Aller au contenu principal

Le génotypage couplé au phénotypage permet de caractériser plus rapidement les variétés.

Rapidité, essais raisonnés, maîtrise des coûts... Combiner le marquage moléculaire à du phénotypage classique accélère le processus de caractérisation des variétés de blé tendre et d'orge à l'inscription.

Figure 1 : résistance au piétin-verse repérée par marquage moléculaire du gène Pch1 chez des variétés de blé tendre.
Figure 1 : résistance au piétin-verse repérée par marquage moléculaire du gène Pch1 chez des variétés de blé tendre.
© © ARVALIS

Débuté en 2020, le projet Casdar Cap-Phenogen (2020-2023), coordonné par le Geves en partenariat avec Arvalis, Inrae et l'UFS, a établi la faisabilité d'une nouvelle méthode pour caractériser les résistances variétales pour le blé tendre et l'orge dans le dispositif d'inscription au Catalogue français dès leur première année d'évaluation.

Le marquage moléculaire, qu'est-ce que c'est ?

Un marqueur moléculaire est une sorte " d'étiquette " spécifique à une région précise de l'ADN ou à un gène cible. Il met littéralement en lumière la présence ou l'absence d'un gène, ou encore les différentes formes actives et inactives d'un gène, par des techniques de laboratoire telle que la fluorescence (figure 1).

Le marquage moléculaire permet d'identifier la présence ou l'absence, chez les variétés à l'inscription, d'un gène de résistance à une maladie donnée (sur la figure 1 le piétin-verse) en 2 heures, contre plusieurs mois par la méthode traditionnelle. Chaque point correspond à une variété testée, dûment répertoriée.

Le génotypage par marquage moléculaire consiste donc à utiliser un marqueur moléculaire pour suivre une région de l'ADN ou un gène d'intérêt agronomique dans les variétés cultivées, et prédire ainsi leur comportement potentiel avant même leur évaluation au champ.

Le projet Cap-Phenogen s'est concentré sur six combinaisons "Céréale/Pathogène/Gène-cible" : trois pour le blé tendre et trois pour l'orge. Réalisé en laboratoire, ce marquage moléculaire peut être utilisé dès la première année d'étude des variétés arrivant dans le dispositif VATE. Il repère ainsi immédiatement les nouvelles variétés qui possèdent le gène de résistance à la maladie étudiée.

Moins de variétés à tester en deuxième année d'inscription

Le tri en année 1 réalisé par la nouvelle méthode réduit drastiquement le nombre d'essais ou de variétés à implanter au champ en 2e année d'évaluation. Une variété dont le phénotype au champ présente une résistance en année 1 et dont la forme résistante du gène associé a été identifiée par marquage moléculaire, sera jugée résistante dès la première année.

En deuxième année d'évaluation VATE, les essais se focalisent seulement sur les variétés où il y a une incertitude sur le phénotypage ou un désaccord entre le marquage moléculaire et le phénotypage au champ, pour une validation du phénotypage au champ.

Des règles de décision CTPS ont été établies pour chaque combinaison " Hôte/Maladie/Gène-cible ", où le phénotypage au champ prévaut sur le marquage. Les marqueurs moléculaires établissent la présence de quelques gènes majeurs de résistance, faciles à suivre.

L'absence d'un gène ne signifie pas forcément "sensibilité" à la maladie, car la variété peut avoir d'autres gènes de résistance qu'on ne connaît pas encore pour le moment.

À l'inverse, la présence d'un gène ne signifie pas forcément de la résistance en condition de culture, du fait de l'environnement pédoclimatique qui peut influencer l'expression des caractères génétiques, ou du contournement du gène par l'apparition d'un nouveau variant du pathogène.

C'est pourquoi la nouvelle méthode continue d'inclure l'habituel phénotypage au champ de l'ensemble des variétés à l'inscription, afin de confirmer la résistance repérée par marquage moléculaire. 

Les variétés dont le phénotypage au champ révèle une résistance non liée au marqueur pourront, après expertise, faire une deuxième année de phénotypage pour confirmer cette résistance. " Grâce à cette méthode combinant génotypage et phénotypage, nous avons eu en 2024 une réduction d'implantation de 96 % pour le piétin-verse et de 94 % pour les mosaïques en blé tendre en année 2 ", se réjouit Valérie Cadot (Geves), coordinatrice du projet.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Les aides concernent les exploitants agricoles, les Cuma, les ETARF ainsi que les filières aquacoles et conchylicoles.
Crise énergétique : le récapitulatif complet des aides pour les agriculteurs
Face à l'instabilité géopolitique et à la hausse marquée des coûts de l'énergie, le ministère de l'Agriculture déploie un plan d'…
Vêtements 100 % lin normand : Mi-Juin a son show-room

Depuis 3 ans, Pauline Beuzelin, fondatrice de Mi-Juin, s'attache à développer son entreprise 
de confection de…

L'offre est valable jusqu'au 30 juin.
Carte Moisson lance l'opération nationale Hydro Gun.
La solution simple et économique pour sécuriser le remplissage du pulvérisateur.
Christophe Augereau et Caroline Drapier consultent sur l'ordinateur du bureau les relevés d'ITH transmis en continu par les capteurs ZenCow® installés dans le bâtiment.
ZenCow® : le stress thermique se pilote.
Face à la multiplication des épisodes caniculaires, le suivi précis du confort des animaux devient un levier de performance…
Le Bulletin de santé du végétal.
Les conditions pluvieuses et fraîches depuis une dizaine de jours ont pu faire progresser et se développer les maladies, mais ont…
Le conciliateur peut obtenir un étalement des paiements, un report d'échéances ou une remise partielle de certaines dettes.
Règlement amiable agricole : l'outil discret qui peut sauver votre exploitation.
Avant d'en arriver à un redressement judiciaire, la loi offre aux agriculteurs un dispositif de prévention souple, confidentiel…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole