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Amaury Levesque : la culture de la gagne.

Amaury Levesque, agriculteur à Houville-en-Vexin, est le nouveau président de la FNSEA 27. En dehors de l’agriculture et de la vénerie, un de ses hobbies préférés est le rugby. « Cohésion de groupe et culture de la gagne. Un sport où on se la joue collectif » et autant de valeurs qu’il souhaite parapher sur sa feuille de route. Questions-réponses.

© TG

Qui était le petit Amaury ?

Je suis né le 11 décembre 1984 à Louviers. J’ai grandi dans la ferme familiale d’Houville-en-Vexin où mes arrière-grands-parents étaient déjà agriculteurs. Une époque où il y avait encore de l’élevage, des vaches allaitantes, et une dizaine de salariés Polonais qui sont nés et ont vécu ici. Chez mon oncle, qui faisait du lait, c’était des Espagnols. Cependant, pour ma part, je n’ai pas connu l’élevage.

 

Devenir agriculteur a toujours été une évidence ?

C’est ma passion depuis tout petit. Le premier tracteur que j’ai conduit était un John Deere (...), encore aujourd’hui. J’ai passé un BEPA et un Bac pro CGEA (Conduite et Gestion de l’Entreprise Agricole) au lycée agricole Gilbert Martin à Le Neubourg. J’ai ensuite travaillé en ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) et sur l’exploitation au côté de ma mère suite au départ en retraite de mon père. Je me suis enfin officiellement installé le 1er janvier 2009.

 

A quoi ressemble votre exploitation ?

Il s’agit d’une exploitation de grandes cultures SCOP et cultures industrielles : blé, orge, colza, betteraves sucrières, pomme de terre fécule, lin, luzerne déshydratée... Je suis en SCEA (Société Civile d’Exploitation Agricole) mais je travaille avec la ferme voisine, un copier-coller de la mienne, qui est celle de ma cousine et son mari. Nous avons chacun notre société mais le parc matériel et la main-d’œuvre sont en commun, ce qui nous permet d’optimiser notre fonctionnement sur énormément de choses.

 

Dans votre parcours syndical, vous êtes passé par la case JA (Jeunes Agriculteurs) ?

J’ai assisté à ma première réunion JA à 16 ans, au CIJA des Andelys. Ma motivation était alors de mieux connaitre mes voisins agriculteurs et partager leur expérience avec un brin de convivialité bien sûr. Je suis devenu ensuite président cantonal et administrateur JA 27 que j’ai présidé pendant 4 ans. Parallèlement, j’étais administrateur JA Normandie.

 

Et votre histoire d’amour avec la FNSEA 27 ?

C’est une suite logique. Je suis entré directement au bureau de la FNSEA 27 comme secrétaire général. Un poste que j’ai occupé pendant 6 ans. J’ai été parallèlement président de la section grandes cultures de la FRSEA Normandie.

 

Succéder à Fabrice Moulard s’est fait naturellement ?

Fabrice a eu la chance de disposer de quelqu’un qui acceptait de lui succéder, ce qui n’a pas été mon cas lorsque j’ai quitté la structure JA. Je dis « une chance » car, dans le cas contraire, il y a un risque de trou générationnel qui peut s’avérer délicat à combler les années suivantes. Mon acceptation s’est donc inscrite dans le sens de la continuité du travail déjà accompli.

 

Cette responsabilité suppose une autre organisation au quotidien ?

Je vais m’engager au maximum de ce qui est possible. Je pense y consacrer 2 jours par semaine. L’organisation sur nos deux exploitations rend les choses plus faciles. Je sais aussi pouvoir compter sur mon binôme, Laurent Duclos, avec lequel je suis en complémentarité et en interchangeabilité. Il est à l’ouest du département, moi à l’est. Il est producteur de lait et d’énergie, moi uniquement céréalier... Et puis, il y a le portable et les mails sans oublier la visioconférence. Depuis 2 ans, la crise sanitaire nous a appris à communiquer différemment. On économise du temps de trajet sur la route et sur les rails, mais aussi de l’argent même si ces nouvelles technologies ont également leurs limites.

 

Qu’avez-vous envie de dire à un agriculteur qui n’est pas syndiqué ?

Qu’il rate l’occasion de mieux connaitre son voisin. Qu’il passe peut-être à côté d’informations à forte valeur ajoutée. Qu’il est moins bien armé face à l’administration. On nous reproche parfois de gagner petit. C’est faux, le cumul de nos acquis est grand. Et puis, il y a les accidents de la vie. Dans de telles circonstances, c’est bien souvent le réseau syndical qui vient à la rescousse. Alors « oui, syndiquez-vous ! » J’ai cette ambition de contribuer à la cohésion de tous les agriculteurs pour aller de l’avant et dans la même direction. A savoir, garder notre liberté d’entreprendre, c’est ce que défend la FNSEA. Je veux emmener tout le monde, sans discrimination, et ne laisser personne de côté.

 

Quels sont vos principaux traits de caractère ?

Engagé, déterminé, curieux dans le sens où j’aime apprendre tous les jours mais pragmatique. Je ne suis pas d’un tempérament résigné. Je suis un optimiste.

 

Vous avez des hobbies ?

La vènerie, mais attention, pas sur le cheval, je préfère accompagner les chiens. Le rugby aussi, un sport où on se la joue collectif avec une cohésion de groupe et la culture de la gagne.

 

Vous êtes célibataire, vous n’avez jamais pensé à « L’amour est dans le pré» ?

Mes amis jeunes agriculteurs y ont pensé pour moi, mais ce n’était pas compatible avec mes responsabilités syndicales et de représentant de la profession. Si j’avais été un simple adhérent, pourquoi pas ?

 

Comment se porte le Groupe FNSEA 27 ?

Fabrice Moulard et Cyril Cabrol (ndrl : directeur du Groupe FNSEA 27 jusqu’à l’an dernier) ont mené de main de maître un travail de redressement économique. Je tiens à leur donner un grand coup de chapeau. Le Groupe FNSEA 27 est désormais sur de bons rails et il revient à Florence Sellier et tous les collaborateurs de poursuivre dans cette bonne direction.

 

Le mot de la fin ?

Créer du lien pour faire avancer le bateau grâce à un bureau rajeuni, 40-45 ans de moyenne d’âge, et donc créer des ponts générationnels pour éviter les trous d’air.

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