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Vendanges précoces à Ferrières-Haut-Clocher.

Quand ils ont planté leurs 8 400 pieds de vigne à Ferrières-Haut-Clocher (Eure) en avril 2021, Delphine Prévost et Matt Angwin pensaient effectuer leur première vendange en 2024. Mais c’est avec un an d’avance sur le calendrier qu’ils ont récolté les fruits de leur investissement un peu fou. Quatre jours d’un labeur acharné pour un essai qu’il reste à transformer et commercialiser.

Quatre demi-journées de travail, à raison d’une douzaine de bénévoles, ont été nécessaires pour récolter les 1,6 ha.
Quatre demi-journées de travail, à raison d’une douzaine de bénévoles, ont été nécessaires pour récolter les 1,6 ha.
© TG

Du haut de leurs 80 printemps, Yvonne et Annick (les mamies) s’activent en cuisine. Dans leur jeunesse, elles ont connu les grandes tablées liées au battage à l’ancienne, mais la montée en puissance, voire la révolution, de la mécanique agricole a eu raison de ces corvées qui réunissaient tout un voisinage autour d’une précieuse récolte. « Parlez de nous dans le journal », s’amusent-elles au moment de servir l’entrée. C’est désormais chose faite. La semaine dernière et pendant 4 jours, Yvonne et Annick ont repris du service. Ce ne sont plus les moissons, mais les vendanges qui fédèrent plusieurs générations autour des 8 400 pieds de vigne qui feront peut-être un jour la fierté de Ferrières-Haut-Clocher. Si l’ambiance est plutôt bon enfant au sein de cette communauté de circonstance, le folklore n’est pas de mise. Delphine et Matt, qui se sont lancés concrètement dans l’aventure en avril 2021, ne jouent pas au vigneron du dimanche. Ils ont affuté leur savoir-faire à Camel Valley, un vignoble très réputé de Cornouailles (Angleterre) crée en 1989.

Des Anglais qui prennent les choses au sérieux. La preuve avec Stephen, le père de Matt, producteur de lait dans ce coin du sud-ouest d’outre-Manche.

 

UNE AFFAIRE DE FAMILLE MULTIGENERATIONNELLE

Après un long périple au guidon de sa moto, il a déboulé par surprise en plein milieu du néo-vignoble normand arrachant au passage quelques larmes d’émotion aux maitres de cérémonie. Le futur Domaine Prévost, auquel on pourrait ajouter le patronyme « Angwin », est une affaire de famille multigénérationnelle. Au côté de Delphine, Matt, Yvonne, Annick, on peut citer Max le grand-père, Stéphane le père et Anne-Marie sa femme... Les arrière-petits-enfants, pour cause d’école, ne sont pas là, mais seront de la fête samedi pour marquer la fin des vendanges. En attendant la mise en bouteille, Pinot noir et meunier, Chardonnay et Florial ont été écrasés et débutent leur fermentation. A raison de 16 à 18 grappes par pied, et après un éclaircissage estival qui a nécessité 10 jours de travail à 3 pour préserver à terme le potentiel de production, Delphine et Matt estiment à environ 6 000 litres ce premier cru 2023. Au bout du bout, du blanc pétillant et blanc sec qui ne seront commercialisés que s’ils atteignent le niveau de qualité requis. Delphine et Matt placent la barre assez haut pour ne pas se planter. Et de plantation, il en est déjà question. 9 000 pieds en avril prochain pour atteindre une taille critique et rentabiliser les investissements. De quoi rassurer le banquier et inscrire dans le marbre normand une nouvelle, ou ancienne, production.

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