Aller au contenu principal

Mercosur : la France lâche du lest... et ses agriculteurs ?

Le président de la République a indiqué que la France pourrait très certainement apposer sa signature en bas du Traité du Mercosur. Une perspective qui a fait bondir la FNSEA qui parle de " rupture ".

Manifestation le 7 juillet 2024 près de l'ambassade du Brésil à Paris. 
Manifestation le 7 juillet 2024 près de l'ambassade du Brésil à Paris. 
© © Archives Actuagri-CS

On sentait venir les premiers indices de ce que d'aucuns appellent déjà une " trahison ". Depuis quelques mois, les observateurs constataient un certain relâchement dans les combats que l'exécutif menait contre l'accord du Mercosur. C'est d'ailleurs ce qui a fait manifester la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs à plusieurs reprises ces derniers mois (en décembre 2024, en janvier 2025, etc.) et aussi la FNB au mois de juillet dernier près de l'ambassade du Brésil à Paris. Mais voilà, il semble les dernières digues aient cédé et que la France s'apprête à signer un traité dont ses agriculteurs ne veulent pas. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déjà forcé la main le 6 décembre 2024 en se rendant à Montevideo pour y signer, en catimini, cet accord de libre-échange. 

Maintenant, c'est le chef de l'État Emmanuel Macron qui a déclaré, le 6 novembre dans la soirée, être " plutôt positif " sur la possibilité de l'accepter. " Mais je reste vigilant parce que je défends aussi les intérêts de la France ", a-t-il ajouté dans une déclaration en marge de la COP 30 qui s'est ouverte le 10 novembre à Belém (Brésil).

Le président de la République semble avoir reçu des garanties de la part de la Commission européenne, notamment sur les clauses de sauvegarde. Celles-ci pourraient protéger (de manière temporaire seulement) les produits agricoles européens par une augmentation temporaire des droits de douane sur les produits agricoles importés des pays du Mercosur, " si ces produits portent préjudice à l'agriculture européenne ". Mais sur quels critères ? De plus, le président brésilien  Lula da Silva, et Ursula von der Leyen ont annoncé dans un communiqué qu'ils étaient " disposés à signer " l'accord lors du sommet du Mercosur, le 20 décembre à Rio de Janeiro.

Lignes rouges

La réaction de la FNSEA ne s'est pas fait attendre par l'intermédiaire de son président, Arnaud Rousseau. Sur son compte X, il a rappelé que "  depuis des mois " Emmanuel Macron " affirmait au monde agricole sa ferme opposition à l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Aujourd'hui (...) il se dit "plutôt positif" à l'idée de l'accepter. C'est un reniement total. Décidément, après l'insulte du Salon de l'agriculture d'il y a deux ans, lorsque le chef de l'État avait évoqué l'idée d'inviter les Soulèvements de la Terre pour "dialoguer" avec les agriculteurs, cette déclaration, prononcée qui plus est à Belém, au cœur du territoire de nos concurrents agricoles, sonne comme un nouvel affront ". Le ton est même monté d'un cran : " le président de la République signe sa rupture avec l'agriculture française ", a écrit Arnaud Rousseau. Il appelle d'ailleurs les députés européens qui doivent ratifier cet accord à faire bloc. 

De son côté, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a pris une position qui pourrait s'apparenter à une voix divergente de celle du chef de l'État.  " Aujourd'hui, s'il y a des avancées, le compte n'y est pas ", a-t-elle indiqué sur son compte X. Elle a précisé que les lignes rouges commençaient à bouger. Sur le dossier de la clause de sauvegarde effective pour suspendre les importations en cas de déstabilisation de marché, c'est " un sujet essentiel qui avance, grâce à notre mobilisation ", a-t-elle assuré. Mais elle est restée quelque peu évasive sur les contrôles renforcés sur place et aussi sur le respect des normes sanitaires et environnementales.

Déjà certaines FDSEA et sections départementales de JA ont annoncé leur intention de manifester. C'est le cas à Bellême dans l'Orne où la FDSEA a décidé de faire entendre son mécontentement. Le lieu n'a, bien sûr, pas été choisi par hasard.

D'autres mouvements devraient suivre.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

« Une Seule Santé », une approche qui met en évidence les liens entre humains, animaux et environnement.
" Une Seule Santé " en élevage : se former pour plus de résilience.
Le 9 juin dernier les résultats du projet européen " LIVET ", impliquant Chambres d'agriculture de Normandie et…
Adoptons les bons réflexes pour protéger nos récoltes.
"Vigilance renforcée face au risque d'incendie durant l'épisode caniculaire.

Nous appelons l'ensemble de la profession agricole à ne faire fonctionner aucune machine dans les champs aux heures les plus…

Quentin Biron remporte le concours du meilleur présentateur.
Retour sur les résultats du festival Agricult'Eure en Folie !
Le festival Agricult'Eure en Folie qui s'est tenu les 13 et 14 juin derniers à Boissy-Lamberville était l'occasion de mettre à l'…
Un massif arbustif paillé avec du miscanthus dans une commune de Seine-Maritime.
Le miscanthus : des opportunités pour les collectivités.
Depuis plusieurs années, les Chambres d'agriculture de Normandie travaillent au développement des plantations de miscanthus, une…
Une modification d'un dossier PAC est possible sans pénalité jusqu'au 20 septembre.
Modifications PAC 2026.
Les modifications sont possibles sans pénalités (droit à l'erreur), dans le cadre ou non du suivi des surfaces en temps réel (…
À l'approche des moissons, attention à ne pas confondre dessèchement rapide des plantes sous l'effet des fortes chaleurs et maturité effective des siliques et des graines.
Colza : précocité exceptionnelle, moissons déjà à l'approche.
Confronté à plusieurs épisodes de stress depuis janvier, le colza termine sa campagne dans un contexte de maturation accélérée.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole