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Au Domaine Prévost (Eure) : la météo vinifie le futur.

Les 22, 23 et 24 avril 2021, Delphine et Matt aidés par deux générations précédentes de Prévost, plantaient 8 400 pieds de vigne sur 1,6 ha de coteau modeste à Ferrières-Haut-Clocher (27). Seize mois plus tard et à défaut de raisin, allons vendanger les premières impressions.

Delphine et Matt le 24 avril 2021 (photo de gauche) et le 1er septembre
2022 (photo de droite) : le sourire est toujours là.
Delphine et Matt le 24 avril 2021 (photo de gauche) et le 1er septembre
2022 (photo de droite) : le sourire est toujours là.
© TG

Dans la vie, il y a ceux qui sont toujours contents de la météo. Leurs pendants : les grincheux à qui ça ne va jamais. Delphine Prévost et Matt Angwin, désormais unis dans la vie privée comme dans la vie professionnelle, font partie du premier tonneau. Et pour cause, Dame Nature leur a donné un bon coup de pouce au démarrage de leur activité de diversification.

 

ETE 2021 POURRI, ETE 2022 CANICULAIRE

« En première année, il faut irriguer. Nous, en 2021, nous n'avons pas eu besoin d'arroser. Certains pieds en bas de parcelle ont même souffert d'un excès d'humidité. Cette année, scénario inverse. Avec un printemps et un été secs, peu de concurrence avec les adventices et juste un peu de préventif côté sanitaire ». La chance sourit donc aux audacieux car de l'audace, il en a fallu à Delphine et Matt... Non pas pour se lancer dans une aventure, mais dans un projet de vie (ils sont aussi parents de 2 enfants) et d'entreprise. A la tête d'une exploitation céréalière de 40 ha, leurs 8 400 pieds de vigne n'ont rien d'un jouet de gosse gâté. Leur demande de plantation d'une seconde parcelle a été validée par l'administration. Le plan du futur chai en est plus qu'au stade d'ébauche. Du matériel spécifique viticole arrive dans la cour de ferme... De lourds investissements en perspective avec au bout une obligation de résultat. Une obligation aussi dans l'organisation du travail, car quand Stéphane (le père de Delphine) fera valoir ses droits à la retraite, il faudra assumer plus grand dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre peut être exacerbée.

 

A LA MODE EN NORMANDIE, MAIS ATTENTION AUX DECONVENUES

La « vigniculture » devient de plus en plus tendance en Normandie au point qu'une association est en cours de structuration et que le Conseil Régional commence à veiller au raisin. Attention cependant, il y aura sans doute aussi des désillusions. « On ne peut pas faire n'importe quoi sinon gare aux échecs ». Delphine espère que la viticulture normande va se professionnaliser. « La Chambre d'agriculture propose un conseiller arboricole, mais nous allons avoir besoin de conseillers qui viennent de régions viticoles ». On se la joue modeste à Ferrières-Haut-Clocher même si Delphine sort d'agro-Purpan à Toulouse et que Matt, avant de poser ses bottes en terres euroises, était manager à Camel Valley, un vignoble très réputé de Cornouailles (Angleterre) créé en 1989. On se la joue stratégique aussi, du durable et de l'évolutif, « on ne va pas jouer à la dinette ».

 

PREMIERES VENDANGES EN 2023

Les premières vraies vendanges (en noir pas en vert), c'est pour 2023. Elles réuniront 4 générations de Prévost : Delphine et ses enfants, Max l'arrière-grand-père et Stéphane le désormais grand-père. « Papa, il nous soutient beaucoup. Il nous aide pas mal sur un plan stratégique, mais pour le travail dans la vigne, on ne l'a pas trop sollicité. C'est très physique ». Une corvée qui se fera dans l'enthousiasme d'une première récolte. La nouveauté et la curiosité mobiliseront les bonnes volontés alentour. En attendant, il faut construire le chai « efficace et facile à travailler », acheter la presse, trouver tout un tas de petits matériels, de préférence d'occasion...

Après, en avril 2024, sonnera l'heure d'une nouvelle plantation, du scion au piquet aluminium pour palissage haut (1 700 piquets au total pour la première parcelle) en passant par la pose de fils de portage sans oublier la clôture pour obliger les sangliers à faire le tour... Le travail ne va pas manquer. « Trouver du personnel va devenir un vrai challenge », pronostique Delphine. Autre aléa, le risque météo avec les gelées printanières qui peuvent être dévastatrices. Avec le réchauffement climatique, le bourgeonnement est plus précoce faisant souffler au propre comme au figuré le chaud et le froid. « Avec quoi doit-on s'équiper pour contrer les gelées ? »

Delphine et Matt n'ont pas choisi la facilité. Mais avant eux, Max et Stéphane non plus sans doute. La nouveauté, c'est que le Domaine Prévost (marque déposée) est désormais inscrit dans le marc (...) de vigne.

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