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Colza : réussir l'implantation malgré des sols secs.

Dans un contexte de fortes chaleurs couplées à l'absence de précipitations suffisantes, Terres Inovia propose une analyse de la situation au moment de la préparation des semis de l'oléagineux.

Les conditions actuelles sont sans conteste parmi les plus sèches observées ces dernières années. La plupart des profils sont desséchés sur 20 à 30 cm, parfois davantage. Pour autant, il serait prématuré de conclure que la campagne d'implantation des colzas puisse être compromise : certains secteurs ont reçu jusqu'à 20-30 mm début août, ce qui leur permet de finaliser les préparations.

Par ailleurs, d'ici les 3-4 prochaines semaines, des épisodes pluvieux pourront réhumecter les sols et offrir de bonnes conditions d'implantation. Dans ce contexte, l'enjeu est d'avoir préparé un lit de semences pas trop grossier, qui permettra d'être réactif dans le déclenchement des semis quand des cumuls significatifs de pluies seront annoncés. Terres Inovia détaille ici différentes situations-types et ses recommandations.

Tour d'horizon des différentes situations

Les parcelles prêtes à semer : les passages successifs de dents puis de disques, ou parfois le labour, ont permis à la fois une bonne gestion des résidus avec un affinage suffisant et une préparation prête à recevoir le semis. Le meilleur choix est désormais de ne plus intervenir afin de conserver cette qualité de préparation.

Les parcelles travaillées dont les préparations restent incomplètes : ces dernières présentent encore des mottes grossières en surface, une répartition imparfaite des résidus ou un affinage insuffisant du lit de semences. Lorsque ces mottes recouvrent une couche de terre fine suffisante, il n'est pas indispensable de rechercher un affinage supplémentaire. À l'inverse, dans les situations avec des mottes grossières majoritaires et/ou avec de la paille insuffisamment "diluée", il est important de finaliser la préparation avant les prochaines pluies. Cela permettra de maximiser l'efficacité des précipitations pour la germination du colza.

Les parcelles encore non travaillées : un cumul de 10 à 15 mm peut suffire à réhumidifier les 5 à 8 premiers centimètres du sol. Une intervention superficielle devient alors possible pour gérer les chaumes et amorcer la préparation du futur lit de semences. En revanche, il est essentiel de ne pas travailler plus profondément, en particulier avec des outils à dents. Au-delà de la zone réhumidifiée, le risque est de faire remonter des mottes difficiles à reprendre.

Ne pas négliger la fermeture du sol après toute intervention : il s'agit d'une étape essentielle afin de limiter les pertes en eau pour ne pas aggraver la situation.

La plupart des rouleaux qui équipent les déchaumeurs ne sont pas suffisamment lourds pour assurer un rappui efficace. Un passage de rouleau lourd juste après le travail du sol est donc vivement recommandé.

Concernant les sols fortement tassés, notamment les sols battants ou hydromorphes dont la structure a pu être dégradée lors des épisodes très humides de l'hiver, un travail de sol plus profond peut s'avérer nécessaire. Dans la plupart des situations, les sols sont encore trop secs pour envisager un travail au-delà de 10-12 cm. Un cumul d'au moins 30 à 40 mm de précipitations sera nécessaire pour réhumidifier suffisamment le profil et permettre une intervention dans de bonnes conditions. Dans le cas de tassements modérés, le contexte de l'année incite à ne pas travailler profondément afin de maximiser les chances de levée du colza. 

Quand déclencher les semis ?

Les profils étant totalement secs, les conditions de pluviométrie après les semis devront permettre à la fois la germination et de réhumecter suffisamment le sol pour assurer une levée homogène et maintenir une croissance continue pendant les premiers jours (voir règles de décisions dans le tableau ci-dessous).

Sans pluie complémentaire rapidement après la levée, le risque de dépérissement devient important. Le retour d'épisodes pluvieux durables constitue donc un élément déterminant dans la décision de semer.

Dans les sols déjà prêts à semer, un cumul de 15 à 20 mm sera suffisant pour déclencher le semis.

Dans les sols où des interventions mécaniques sont encore nécessaires pour affiner le lit de semences, ou dans le cas de l'utilisation d'un combiné rotative-semoir, il faudra un cumul minimum de 30 mm pour sécuriser le semis.

Dans tous les cas, dans ces conditions limites d'humidité, le semoir monograine maximisera des taux de levée du colza.

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