Aller au contenu principal

CTLN : malgré les contraintes, le marché attend le lin.

« N'ayons pas peur. Semons du lin, récoltons-le et teillons-le du mieux possible, le marché l'attend. Je ne vois aucune excuse à l'immobilisme ». Pascal Prévost, président de la CTLN, affiche un moral d'acier quant à l'avenir d'une filière textile cousue de fil de lin et, demain, d'un peu de chanvre.

A la tribune Olivier Guenier (vice-président de la CTLN), Marie-Emmanuelle Belzung (secrétaire générale de la CELC), Pascal Prévost et Bertrand Coulier (respectivement président et directeur général de la CTLN) devant une salle qui a fait le plein.
A la tribune Olivier Guenier (vice-président de la CTLN), Marie-Emmanuelle Belzung (secrétaire générale de la CELC), Pascal Prévost et Bertrand Coulier (respectivement président et directeur général de la CTLN) devant une salle qui a fait le plein.
© TG

L'assemblée générale de la CTLN (Coopérative de Teillage du Plateau du Neubourg) s'est tenue le 12 janvier dernier. Après 3 éditions en distanciel pour cause de crise sanitaire, le 74e exercice aura permis de revenir sur les deux dernières années « où il s'est passé beaucoup de choses ». Les dirigeants auraient pu longuement palabrer sur une récolte 2020 d'un faible tonnage, un incendie 2021 qui a fortement perturbé le fonctionnement de l'outil ou bien encore un dossier « poussière » 2022 et à venir qui laisse planer le doute. Mais tant du côté de Pascal Prévost (président), Bertrand Coulier (directeur) que des autres intervenants, c'est plutôt un discours offensif et porteur d'avenir qui a été tenu. Pas de sinistrose sur le Plateau.

 

UNE RECETTE 2021 INTERESSANTE

Une des raisons de cet optimisme toutefois mesuré, « une entreprise remise sur les rails après les évènements que nous avons rencontrés, a insisté Pascal Prévost dans son rapport moral. Nos 6 lignes de teillage montrent tout leur potentiel ». 60 % de la récolte 2021 est transformée avec photo finish dans 3 mois, « une recette qui sera intéressante », pronostique-t-on.

Autre motif de satisfaction, des cours qui depuis quelques mois atteignent des records sans rapport avec la qualité. Attention cependant, « il faut travailler à une rentabilité sur le long terme, adapter l'offre à la demande, avoir une politique RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) »... Sur ce point, CTLN n'a pas à rougir. Les effectifs sont passés de 90 à 119 collaborateurs en un an avec pour conséquence un rajeunissement de 2 ans de la moyenne d'âge et une féminisation (8 recrues) jusque dans les lignes de production où règne « une ambiance plus détendue que quand il n'y a que des hommes ». Avec 30 % des salariés affichant moins d'un an d'expérience, CTLN investit à hauteur significative dans la formation : 62 500 EUR pour 166 jours de formation à destination de 104 salariés, « c'est au-dessus du règlementaire ».

 

CHASSE A LA POUSSIERE

Et au chapitre des évolutions réglementaires, figure le dossier « poussière ». « Sur un teillage neuf, on ne peut pas faire beaucoup plus », prévient Pascal Prévost. Alors partant du constat que la meilleure poussière, c'est celle qui reste sur place, « il y a un travail à faire au champ ». En collaboration avec le Cercle d'Echanges, un recensement des besoins de formation auprès des liniculteurs et de leurs salariés va démarrer dans quelques semaines. Une initiative qu'encourage l'administration : « continuez le travail collectif. Ce n'est pas simple pour le lin mais cela ne l'est pas non plus pour d'autres professions. Je suis confiant pour l'avenir parce que votre filière s'est engagée dans ce travail ». « Il faut mieux prendre la main sur ces sujets », reconnait-on du côté de la coopérative d'autant plus qu'en 2026, la mesure de l'impact environnemental des textiles constituera une obligation. Une obligation pour le lin mais également le chanvre textile auquel s'intéresse désormais CTLN, mais là encore, avec prudence et pragmatisme. « Il ne faut pas partir à l'aveugle mais faire les choses pas à pas ». Un premier pas sous forme d'une cinquantaine d'hectares d'essais en 2023.

 

QUELQUES HECTARES DE CHANVRE

Conduite culturale, tests de matériels de récolte, approches qualitative et financière (...) permettront de sécuriser une nouvelle culture dans un contexte de changement climatique. Autre nouveauté 2023, les 4 enrouleurs de l'unité 1 seront remplacés en août. « Le gros chantier de l'année mais la question ne se posait même pas. Ils étaient à bout de souffle ». Enfin, un second pont-bascule pour le printemps viendra améliorer les flux logistiques.

Les planètes sont donc alignées pour le lin et demain le chanvre sur « un chemin commun. Ce ne sont pas des concurrents dans le secteur de la fibre végétale, » conclut Pascal Prévost, casquette de président de la promotion de la CELC (Confédération Européenne du Lin et du Chanvre) vissée sur la tête.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

À l'approche des moissons, attention à ne pas confondre dessèchement rapide des plantes sous l'effet des fortes chaleurs et maturité effective des siliques et des graines.
Colza : précocité exceptionnelle, moissons déjà à l'approche.
Confronté à plusieurs épisodes de stress depuis janvier, le colza termine sa campagne dans un contexte de maturation accélérée.
L'Observatoire Régional Installation Transmission 2026
Installation et transmission agricoles : un observatoire pour éclairer l'avenir.
Face au défi du renouvellement des générations en agriculture, l'Observatoire Régional Installation Transmission apporte des…
Flora ROUILLÉ, co-responsable de site chez Agrimethane en Ouche (Orne)
L'agriculture évolue, la méthanisation aussi. Les femmes y ont toute leur place !
Les agricultrices représentent une part croissante du monde agricole, mais restent encore trop souvent peu visibles. Pourtant,…
La FNSEA 27 propose un service dédié au calcul du fermage.
Fermage en Normandie.
La FNSEA 27 accompagne les agriculteurs dans le calcul de leurs loyers.
Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne et Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB. 
Les éleveurs bovins dénoncent des prix bas et injustifiés.
Des dizaines d'agriculteurs venus de toute la Normandie se sont mobilisés, mardi 28 juillet, devant l'abattoir Socopa de…
La profession agricole sollicite une dérogation exceptionnelle pour reprendre la taille des haies dès le 1er août 
Taille des haies : la profession agricole demande une dérogation exceptionnelle.
Les récoltes sont terminées depuis une quinzaine de jours dans l'Eure, avec plusieurs semaines d'avance sur le calendrier…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole