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80 ans au service de l’information agricole.

Jeudi dernier, sous la baguette de Régis Chopin (gérant et directeur de la publication depuis 2023) l’Eure Agricole et Rurale fêtait dignement son 80e anniversaire. « Nous sommes libres. Demain sera ce que nous le ferons », figurait en baseline (ndlr : slogan) à la UNE. Le 1er mars 1945, la paix n’était pas encore signée. 80 ans plus tard, on reparle de guerre. L’histoire bafouille. La liberté de la presse, dans sa pluralité, prend tout son sens avec ou sans IA (Intelligence Artificielle).

Début 1945, l’armée américaine libère le camp de concentration de Buchenwald et découvre parmi les 20 000 détenus rescapés, 1 000 enfants. Quelques jours plus tard et sous l’égide de l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), plusieurs rejoignent le préventorium d’Ecouis (27). C’est le cas notamment d’Elie Wiesel qui deviendra écrivain, philosophe et professeur d’université aux USA. Pendant ce temps, à 50 km de là et au 27 rue de la Préfecture à Evreux, on boucle le premier numéro de L’Eure Agricole, journal des organisations agricoles de l’Eure). Un tirage à 20 000 exemplaires où figure à la UNE cette baiseline : « Nous sommes libres. Demain sera ce que nous en ferons »

SOUS CONDITION D’APPROVISIONNEMENT PAPIER 
« Le manque d’information d’ordre agricole s’est fait durement sentir dans notre département depuis la libération. Des difficultés de tous genres en sont la cause pourtant ce silence ne voulait pas dire indifférence puisqu’un programme d’action a été établi », écrit en éditorial Gilbert Martin. Né en 1899 à Rouen, il est alors président de la Confédération Générale de l’Agriculture. Fils de chirurgien, il abandonne prématurément ses études pour devenir agriculteur à Theillement. Il deviendra président de la Chambre d’agriculture de l’Eure en 1952 et sera élu député en 1956. Il pilote le comité de rédaction dont la ligne éditoriale figure en UNE. 
« Parmi les maux dont souffrent les habitants des campagnes, le manque d’information et de moyens d’expression n’est certainement pas le moindre. C’est pourquoi l’Eure Agricole se propose périodiquement et aussi souvent que l’approvisionnement en papier le permettra de : 
- 1. Renseigner les cultivateurs sur tout ce qui a trait à leur profession, 
- 2. Assurer la défense des intérêts professionnels agricoles, 
- 3. Indiquer à tous non seulement quels sont leurs droits et les moyens de les faire valoir mais aussi les devoirs qui leur incombent en contre partie, 
- 4. Faire connaître le rôle et l’action des responsables de l’organisation professionnelle et les résultats acquis, 
- 5. Exposer les suggestions personnelles émanant d’exploitants compétents ou de techniciens avertis, 
- 6. Divulguer les pratiques et méthodes nouvelles expérimentées dans le département, la France et l’étranger, 
- 7. Favoriser l’enseignement agricole et le regroupement des jeunes, 
- 8. Informer les populations rurales sur les avantages qu’elles peuvent retirer de leurs associations professionnelles, mutualité ; coopération, crédit sur le triple plan moral, social et matériel, 
- 9. Etablir la liaison entre les diverses branches d’activité de l’agriculture, 
- 10. Etre utile par un service de publicité et d’annonce ». 

Autant de valeurs fondamentales qui font encore sens 80 ans plus tard. Néanmoins, la vie de la PAD (Presse Agricole Départementale) n’est pas un long fleuve tranquille. Elle subit, en termes d’abonnements, la baisse du nombre d’agriculteurs et le regroupement des exploitations. Elle est challengée par les NTC (Nouvelles Technique de Communication) et l’émergence de l’IA (Intelligence Artificielle) va venir bousculer son quotidien. C’était d’ailleurs le thème de la table ronde animée par Charles Baudart (rédacteur en chef de Perspectives Agricole et ancien journaliste de l’Eure Agricole). Une IA qui ne remplacera cependant pas le contact humain fondamental dans toute quête d’information. Un exercice dans lequel excellait François Carbonell, ancien rédacteur en chef disparu il y a peu, et auquel Régis Chopin a rendu un hommage émouvant. 
« Quels leviers de résilience ? », s’est interrogé le directeur de la publication en conclusion. « Agir sur le rédactionnel avec un cahier dédié aux territoires, mutualiser encore plus les ressources humaines et technologiques et enfin jouer la carte de la régionalisation », en guise de début de réponse. 

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