Aller au contenu principal

L’Anses veut assouplir les farines animales

Dans un avis qu’elle a rendu public début juillet, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ne s’oppose pas à un assouplissement réglementaire concernant les protéines animales transformées (PAT).

© DR:

Un an après avoir été saisie par les ministères de l’Economie et de l’Agriculture, l’Anses vient d’émettre un avis favorable à l’utilisation des protéines animales transformées, nouveau nom des « farines animales ». Certes, elle émet cet avis sous conditions. Elle souhaite ainsi que les farines issues d’animaux sains et tracés ne fassent pas l’objet d’autoconsommation. Clairement elle envisage, par exemple, que les farines de porc ne soient destinées qu’aux poulets et que celles de poulets n’aillent qu’aux porcs.

Pour limiter les risques d’échanges, ces farines animales ne pourront pas être utilisées dans les fermes qui élèvent à la fois des porcs et des poulets, ainsi que celles qui comptent des bovins, précise l’Anses.

Afin de limiter au maximum des risques de contaminations croisées, l’Anses recommande une séparation effective et stricte des circuits et des sites de production : chaque produit (porcs, volailles) aurait, en quelque sorte, sa filière (abattoir, collecte des sous-produits, fabrication des PAT, usines de production d’aliments du bétail, transports) auxquels seraient associés systématiquement des moyens de contrôles et de traçabilité.

Se pose cependant la question de savoir si les fabricants d’aliments du bétail sont prêts à investir dans ce type de filières.

« Une franche opportunité »

L’Anses est aussi favorable à la production de protéines issues de sept insectes, là encore sous conditions. En effet les insectes peuvent véhiculer des risques biologiques, tels que la salmonelle, brucellose, E. coli, circovirus, agent du rouget, etc., et des risques chimiques : mycotoxines telles que la déoxynivalénol (DON), la zéaralénone (ZEA), éléments traces métalliques (ETM) comme le plomb, le cadmium, l’arsenic, etc. C’est pourquoi l’Anses qui n’identifie globalement pas de dangers supplémentaires par rapport à ceux présentés dans son avis de 2015, recommande l’application systématique d’une période de jeûne d’au moins 24 h avant la récolte des insectes et leur transformation. Cela permettra notamment « une bonne séparation du frass (déjections pouvant être source de contaminants) et des insectes », indique l’avis. Elle recommande aussi l’application d’un traitement thermique visant à mieux maîtriser les dangers biologiques.

Ces prérequis pris en compte, l’Agence ne s’oppose pas à un assouplissement de la réglementation. C’est une manière de donner des gages à l’Union européenne qui veut aboutir à la réintroduction de ces PAT qu’elle estime compatibles avec le Green Deal et le Farm to Fork. L’objectif que s’est fixé la Commission est d’adopter son règlement sur les PAT avant la fin de l’année 2021. Reste à savoir si les agriculteurs biologiques pourraient, si elles étaient réintroduites, utiliser ces PAT. Le syndicat agricole allemand, le Deutscher Bauernverband e.V. – DBV, équivalent de la FNSEA, voit dans cette réintroduction « une franche opportunité pour les éleveurs engagés en agriculture biologique ». Dans la mesure où ces protéines permettent aussi de contribuer à l’économie circulaire.

Le rapport (daté de juin) peut être téléchargé à l’adresse suivante :

https://www.anses.fr/fr/system/files/ALAN2020SA0094Ra.pdf

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Pour le moment, l'offre mondiale de grains reste abondante, justifiant le maintien des cours à un niveau relativement bas.
Le marché des céréales dans l'expectative pour la prochaine campagne.
La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, par où transitent d'importantes quantités de fertilisants et de…
La mise à disposition d'un logement permet de stabiliser les équipes saison après saison.
Logement des saisonniers : pas une obligation, mais une solution.
Pour beaucoup d'employeurs agricoles, le logement du salarié saisonnier est perçu comme une contrainte imposée. En réalité, la…
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière.
Au Salon de l'agriculture 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE…
Evolution des stades du lin fibre d'hiver (semaine 12 : 17 mars à la semaine 14: 31 mars).
Le Bulletin de santé du végétal.

L'avancée des stades de céréales suit son cours grâce aux bonnes conditions météorologiques des dernières semaines. Les…

L'Assemblée générale s'est tenue au centre de formation de Canappeville.
De grosses structures à soutenir, "c'est nouveau de notre côté".
Jeudi 2 avril, l'association Solidarité Paysans a tenu son Assemblée générale au centre de formation de Canappeville.
Des normes strictes s'appliqueront aux produits importés d'Inde.
L'accord de libre-échange UE-Inde : ce n'est pas le Mercosur.
Le 27 janvier 2026, l'Union européenne et l'Inde ont officiellement conclu un accord de libre-échange historique. Après des…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole