Quelles solutions pour appliquer le conservateur dans le fourrage dès le pressage ?
Le conservateur incorporé dans le fourrage lors de la récolte contribue à préserver la qualité, à réduire les pertes et à sécuriser le stockage. Les solutions pour l'appliquer sont parfois disponibles en option chez les constructeurs ou commercialisées par des équipementiers.
dFace à des fenêtres météo de plus en plus courtes, les systèmes d'incorporation de conservateur dans le fourrage lors du pressage se présentent comme une solution pour maintenir la qualité. Sans traitement, notamment lors des années où les conditions pluvieuses ne permettent pas un séchage optimal, la récolte risque de se dégrader, voire de pourrir durant le stockage. L'application précise de l'additif de conservation par tonne de matière fraîche assure aussi une potentielle fermentation lactique homogène, et donc une meilleure qualité nutritionnelle. Elle passe par l'utilisation de dispositifs spécifiques embarqués sur les presses, disponibles soit d'origine en option, soit via des équipementiers spécialisés. Par exemple, Krone, Maschio Gaspardo et Pöttinger proposent un dispositif d'incorporation de conservateur en montage d'usine sur leurs presses à balles. Les presses McHale sont prédisposées pour recevoir, via un spécialiste externe, ce système d'incorporation en seconde monte. En parallèle, des équipementiers, tels que Buisard Distribution, Harvest Tec via PFC (montage exclusif sur presses Kuhn), CTH Agri ou encore Bedouelle Distribution commercialisent des kits adaptables. Ces systèmes offrent généralement une traçabilité, grâce à l'enregistrement des doses appliquées.
De 100 à 400 l de capacité de réservoir
Le système d'application de conservateur sur le fourrage se compose d'un réservoir d'une capacité comprise entre 100 et plus de 400 litres, selon les fournisseurs. Cette cuve est généralement positionnée à un emplacement n'entravant pas les zones de maintenance habituelles de la machine. En montage en rétrofit, elle est le plus souvent fixée sur la machine ou sur la masse frontale. En montage d'origine sur les presses haute densité de Krone par exemple, la cuve prend place sur le canal de pressage à l'extérieur. Sur les presses à balles rondes de Maschio Gaspardo, le réservoir est installé sur le dessus de la machine. Chez Pöttinger, la réserve n'est autre qu'une cuve frontale installée sur le relevage avant du tracteur. Ces dispositifs peuvent également être complétés par une cuve de rinçage, ainsi que par un réservoir d'eau propre destiné au lavage des mains.
Un filtre à tamis sur chaque système
Avant d'être acheminé vers les buses, l'additif conservateur est filtré par différents dispositifs selon les systèmes d'incorporation. La plupart intègre un filtre à tamis destiné à retenir les impuretés dès la préparation du mélange, qui est généralement placé au niveau de l'orifice de remplissage de la cuve. Pöttinger complète ce dispositif par un filtre secondaire positionné en amont de l'unité de pompage. Certains équipementiers ajoutent également une crépine à l'aspiration, assurant une première barrière de protection dès l'entrée du flux de liquide. L'entretien de ces filtres est souvent associé à un système de rinçage, permettant de nettoyer l'ensemble des conduites et composants après chaque utilisation, afin d'éviter le séchage des produits et l'obstruction des tamis.
Pompe à engrenage ou pompe à diaphragme
Le système de pompage des incorporateurs d'additifs repose généralement sur une pompe électrique alimentée en 12 V, dont la technologie varie entre pompe à engrenage et pompe à diaphragme, cette dernière étant privilégiée pour les produits agressifs comme l'acide propionique. Selon les dispositifs, ces pompes délivrent un débit maximal compris entre 30 et 390 l/h à une pression allant jusqu'à 5 bars.
L'unité de pompage est le plus souvent associée à un capteur de débit numérique, capable de mesurer en temps réel le volume instantané injecté dans le fourrage, afin d'assurer un dosage précis.
Le circuit de pompage intègre également une vanne trois voies, permettant de basculer entre l'aspiration du produit et le circuit de rinçage. Pour faciliter l'amorçage et les opérations de maintenance, un bouton de mise en marche peut être installé à proximité immédiate de la pompe.
Des montages à quatre buses uniquement
Tous les systèmes d'incorporation de conservateur intègrent quatre buses de pulvérisation, montées sur une ou deux rampes implantées derrière le pick-up, juste avant le rotor ou l'ameneur, afin d'appliquer le produit sur toute la largeur de la couche de fourrage. Ces éléments sont conçus pour être accessibles sans outil, facilitant leur remplacement rapide, notamment lorsqu'un produit plus dense nécessite des buses de section supérieure. La largeur de pulvérisation peut également être ajustée en modifiant la hauteur de fixation de la rampe.
Une gestion du débit proportionnelle à l'avancement
La plupart des incorporateurs de conservateur disponibles sur le marché français intègrent une régulation du débit proportionnelle à l'avancement. Celle-ci peut être automatisée via un signal GPS (indépendant ou celui du tracteur) ou fonctionner en mode manuel, le chauffeur ajustant alors lui-même le débit à l'aide d'un potentiomètre en cabine, en fonction d'une vitesse prédéfinie et d'un tableau de correspondance des buses. Sur les systèmes montés d'usine, l'utilisateur peut appliquer une dose précise, exprimée en litres par tonne de fourrage, grâce à la pesée dynamique, lorsque la machine en est équipée. Il peut également moduler l'apport de conservateur en fonction du taux d'humidité du fourrage, en définissant plusieurs paliers associés à des débits spécifiques.