Aller au contenu principal

Prévisions de récolte des fruits à cidre 2024.

Après une année 2023 marquée par des baisses de rendement significatives dans plusieurs régions, avec notamment des conditions climatiques à l'automne qui n'ont pas permis le développement attendu des fruits et ont favorisé leur dégradation, la récolte 2024 se présente sous de meilleurs auspices.

Dans le Calvados et l'Eure, où la récolte 2023 a été finalement supérieure à la moyenne 2020-2022, on reviendrait à des niveaux moyens.
Dans le Calvados et l'Eure, où la récolte 2023 a été finalement supérieure à la moyenne 2020-2022, on reviendrait à des niveaux moyens.
© © DR

Le contexte était pourtant difficile au début du printemps, où des précipitations importantes et des températures fraîches ont contrarié l'activité des insectes pollinisateurs. Les conditions climatiques ont également pu conduire à des décalages de cycle entre la variété plantée et la variété pollinisatrice, ce qui a là aussi eu un impact sur la pollinisation. Alors que le retour à fleurs était encourageant, on a donc souvent constaté de la coulure, parfois inquiétante. Cependant, l'eau n'a ensuite pas manqué et les fruits ont gagné en calibre, ce qui a généralement permis de compenser au moins en partie la charge limitée.

Localement, pour certains producteurs, l'impact de la coulure est néanmoins significatif, les rendements s'annoncent en baisse par rapport à la normale. De même, comme l'an dernier, des gels localisés ont pu être subis, notamment en Haute-Normandie (Eure) et en Bretagne (surtout Ille-et-Vilaine), affectant là-aussi les rendements des producteurs touchés.

Les conditions humides ont favorisé le développement de la tavelure, qui a été, comme en 2023, compliquée à gérer, en particulier sur certaines variétés telles Judaine, Judeline ou Kermerrien. La maladie a cependant été bien maîtrisée, avec une bonne protection des vergers dans les situations à risque fort. Un peu de Monilia a parfois été notée (sur fleurs sur Guillevic, par exemple).

Pour sa part, la pression des ravageurs a été limitée, elle n'a pas posé de problème particulier. Mais la vigilance reste de mise pour l'année prochaine.

Finalement, si l'on peut noter un certain décalage du cycle végétatif, entraînant une récolte un peu plus tardive qu'à l'habitude, on semble s'acheminer vers des volumes de production se rapprochant de la normale, avec des fruits qui, quant à eux, présentent une densité plutôt inférieure à la moyenne.

Production en verger basse-tige 

Ces prévisions ont été établies sur la base des estimations d'entreprises transformant une proportion significative des volumes récoltés, complétées d'une enquête réalisée au mois d'août auprès d'un panel d'arboriculteurs. Ces prévisions seront à préciser en fonction du grossissement automnal des fruits, en particulier sur les pommes tardives, en lien avec la pluviométrie et la dynamique de chute des fruits. Elles pourraient également être contredites sous l'effet des pluies récurrentes de l'année, si celles-ci perdurent et gênent l'avancement des chantiers de récolte.

Les volumes pourraient être comparables globalement à ceux de 2022. Il faut noter cependant des différences selon les régions. Ainsi, après une baisse limitée en 2023, la récolte est attendue en hausse en Basse-Normandie, où elle pourrait même dépasser légèrement la moyenne triennale 2020-2022. Ceci est cependant essentiellement le fait de l'Orne, où 2024, après une récolte 2023 en retrait, s'annonce comme une bonne année. Dans les autres départements, on attend plutôt une récolte juste moyenne. En Haute-Normandie, où la baisse était plus importante en 2023, la production remonte mais devrait rester légèrement en-deçà de la moyenne 2020-2022. Même constat, mais avec un recul plus prononcé par rapport à la moyenne 2020-2022 (de l'ordre de -10%) pour la Bretagne, qui reste donc en retrait ; c'est dans le Morbihan que le déficit par rapport à la normale reste le plus fort, tandis que la production des Côtes d'Armor serait proche de la moyenne. Le tableau est similaire dans les Pays de la Loire, où la Mayenne reste en retrait alors que la récolte devrait être très correcte dans la Sarthe. Enfin, dans les régions Centre, Hauts-de France et Est du Bassin parisien la récolte s'annonce en hausse, même s'il y a des disparités selon les zones.

Production en verger haute-tige 

Les résultats des enquêtes, du fait de la grande variabilité qu'elles présentent et du manque de réponses dans certaines zones, ne permettent pas de dégager des chiffres précis (par rapport à une base 100 sur la période 2013-2018) du potentiel du verger haute-tige dans les différentes régions.

Globalement, 2024 semble ne pas être une grande année pour le verger haute-tige. Même si certains producteurs voient l'alternance jouer en leur faveur cette année, d'une façon générale, la récolte est partout pressentie à la baisse. En Bretagne, elle resterait ainsi à des niveaux bas, comme en 2022 et 2023. Dans le Calvados et l'Eure, où la récolte 2023 a été finalement supérieure à la moyenne 2020-2022, on reviendrait à des niveaux moyens. L'Orne, plutôt en baisse, et la Manche, malgré une remontée après une mauvaise année 2023, devraient rester en dessous de la moyenne.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

À l'approche des moissons, attention à ne pas confondre dessèchement rapide des plantes sous l'effet des fortes chaleurs et maturité effective des siliques et des graines.
Colza : précocité exceptionnelle, moissons déjà à l'approche.
Confronté à plusieurs épisodes de stress depuis janvier, le colza termine sa campagne dans un contexte de maturation accélérée.
L'Observatoire Régional Installation Transmission 2026
Installation et transmission agricoles : un observatoire pour éclairer l'avenir.
Face au défi du renouvellement des générations en agriculture, l'Observatoire Régional Installation Transmission apporte des…
Flora ROUILLÉ, co-responsable de site chez Agrimethane en Ouche (Orne)
L'agriculture évolue, la méthanisation aussi. Les femmes y ont toute leur place !
Les agricultrices représentent une part croissante du monde agricole, mais restent encore trop souvent peu visibles. Pourtant,…
La FNSEA 27 propose un service dédié au calcul du fermage.
Fermage en Normandie.
La FNSEA 27 accompagne les agriculteurs dans le calcul de leurs loyers.
Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne et Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB. 
Les éleveurs bovins dénoncent des prix bas et injustifiés.
Des dizaines d'agriculteurs venus de toute la Normandie se sont mobilisés, mardi 28 juillet, devant l'abattoir Socopa de…
La profession agricole sollicite une dérogation exceptionnelle pour reprendre la taille des haies dès le 1er août 
Taille des haies : la profession agricole demande une dérogation exceptionnelle.
Les récoltes sont terminées depuis une quinzaine de jours dans l'Eure, avec plusieurs semaines d'avance sur le calendrier…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole