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Altises d'hiver : les bons réflexes au bon moment.

Du stade cotylédons jusqu'au stade à 3-4 feuilles du colza, la lutte insecticide ne s'envisage, à la parcelle, que si la culture pousse moins vite qu'elle n'est dévorée.

Dans toutes les régions, les premiers signalements restaient tolérables jusqu'au milieu de la semaine du 15 septembre, mais les choses peuvent ont vite évolué depuis le 20 septembre. Une vigilance absolue s'impose désormais pour les colzas en phase sensible, a fortiori ceux marqués par une faible vigueur au démarrage, des défauts de peuplement et des dégâts occasionnés par d'éventuels autres ravageurs.

Éviter les traitements inconsidérés !

Dans un contexte de résistance des altises d'hiver aux pyréthrinoïdes, la lutte insecticide contre les adultes doit être évitée dans la mesure du possible et ne doit s'envisager que :

si la survie de la culture est incontestablement menacée, du stade cotylédons jusqu'à 3 feuilles étalées du colza ;

à partir d'un raisonnement à la parcelle (observation minutieuse de l'évolution des dégâts) ;

si les insectes sont suffisamment actifs et nombreux (Rappel : après son arrivée en parcelle, la grosse altise se nourrit du colza durant la nuit.) ;

si la culture pousse moins vite qu'elle n'est dévorée ; en respectant les précautions et règles d'usage des insecticides (volume d'eau...).

En cas de besoin, les traitements se réalisent sur un colza n'ayant pas atteint le stade 3-4 feuilles étalées.

Seuil indicatif de risque : 8 pieds sur 10 avec présence de morsures et avec 25 % de la surface végétative détruite.

N.B. : tenir compte d'une moyenne de défoliation observée sur toutes les feuilles des plantes. Si le feuillage est déjà gravement affecté par d'autres ravageurs défoliateurs (petites altises, limaces, tenthrèdes par exemple), c'est le pourcentage total de défoliation qui doit être considéré.

En dernier recours, quoi choisir ?

​​​​​​​Dans les régions du Centre et ouest de la France, la résistance forte de type "SKDR" n'est pas généralisée. Les pyréthrinoïdes restent un moyen de lutte - à utiliser avec parcimonie - pour préserver leur efficacité dans la durée (notamment pour la gestion des larves d'altise, plus dommageables que les adultes).

Dans tous les cas, si besoin, intervenir dans de bonnes conditions de traitement à la nuit tombée. Utiliser un volume de bouillie de 150 ou 200 l/ha.

Dans les essais de Terres Inovia, l'efficacité* moyenne mesurée 7 jours après traitement indique que :

- Karate Zeon (lambda-cyhalothrine), Decis Protech (deltaméthrine) et la cyperméthrine (Cythrine Max ou Sherpa 100EW) sont comparables.

- Trebon 30EC (etofenprox) est inférieur à Karate Zeon ou une cyperméthrine.

- Mandarin Gold (esfenvalérate) est inférieur aux références. Pour ce produit : fin de distribution le 01/03/2025 et fin d'utilisation au 28/02/2026.

Points d'attention

Tout insecticide appliqué au moment du pic d'activité des grosses altises adultes ne saurait garantir une efficacité suffisante pour lutter contre les infestations larvaires ultérieures. Les traitements "d'assurance" ou "de nettoyage" sont à proscrire. Il sera plus efficace de lutter directement contre les larves.

​​​​​​​​​​​​​​L'altise d'hiver adulte est active surtout dans les premières heures qui suivent la tombée de la nuit. C'est pourquoi l'application en soirée, idéalement à l'obscurité, est à privilégier avec un volume de bouillie d'au moins 150 à 200 l/ha.

Quel risque pour la culture ?

Le seuil de dommage est souvent atteint à partir de 25 % de défoliation des cotylédons et premières feuilles. Plus les dégâts s'accumulent brutalement et tôt (sur cotylédon notamment), ou plus la surface foliaire produite par le colza préalablement est faible, plus l'impact des morsures est élevé.

Les situations agronomiques ayant provoqué une vigueur faible au démarrage sont à surveiller de près : levée tardive, sol motteux, caillouteux, précédent blé ou orge de printemps, lit de semences pailleux, variétés peu vigoureuses au démarrage...

L'observation : la base du raisonnement

Les captures dans les cuvettes jaunes -position enterrée- servent à détecter l'arrivée puis l'activité (Nocturne) des altises d'hiver. Les pièges jaunes ne sont pas un outil de décision de traitement. C'est l'observation très régulière, à la parcelle, de l'état du colza entre les stades cotylédons et 3 feuilles qui guide le raisonnement. 

Observer au crépuscule, idéalement dans les 2 heures qui suivent la tombée de la nuit pour apprécier très régulièrement l'évolution de la présence des altises. 

Plus que le seuil, la vitesse d'accumulation des dégâts et la vitesse de croissance de la culture sont les critères à prendre en considération, quasiment au jour le jour pour mesurer au mieux le rapport de force. Seul un suivi quotidien permet de bien discerner les morsures anciennes et récentes.

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