en finit pas de s'effondrer, faute de veaux disponibles.
" Après une stabilisation en 2024, les tonnages de gros bovins finis abattus sont repartis à la baisse l'an passé, tombant à 1,126 million de tonnes équivalent carcasse (téc) ", rapporte l'Institut de l'élevage (Idele). Sur douze mois, la production de bovins viande s'est repliée de 23 000 téc, autrement dit de 2 %. Mais la quantité de viande disponible pour être consommée s'est nettement rétractée (déjà -2,9 % en onze mois versus 2024) sous l'impulsion des importations, elles aussi en recul. Cette année, une nouvelle baisse de la production de viande est attendue mais elle serait plus modérée, dévoile l'Idele. Environ 8 000 téc en moins seraient disponibles à la vente. " Les effectifs renforcés de génisses, allaitantes notamment, permettent d'attendre un léger rebond des abattages de femelles en 2026, ainsi qu'une atténuation de la décapitalisation ", explique l'Idele. Or l'an passé, la production de viande de vaches allaitantes de 304 000 téc avait progressé (+ 2 000 téc sur un an) mais pas celle de vaches laitières réformées (281 000 téc ; - 9 000 téc sur un an). La production de viande de bœuf en France serait quasi stable cette année comparée à 2025 (57 000 téc dont 30 000 téc issues de races à viande ou croisés).
Moins de bêtes abattues
A contrario, un " nouveau recul des exportations de broutards et de la production de taurillons est attendu", escompte l'Idele. Or sur les onze premiers mois de l'année passée (dernières données connues), les expéditions de broutards (868 000 têtes) étaient aussi en net repli (-25 000 têtes ou - 3 %). Un tiers d'entre eux étaient des Limousins. Mais en 2025 moins de jeunes bovins viande avaient déjà été conduits à l'abattoir (312 000 téc ; - 18 000 téc). Enfin, la production de veaux de boucherie devrait se replier de nouveau en 2026. Or l'an passé, " les abattages sont passés sous la barre symbolique du million d'animaux, avec 924 000 de bêtes abattues (- 7,5 % sur un an), souligne l'Idele. Ce repli a fortement impacté la production de viande de cette catégorie d'animaux (136 000 téc ; -6,9 % sur un an) malgré des poids carcasse en hausse ". " Depuis 2021, en quatre ans, la production aura reculé de plus de 23 % (ou de 270 000 veaux), renchérit l'Idele. Cet effondrement découle de la baisse des naissances de veaux. " En cumul annuel, 1 645 000 animaux disponibles pour l'engraissement (femelles croisées et l'ensemble des mâles laitiers et croisés lait-viande), sont nés, soit une baisse de 2,4 % comparée à 2024 (ou -41 000 têtes).
Le phénomène est observé aux Pays-Bas, très dépendants des importations de veaux nés en Allemagne ou dans des pays tiers. Seules 1 225 000 bêtes ont été conduites à l'abattoir selon l'Idele, soit 11 % de moins que l'an passé. Mais comme les veaux sont plus légers, la production de viande (185 000 téc) a davantage baissé (- 13 %).