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Blondes et Rouges de l'Ouest au coeur de la Dordogne.

Sylvain Chaumont s'est installé en 2015 à l'EARL du Chêne à Beaupouyet, avec sa mère et sa soeur. Ils y élèvent des Blondes d'Aquitaine. Passionné d'ovins, l'éleveur a créé un élevage de Rouges de l'Ouest dont il est devenu sélectionneur.

Sylvain Chaumont avec son bélier lors au SIA 2019.
Sylvain Chaumont avec son bélier lors au SIA 2019.
© ARCHIVES RÉUSSIR LE PÉRIGORD

A l'EARL du Chêne à Beaupouyet, entre Mussidan et Montpon-Ménestérol, Sylvain Chaumont et sa famille élèvent des Blondes d'Aquitaine et des ovins répartis sur deux sites distants de 3 km. En 2015, le jeune homme de 24 ans a réalisé son rêve en s'installant avec ses parents. Il a pu créer un élevage de moutons de race Rouge de l'Ouest, sa passion puisqu'il a suivi un contrat de spécialisation en élevage ovin au CFPPA du Vaseix-Bellac (87), après son bac pro CGEA à la MFR deVanxains.

 

FORTE PROLIFICITÉ

La ferme a arrêté progressivement l'élevage de bovin lait au profit d'un troupeau allaitant de Blondes d'Aquitaine et le père de Sylvain a pris une retraite «active» en 2019. Aujourd'hui, l'EARL du Chêne se compose de Marise Chaumont, son fils Sylvain, auquel est venue s'ajouter sa soeur Marielle, 27 ans, depuis le 1er janvier. « Durant mon bac pro, j'ai réalisé plusieurs stages. J'ai découvert les moutons chez un éleveur à Saint-Martin-de-Ribérac. Cela m'a plu et j'ai voulu continuer dans cette voie. » Il vit également une autre expérience chez Henri Tonnello, sélectionneur de Blondes d'Aquitaine. « Je cherchais une race de moutons qui s'approche de la Blonde d'Aquitaine pour ses qualités bouchères et sa finesse d'os»,raconte-t-il. Lors de sa formation, il entend parler de la Rouge de l'Ouest et visite un élevage, ce qui finit de le convaincre d'opter pour cette race. Il n'a pas fini son contrat de spécialisation qu'il commande 20 agnelles en prévision de son installation pour les mettre en reproduction dès 2015. La Rouge de l'Ouest possède une forte prolificité, des qualités maternelles avec une bonne production laitière qui favorise une croissance rapide des agneaux. « Je voulais pouvoir les vendre vite », explique-t-il. En Dordogne, la plupart des élevages utilisent des animaux croisés dits « brebis de pays» pour favoriser la rusticité et le désaisonnement. En race pure Rouge de l'Ouest, le jeune éleveur ne connaît qu'une saison d'agnelage de janvier à mars. « Je préfère une race pure, car les animaux sont mieux conformés avec plus de viande sur la carcasse et moins de gras, ce que recherchent les bouchers. Avec la Rouge de l'Ouest, la viande est persillée, mais sans gras, comme la Blonde. Je trouve dommage de laisser perdre les races et de ne faire que des croisés. »

 

VENDREDES REPRODUCTEURS

En ovin, 70 % des animaux sont vendus en vente directe, à la caissette. La ferme dispose d'un laboratoire de découpe. 10 % sont vendus à un boucheret 20 % en reproduction. « Mon objectif est de vendre davantage de reproducteurs, mais il faut se faire connaître quand on débute. » Les Blondes d'Aquitaine sont écoulées pour l'essentiel auprès d'un boucher et un peu en vente directe. Membre du groupement Géode, basé à Montmorillon, organisme de sélection national des races ovines, Sylvain Chaumont a aussi décidé de devenir sélectionneur, une autre de ses passions. Il aime participer aux salons et aux concours, ainsi que rencontrer d'autres éleveurs. « Il s'agit aussi d'améliorer la génétique du troupeau. Cela me plaît de trouver de nouvelles techniques avec Géode. » En 2019, il est monté pour la première fois au Salon de l'agriculture à Paris pour présenter un bélier baptisé Zidane. Cette année, il en présentera deux :le même que l'an dernier, ainsi qu'un jeune de moins d'un an. Il a participé au concours national à Parthenay, en septembre dernier. « Le but est de se faire connaître. Je connaissais peu d'éleveurs dans ma race. Maintenant, j'essaie d'aller aux réunions Rouge de l'Ouest même si je suis un peu éloigné du territoire où se concentre l'essentiel des élevages. » À l'avenir, la famille compte augmenter un peu ses deux cheptels de production. À l'EARL du Chêne, on réfléchit aussi à construire trois bâtiments : une nouvelle bergerie et une structure mobile sur le site de Saint-Médard-de-Mussidan, ainsi qu'un bâtiment à Beaupouyet pour stocker la paille et le fourrage. Il s'agit de gagner de l'espace pour les animaux et d'améliorer le confort de travail. Les éleveurs envisagent d'y intégrer des toitures photovoltaïques pour les financer. Sylvain espère lancer ces projets dès cette année. « En changeant de production, il fallait forcément faire évoluer le bâti », dit-il.

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