L'agriculture évolue, la méthanisation aussi. Les femmes y ont toute leur place !
Les agricultrices représentent une part croissante du monde agricole, mais restent encore trop souvent peu visibles. Pourtant, leurs parcours, leurs choix et leurs expériences sont essentiels pour comprendre l'évolution de l'agriculture en Normandie. Afin de valoriser ces trajectoires et de leur donner toute leur place, les Chambres d'agriculture de Normandie mettent à l'honneur des femmes aux profils variés (cheffes d'exploitation, associées, salariées ou conjointes d'exploitation) à travers une série d'articles à retrouver chaque premier jeudi du mois.
Ce numéro est consacré à la place de la femme dans un milieu masculin. Au-delà de la production, l'agriculture est aussi une aventure personnelle : elle peut conduire les femmes à s'imposer dans un milieu traditionnellement masculin, à relever des défis inédits et à faire évoluer les pratiques tout en affirmant leur place.
" Depuis toute petite, ce sont les animaux qui m'attiraient. Mon premier projet était de devenir vétérinaire. Après un stage en clinique, j'ai vite réalisé que le métier ne correspondait pas à ce que je cherchais. J'ai aussi envisagé de travailler dans les zoos, mais les perspectives d'évolution étaient limitées. Finalement, je me suis orientée vers des études agricoles : bac STAV, BTS, puis une licence en production animale.
Après un stage dans une unité de méthanisation, j'ai découvert que ce qui me plaisait le plus, c'était le monde para-agricole, et j'ai eu envie de poursuivre dans cette voie, même si je ne connaissais pas grand-chose au départ. Quand j'ai appris qu'un projet collectif de méthanisation se montait à côté de chez moi, je me suis lancée. J'ai d'abord fait mon apprentissage sur le site, avant d'être embauchée comme co-responsable lors de la mise en route en octobre 2022.
Aujourd'hui, je partage la responsabilité du site avec un collègue. Lui gère la maintenance et la logistique, tandis que je m'occupe de la biologie, de l'alimentation du méthaniseur, du suivi administratif et des certifications. Ce partage des tâches correspond parfaitement à nos profils.
Je suis la seule femme salariée parmi quatre employés, et dans le groupe des trente associés, seules trois sont des femmes. Pourtant, je n'ai jamais ressenti de frein lié à mon genre, ni de remarques sexistes. Au contraire, je pense que notre présence peut être un atout : en réunion, avec vingt hommes autour de la table, je sens parfois que je peux apporter une vision différente.
Ce que j'apprécie dans la méthanisation, c'est son côté vivant et évolutif, il y a toujours des axes d'amélioration. J'ai pour objectif de rester assez longtemps sur le site pour faire partie des actrices principales qui lui auront permis d'atteindre ses pleines capacités.
Pour moi, être une femme en agriculture, et encore plus dans la méthanisation, ce n'est pas un frein. Il ne faut pas se cacher derrière une barrière en se disant : je suis une femme, je n'y arriverai pas. Tout est faisable, à condition d'avoir du caractère et de la rigueur.
Mon message est simple : osez. L'agriculture évolue, la méthanisation aussi. Les femmes y ont toute leur place. "