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La production laitière entre stabilité et inquiétudes.

L'année 2024 a marqué un rebond de la production laitière. Mais l'embellie pourrait être de courte durée, tandis que les besoins mondiaux se confirment.

Avec une progression de 1,1 % sur l'année 2024, la production laitière française a retrouvé le chemin de la croissance et le niveau de 2022. Néanmoins, cette croissance demeure fragile car le mois de décembre a vu la production se replier de 0,9 % par rapport à décembre 2023. Et les premiers chiffres de 2025 s'établissent sur un niveau inférieur à début 2024. Dynamique dans la moitié nord de la France, la production laitière est aussi exposée aux conséquences de l'épidémie de FCO dans les régions du nord (- 3,2 % en décembre) et de l'est (- 5,9 % en Grand Est, - 8,2 % en Bourgogne Franche-Comté). À l'Ouest, la Normandie progresse de 1,2 % sur l'année, la Bretagne de 1,7 % et les Pays-de-la-Loire de 2,2 %.

Tendance à la baisse du cheptel

Si l'évolution de la production ne suit pas celle du nombre de livreurs (- 3,6 % en 2024), elle est menacée par cette situation sanitaire. La baisse de la production en est le premier symptôme. La baisse du cheptel en est le deuxième et pourrait se faire sentir à plus long terme. Ainsi au 1er décembre, l'effectif de vaches laitières était en réduction de 2,4 % comparé à décembre 2023. Et le nombre de naissances issues de vaches laitières s'est réduit de 2,9 %, laissant augurer une baisse à venir du cheptel laitier plus forte que celle que nous connaissons. Le troupeau laitier compte au 1er décembre 2024 3 293 000 têtes.

Sur le plan économique, la bonne tenue des cotations du beurre tire les prix vers le haut. Le prix moyen national constaté atteint ainsi 495,9/1 000 l, en hausse de 6,6 % par rapport au même mois de l'année précédente.

L'Europe prend les bénéfices

Ainsi même si des nuages s'annoncent sur le niveau de la production française, la collecte européenne est, elle, encore plus atone : + 0,5 % en décembre, stable sur l'année à 145,5 millions de tonnes. La hausse de la Pologne (+ 4,3 %) ne compense pas la baisse des Pays-Bas (- 0,2 %), de l'Irlande (- 0,5 %) et, surtout de l'Allemagne, premier producteur européen (- 1 %). Dans ce contexte, le prix du lait a progressé en Europe en décembre : 545 €/1 000 l (+17 %), + 24 % en Allemagne, + 20 % au Pays-Bas, sous l'effet d'une demande internationale croissante et d'une production européenne stable.

Une production mondiale stable

En effet, les cinq principaux bassins exportateurs ont vu leur production stagner : + 0,4 % en décembre, - 0,1 % sur l'année 2024. Sur l'année, la Nouvelle-Zélande a vu sa production croître de 1,3 %, l'Australie de 2,1 % et l'Union Européenne de 0,3 %, tandis que les États-Unis connaissent une baisse de 0,5 %, et l'Argentine de 6,7 % !

Avec une hausse de 13 % de ses importations de beurre, la Chine tire à nouveau le marché mondial de la matière grasse.

Ce n'est pas le cas pour ce qui est de la poudre de lait avec un recul de 33 % des achats chinois de poudre maigre, et de 5 % des poudres grasses. Quant aux fromages, les ventes américaines ont progressé de 18 %, les ventes australiennes de 29 % tandis que l'Union Européenne n'a pas profité de ce dynamisme, faute de matière première.

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